‹ La théologie de Saint PaulChapitre 118 sur 630 · Rom. 415. — 2. 1 Cor · texte numérisé non relu

Rom. 415. — 2. 1 Cor

3. Rom. 320 : A: yàp véuou ÉriyVwOts &uapria. Saint Paul dit non pas yvôous mais étiyvwots « Connaissance claire », parce qu'il y aurait une certaine connaissance du péché même sans la Loi. Bien que désignant la Loi de Moïse, véyou est sans article comme il arrive souvent dans ces locutions prépositives. L'absence de l’article devant äuaotiac peut être due à l'attraction — les autres mots de la phrase étant sans article — ou bien à l’indétermination. Dans ce dernier cas, il ne serait pas question du péché originel seulement mais de tout ce qui est péché.

4, Rom. 520 : Noos 8 maperon}dev Eva Theoväon td rapérrwux. Si le {vx est consécutif, il ne marque que l'effet produit par l'intervention de la Loi: s’il est final, il exprime une intention de Dieu qui veut la multiplication des chutes comme un moyen pour obtenir une fin digne de lui. Mais il ne

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La Loi étant ce qu'elle était ne pouvait durer toujours. Ce n'était qu’un intermède dans le grand drame de l'humanité. Le jour où les promesses se réaliseront elle perdra toute sa raison d’être. La manière dont elle fut donnée le présageait déjà. Moïse en fut le médiateur. Mais la présence du médiateur suppose deux parties contractantes; l’acte qui en résulte est un contrat bilatéral apportant de part et d’autre des droits et des devoirs, dont la stabilité est conditionnelle, puisqu'il peut être résilié d'un consentement commun ou annulé pour violation d’un des deux contractants 4. Bien différente sera la promesse. Là, Dieu est seul en cause et il n’y a chez lui à craindre ni inconstance, ni oubli, ni infidélité. Il s'engage par serment pour inspirer plus de confiance à l’homme. Sa promesse n’est subordonnée ni au consentement ni au mérite de qui que ce soit; comme elle est absolue et sans conditions, elle sera sans repentance.

Enfance de l’humanité. — Mais ces explications paraissent elles-mêmes contradictoires. Si la promesse est absolue et toute gracieuse, pourquoi cette condition si onéreuse surajoutée après coup? Pourquoi cette charge insupportable qui a écrasé les Hébreux de son poids? « La Loi ne va-t-elle pas contre les promesses de Dieu? » Non, répond l’Apôtre. Elle ne serait contraire aux promesses que si elle donnait les avantages qui font l’objet des promesses 2, ou si elle devait durer encore lorsque le moment des promesses sera venu. Or il n'en est point ainsi. La Loi est incapable de vivifier, elle ne confère pas la justice surnaturelle. D'autre part, elle n'est qu'un ëtat de transition, une étape avant le terme, un épisode

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veut les chutes que d’une volonté conséquente, une fois qu’il les voit arriver par la faute de l’homme.

1. Gal. 319-20, C’est là le sens de l’énigmatique : Gtarayeic ÔL GYYÉWV, Ev xetpi peoirou* 6 DÈ peoitns ÉVOS oùx Éotiv, 6 0È Oedc Etc ÉdTLV.

2, Gal. 321 : Lex (6 véuos — la Loi mosaïque) ergo adversus promissa Dei? Absit! (Dénégation énergique dont Paul se sert pour repousser les hypothèses impossibles ou les propositions absurdes). Si enim data esset lex, quæ posset vivificare, vere ex lege esset justitia. La pensée demeure suspendue en apparence parce que l'esprit la complète sans nul effort ten ajoutant mentalement : « Et alors la Loi serait réellement contraire aux promesses qui nous annoncaient la justice comme un don gratuit. »

avant le dénouement. Elle n'a pas refoulé l'empire du mal; elle l’a plutôt affermi, mais dans un but tout providentiel : « L'Écriture a enfermé toutes choses sous le péché afin que la promesse qui est par la foi de Jésus-Christ soit donnée aux croyants !. » En attendant ce terme, il importait que l’homme ne pût s'échapper, qu'il fût bon gré mal gré conduit aux portes de la foi. Le rude régime de la Loi rendait ce service aux Juifs : « Avant la venue de la foi nous étions gardés prisonniers sous la Loi, étroitement enfermés pour être livrés à la foi qui devait, un jour, se révéler ?. » La foi devait se révéler à la plénitude des temps. Elle représente l’âge mûr de l'humanité et le régime de la Loi en est par conséquent l’enfance. Cette idée suggère à Paul une double comparaison qui achève de mettre en relief sa pensée. Avant l'avènement du Christ, l'homme était mineur et pupille, et la Loi était son pédagogue et son tuteur.

Le pédagogue antique ne ressemblait guère au précepteur moderne. Esclave fidèle et sûr, souvent fort ignorant, il accompagnait partout son pupille. Il le menait aussi à l'école — en portant ses livres, si l’on tient à ce détail de saint Augustin — et assistait, quelquefois sans y rien comprendre, aux leçons du maître. Sa probité inflexible, qui pouvait servir à former le caractère, contribuait surtout à faire désirer l'adolescence. C'était pour le jeune Romain un jour fortuné que celui où, déposant la bulle d'or avec la robe prétexte, il revêtait la toge virile. Les adieux au pædagogium, crayonnés en si grand nombre au pied du Palatin, ne contiennent pas de regrets, Par la rigueur de ses préceptes, la Loi faisait désirer le libérateur : par ses prophéties de plus en plus claires, elle permettait de le reconnaitre d'avance; elle y préparait les cœurs en les maintenant, presque malgré eux, dans le monothéisme : c’est ainsi qu'elle conduisait au Christ qui est son terme et sa fin?.

. 32? : Sed [il n’en est pas ainsi, car] conclusit Scriptura omnia sub as (Écriture a montré que éous les hommes, Juifs et Gentils, sont ia be au péché), ut promissio ex fide Jesu Christi daretur credentibus.

2. 323, La foi désigne ici l'Évangile comme économie nouvelle opposée au régime de la Loi.

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