‹ La théologie de Saint PaulChapitre 119 sur 630 · Rom. 104 : vélos yàp vouou Xprords eic Gixotooynv · texte numérisé non relu

Rom. 104 : vélos yàp vouou Xprords eic Gixotooynv

ac.

ÿ EN

État de servage. — « Tant que l'héritier est en bas âge, il ne diffère en rien d’un serviteur, bien qu'il soit le maître de tout : il est soumis aux tuteurs et aux intendants jusqu’au temps marqué par le père. De même, vous aussi, quand vous étiez petits enfants, vous étiez soumis comme des esclaves aux rudiments du monde. Mais, la plénitude des temps venue, Dieu envoya son Fils pour délivrer ceux qui étaient sous la Loi, pour nous conférer la qualité d’enfants !. » Les siècles qui précédèrent l'avènement du Christ étaient pour le genre humain l’âge de la minorité. Les hommes étaient héritiers en vertu des promesses messianiques, car ces promesses étaient un testament concernant les Gentils aussi bien que les Juifs et l'Évangile est leur héritage commun; mais, pour entrer en possession de leur patrimoine, Juifs et Gentils devaient attendre la majorité du monde. Jusque-là ils étaient asservis à des institutions rudimentaires, qui cependant les préparaient à un état plus parfait et les y conduisaient par degrés. On se demande si l’Apôtre se représente le testateur comme vivant ou comme mort. Cette seconde hypothèse est la plus vraisemblable. Du vivant de son père, le pupille ne serait ni héritier, ni propriétaire, ni sous la dépendance d’avoués et de tuteurs. On objecte que le droit romain ne laissait pas au testateur la faculté de fixer l’âge de l'émancipation; mais Paul fait abstraction du droit romain, il s’en tient au droit naturel qui, ne liant pas aussi strictement la volonté du testateur, lui paraît plus apte à figurer le libre décret divin. Encore n’est-on pas bien sûr que le droit romain, surtout dans les provinces, fixât avec la dernière rigueur l’âge légal de la majorité. Quoi qu'il en soit, le libre choix du père doit entrer en ligne de

1. Gal. 415, Le parallèle se poursuit avec beaucoup de symétrie :

Quanto tempore heres parvulus Nos cum essemus parvuli, est,

nihil differt a servo, eramus servientes,

sed sub tutoribus et actoribus est, sub elementis mundi;

usque ad præfinitum lempus à at ubi venit plenitudo temporis, patre, s

cum sit dominus omnium. ut adoptionem filiorum recipere-

mus.

compte, parce que la plénitude des temps qui met fin à l’enfance de l'humanité dépend du bon plaisir de Dieu.

On n'est pas d'accord non plus sur le sens des elementa mundi (rx ovoreix roù xésuov) auxquels les hommes, avant la venue du Christ, étaient asservis. En comparant attentivement Paul avec lui-même nous ne doutons point qu'il ne désigne par là les institutions rudimentaires, produit d'une révélation encore imparfaite ou de l'instinct religieux, qui régissaient Juifs et Gentils avant l’économie évangélique !. L’apparition du Christ les délivre également, mais d'une façon différente : elle ôte aux Juifs le joug de la Loi, elle confère à tous la filiation adoptive (r5v vicfesixv) qui avait été promise à tous les enfants spirituels d'Abraham sans distinction de race, mais dont les Juifs étaient de fait les dépositaires. Maintenant, plus de différence : Juifs et Gentils atteignent à la fois

« la plénitude des temps »; ensemble ils sont émancipés et,

appelés à revendiquer leurs droits d’héritiers.

Une allégorie scripturaire achève d'éclairer la pensée de Paul. Il voit dans les deux épouses d'Abraham la figure des deux Testaments. Agar, l’esclave, représente la Synagogue; Sara, la femme libre, est l'emblème de l'Église, Agar enfante selon la chair, conformément aux lois de la nature, un fils

- 1. L'expression revient quatre fois seulement dans saint Paul et toujours, ce semble, dans le même sens :

Page 1