Gal. 31-5 : tiç dus ÉGasxavey
2. Les deux postulats de saint Paul, devenus pour nous des vérités d foi puisqu'ils font partie de son enseignement, sont réunis dans cette courte phrase, Eph. 25- : « Gratia enim salvati estis per fidem et hoc non ex vobis, Dei enim donum est; non ex operibus ut ne quis glorietur. » La double incise : et hoc non est vobis, Dei enim donum est, doit être considérée comme une parenthèse aux deux extrémités de laquelle per fidem et non
Cela posé, l’Apôtre raisonne ainsi : La justification par la foi est gratuite et ne permet pas à l’homme de se glorifier; elle remplit donc les deux conditions exigées. La justification par les œuvres ne serait pas gratuite et elle permettrait à l’homme de se glorifier; elle est donc chimérique.
La justification par la foi est gratuite parce que, la foi étant un don de Dieu, tout l'édifice qu’elle soutient est l'œuvre de Dieu. L'acte de foi suppose essentiellement l’appel divin fait au moment propice. Or ces deux choses — l’appel divin et la congruité de l'appel — dépendant exclusivement du bon plaisir de Dieu, la priorité de la grâce, au point de vue ontologique, est indéniable, et Dieu commence toujours avant l’homme l’œuvre du salut de l’homme. Au contraire, la justification que produiraient les œuvres de la Loi ou, d’une manière plus générale, les œuvres faites avant la foi — en admettant qu'elle fût possible — serait le fruit du labeur de l'homme; elle lui serait due comme le salaire est dû à l’ouvrier; il pourrait s’en glorifier comme de son bien. Si les faux justes, les pharisiens, regardent la justice comme placée dans la sphère de leur activité naturelle et se flattent de l'obtenir ex opere operato, pour ainsi dire, par l'observation matérielle de la Loi, les vrais justes, Abraham et David, pensent bien différemment. « Abraham crut à Dieu et cela lui fut imputé à justice. » Non pas que la foi soit la justice, ni l'équivalent de la justice, mais c’est une dis wsition que Dieu veut trouver au cœur de l’homme pour lui conférer un bien plus excellent, la justice. David s'écrie : « Bienheureux ceux à qui leurs iniquités sont remises...
ex operibus sont mis en contraste, comme à l'ordinaire. Alors le hoc se rapporte non pas précisément à /ides mais à la locution adverbiale per fidem. Ce moyen de salut per fidem n’est pas de vous, il vient de Dieu. d’où il suit évidemment que la foi est un don de Dieu et une grâce” Faire rapporter le hoc à salvati estis, avec certains commentateurs, serait attribuer à saint Paul une tautologie : « Gratia salvati estis.. et hoc non ex vobis. » — Dans ui ne quis glorietur le ut ({va) peut être consécutif : « de sorte que personne ne doit se glorifier », ou bien final : « afin que personne ne se glorifie ». En ce dernier cas, ce n’est pas l'intention de Paul qui est indiquée (je dis cela afin que.) mais celle ou une de celles que Dieu avait en vue en établissant l’économie actuelle du salut. Cette intention nous estbien connuc par d’autres textes de l’Apôtre, L Cor. 12:31; Rom. 327 etc.
Bienheureux l’homme à qui Dieu n'impute pas de péché. » D'œuvres et de mérites, pas un mot. David rapporte tout à la miséricorde. Et voilà ce qui différencie les deux tendances. Le pharisien qui aspire à conquérir la justice de haute lutte la réclame comme une dette. Le croyant, au contraire, ne prétend à rien; il se rend à discrétion; il confesse par son acte même et son indignité et son impuissance; il se tient devant Dieu comme le mendiant devant son bienfaiteur ; il donne à Dieu la gloire qu'il se refuse à lui-même.
