Gal. 556. Voir, ci-après, la note J, p
2. Ex nictews {Rom. 117; 3926-30; 416; 51; 930-352 Gal. 216; 3811-22-24; 55; cf. Gal. 325); àtà miotew: (Rom. 322-25-50; Gal. 216; 31426; Eph. 28; 312-17; Phil. 39,2 Tim. 315); more: (Rom. 328; 1120; 1 Cor. 124); éni tÿ niotec (Phil. 39); êv move (1 Cor. 1615; 2 Cor. 135; Gal. 220; 1 Tim. 14; 216), etc.
9. Gal. 216 : Etôôrec 6tt où Oixatodtar GvÜpuwrnc ëf Épywv vépou ëäv pb Guù miotewc Xptoroù ’Incoÿ.
Rom. 328 : Aoy&ôuelo yèp txarooBar mictet ävipwrov xwpic Épywv vou.
Comme on le voit, ces deux textes ont entre eux d’étroits rapports et ils nous présentent tous les deux, dans le même sens, les trois termes : justification, œuvres de la Loi et foi. des . f
A) Justification. Qu'il s'agisse de la justification première, du passage de l’état de péché à l’état de justice, le contexte le prouve clairement dans les deux cas. D’un côté, l’'Apôtre a consacré trois chapitres à prouver que tous les hommes, réduits à eux-mêmes ou aux seules ressources de la Loi, sont pécheurs (Rom. 118-320, et spécialement 3°); maintenant il examine d’où vient la justice qui exclut le péché (3%; le y&p des éditions critiques et de la Vulgate n’est point oiseux). De l’autre, Paul rappelle à Pierre le motif qui les à poussés jadis à embrasser la foi ; ce motif, c’est que de la foi seule dérive la justice (Gal. 216) c’est-à-dire, eu égard à la situation, la justice première. On constatera en passant que l’acception protestante « déclarer juste » ne convient ici au verbe >xeoüo@a ni dans un cas ni dans l’autre. En effet Paul ne dit pas que l’homme est justifié par Dieu en vue de la foi (àà mioriy) — car alors on pourrait, bon gré mal gré, recourir à la signification de « déclarer juste »
Vue
besoin de l'argumentation, aussi bien que la place des mots, fait tomber l’emphase sur les dernières paroles de cet énoncé qui se résout en deux propositions : L'homme est justifié sans les œuvres de la Loi, indépendamment d'elles (ywpts) — proposition principale. L'homme est justifié par la foi — proposition incidente. Aussi Luther en traduisant : « L'homme est justifié sans les œuvres de la Loi mais seulement par la foi », outre qu'il dénature les concepts de foi et de justice, commet un contresens et une falsification volontaire. Il reporte l'accent de la phrase sur le mot « foi », dont l'importance n’est qu'accessoire dans cette formule, et il ajoute de son cru le mot « seulement » qui n’est pas dans le texte. On remarquera que l’Apôtre ne
— mais il dit que l’homme est justifié par la foi (àà miotews ou nioxet, datif instrumental); or dans quelle langue cette phrase : « L'homme est déclaré juste par la foi » a-t-elle un sens raisonnable?
B) Œuvres de la Loi. Personne ne doute qu'il ne soit ici question de la Loi mosaïque; mais un grand nombre de commentateurs catholiques, anciens et modernes, pensent que l’Apôtre parle seulement de la Loi cérémonielle (circoncision, sabbat, etc.) sur laquelle portait la controverse avec les judaïsants. Il nous paraît beaucoup plus probable que Paul, à son ordinaire, désigne la Loi en général, puisqu'il l'oppose à la foi. En effet, il ne pourrait sans se contredire laisser entendre que la Loi morale séparée de la foi à le pouvoir de justifier, Dans épyæ vépov, le génitif est possessif (les œuvres qui appartiennent à la Loi) plutôt qu’objectif (qui concernent la Loi) ou subjectif (que la Loi prescrit).
C) Foi. S'agit-il de la foi subjective (l'acte de foi) ou de la foi objective (l'économie nouvelle)? La première alternative est favorisée par l’opposition avec les œuvres de la Loi, si l’on entend par là les œuvres faites conformément à la Loi, et par la suite du texte, Gal. 216 : et nos in Christo credimus (mieux credidimus, émotedcapev) ut justificemur ex fide Christi, el non ex operibus legis. Néanmoins il semble certain que, si l’Apôtre vise directement l’acte de foi, il a aussi en vue l'Évangile d’où l'acte de foi tire son efficacité. Il désigne les deux économies par ce qu’elles ont de caractéristique (les œuvres et la foi) et ne nie point ici — ce qu’il affirme souvent ailleurs — que les œuvres soient nécessaires dans l'économie nouvelle ou que la foi füt exclue de l’économie ancienne.