En résumé : 1. Celui qui obtiendrait la justice par ses propres œuvres ne serait pas justifié par grâce (xarta yépuw) mais par droit (xar’ épetknue) ; il n’aurait donc pas la vraie justice, la justice de Dieu (dtxatosévn @coù), dont l'élément le plus essentiel est la gratuité.
2. Celui qui est justifié par la foi indépendamment des œuvres est justifié gratuitement, parce que la foi n'a pas de proportion avec la justice et que l’acte de foi, n'étant que le oui de la raison et de la volonté à l'appel divin fait au moment opportun, est par là même une grâce.
3. La nécessité de la foi et des autres dispositions requises ne nuit pas plus à la gratuité de la justice que le geste suppliant du pauvre ne supprimerait la libéralité de l’aumône, même s’il en était la condition nécessaire. Et il y a cette différence que le geste du mendiant est de lui tandis que l'acte de foi est un don de Dieu.
4. Enfin le croyant, par l'aveu de son impuissance et la reconnaissance implicite de la miséricorde divine, s'ôte tout droit à la vaine gloire et glorifie d'autant plus l’auteur de tout bien : Dans gloriam Deo.
Preuve scripturaire. — La preuve théologique prépare la preuve scripturaire tirée de l’histoire d'Abraham. Abraham fut justifié et proclamé père des croyants ayant sa circoncision. Il s'ensuit : premièrement, qu'il n'y a aucun lien nécessaire entre la circoncision et la justice et qu’on peut être juste sans être circoncis ; en second lieu, que la paternité d'Abraham, récompense de sa foi, est également indépendante de la circoncision et peut $'étendre aux Gentils imitateurs de la foi d'Abraham. Dérivant non de la Loi mais de la promesse, non de la chair
mais de l'esprit, elle n'est point l'apanage d'une race; elle est le privilège de tous les croyants.
Qu'Abraham ait été justifié avant la circoncision, c'est un fait qui ressort clairement du rapprochement des dates. Au chapitre xv de la Genèse il est dit de lui : « Abraham crut à Dieu et cela lui fut imputé à justice. » Au chapitre xvnr seulement est rapporté le précepte divin de la circoncision pour toute la famille d'Abraham, La justice est antérieure. Pourquoi donc la circoncision? Elle est le signe sensible de l'alliance précédemment conclue et le sceau matériel de la justice octroyée à la foi, dans l’état d’incirconcision,
Pour la paternité spirituelle le raisonnement est à peu près le même. Il fut dit au patriarche : « En toi seront bénies toutes les nations. » Ce n’est pas : « tous les Juifs », ni : «les Juifs seulement », maïs toutes les nations de la terre. Les bénédictions promises à Abraham, passant par-dessus le particularisme de la Synagogue, sont aussi étendues et aussi universelles que devait l'être l'Église elle-même. Et ces bénédictions sont accordées sans restriction ni condition aucune, bien avant l'alliance du Sinaï : « Frères, je parle selon l’homme : Quand le testament d’un homme est ratifié, personne ne le tient pour nul et n’y ajoute rien. Or les promesses s’adressaient à Abraham et à sa race. Il n’est pas dit «à ses races », comme s’il y en avait plusieurs, mais au singulier « à sa race », qui est le Christ. Je dis donc : le testament ratifié par Dieu, la Loi venue quatre cent trente ans après ne saurait l’annuler, de manière à réduire à rien la promesse. Car si l’héritage [des bénédictions] vient de la Loi, il ne vient plus de la promesse : or Dieu en a gratifié Abraham en vertu de la promesse. »
Paul et Jacques. — Telle est la doctrine de saint Paul sur la justification par la foi. De prime abord, celle de saint Jacques semble aux antipodes. Le docteur des nations dit : « L'homme est justifié par la foi sans les œuvres de la Loi! », ou plus énergiquement encore : « L'homme n’est pas justifié par les œuvres de la Loi mais bien par la foi de Jésus-Christ?. » Le frère du Seigneur dit : « L'homme est justifié par les œuvres