C’est pour avoir négligé ce point que certains théologiens protestants s’évertuent à prouver que l’acte de foi n’est pas un Épyov, un opus. Cf. Weiss, Lehrbuch der bibl. Theol. des N. T.5, 1895, p. 320. Comme la Loi prescrivait aussi des actes intérieurs, ils veulent que la foi ne soit pas un acte, qu’elle soit quelque chose de purement passif. Ils arrivent ainsi à ce beau résultat d’ôter à la foi tout principe moral, toute valeur éthique, et l’on se demande alors quelle part elle peut avoir au renouvellement moral de l'homme et comment elle peut rendre gloire à Dieu (Rom. 420 : Gods dobay ro Oe®).
s'occupe pas ici du rôle des œuvres après la justification.
-Qu’elles soient alors nécessaires, cela ressort de sa morale:
qu'elles augmentent la justice acquise, on le conclut de ses principes; mais dans la polémique avec les judaïsants le débat roule principalement sur la justification première, c’est-à-dire sur le passage de l’état de péché à l’état de grâce. Les œuvres de la Loi — il faut entendre certainement par là l'observation de la Loi mosaïque — n’en sont ni la cause, ni la condition essentielle, ni même, en soi, l'occasion; et l’on pourrait en dire autant à plus forte raison, d’après les principes les plus élémentaires de la théologie paulinienne, des œuvres naturelles accomplies avant la justification. Mais, notons-le bien, saint Paul ne dit point que la foi soit l'unique disposition requise, et nous savons par d’autres passages qu'elle doit être accompagnée de deux sentiments complémentaires : le repentir du passé et, pour l’avenir, l'acceptation du vouloir divin.
Voici la seconde formule : « L'homme n’est pas justifié par les œuvres de la Loï, si ce n’est par la foi de Jésus-Christ. » En faisant dire à saint Paul que l’homme n'est pas justifié par les œuvres seules mais par les œuvres jointes à la foi, on aboutirait à un sens diamétralement opposé à sa doctrine et combattu justement par lui chez les judaïsants. La phrase, virtuellement complexe, doit se dédoubler ainsi : « L'homme n'est pas justifié par les œuvres de la Loi; (il n’est justifié) que par la foi de Jésus-Christ. » Que la foi de Jésus-Christ soit la foi dont il est l’auteur ou la foi dont il est l’objet — la foi en lui, en sa personne et en sa parole — cela importe peu : dans les deux cas c'est l'ensemble de la révélation chrétienne, l'Évangile, par opposition à la Loi mosaïque. Nous notons, comme précédemment, qu'il s’agit des œuvres antérieures à la justification et que la nécessité absolue de la foi n'exclut pas les autres dispositions requises.
Les preuves de la justification par la foi indépendamment des œuvres sont au nombre de trois : preuve de fait ou d’expérience, preuve théologique et preuve scripturaire.
Preuve de fait. — La première est peu compliquée. Les Galates, convertis de la gentilité, n'avaient jamais observé la Loi de Moïse. Il est donc impossible que l'observation de cette
Loi (#ya véuov) ait influé d’une manière quelconque sur leur justification, soit comme cause, soit comme condition essentielle, soit comme disposition préalable. Cependant il n'est point douteux qu'ils n’aient été réellement justifiés au baptème : ils en ont pour gage le don du Saint-Esprit dont la présence se manifesta alors par des signes extraordinaires, tels que les charismes, et continue à s'affirmer par des prodiges sensibles. Qu'on n’objecte pas — comme le faisaient probablement les judaïsants de Galatie — que la justice venue dans l'homme par la foi s'y perfectionne et s'y consomme par la Loi : car l’auteur de la justification est capable de la conserver et de la parfaire sans aucun secours étranger; et c'est folie, quand on a commencé par l'Esprit, de vouloir finir par la chair. Pour ne pas saisir une conséquence si claire, il faut que les Galates aient perdu de vue la vertu rédemptrice de la mort du Christ. Paul ne peut attribuer leur égarement qu'à une fascination !. Il avait dépeint à leurs yeux, en traits deflamme, l'image du Crucifié. Un regard sur Jésus-Christ, mort pour nous procurer la justice que la Loi n’avait pu donner, devrait rompre le charme. Soutenir la nécessité de la Loi en face du Calvaire, c'est nier la valeur du sang divin et l’efficacité de la rédemption.
Preuve théologique. — Cette dernière considération, simplement indiquée ici, nous conduit à la preuve théologique. Pour en saisir la force, il faut se souvenir que l’Apôtre s’appuie sur deux postulats de toute évidence pour lui et dont l'énoncé revient dans ses lettres sous diverses formes :
1. La justification est un don gratuit que l’homme ne mérite pas et ne saurait mériter.
2. L'homme n'a jamais le droit de se glorifier devant Dieu ou, s’il se glorifie, ce ne peut être que des bienfaits divins?.