Act. 2129. Cf. Act. 223; 2227, 2, De Viris illustr
mène soit par une faiblesse congénitale de la vue soit par le
manque du don d'observation. En réalité, la nature morte ne dit rien à cet esprit replié sur lui-même et absorbé par le spectacle de la lutte douloureuse dont son âme est le théâtre et le prix. Il ne voit la nature inanimée que dans ses rapports avec l'homme. Son domaine est la psychologie. On a remarqué depuis longtemps que ses métaphores sont tirées presque toutes non du spectacle et des activités du monde physique mais des manifestations extérieures de la vie humaine. Il observe avec intérêt et il décrit avec finesse les jeux helléniques, les soldats romains souples et agiles sous le poids des armes, les marchés orientaux grouillants d'esclaves, même les grands édifices, temples et palais, où se révèlent la puissance et le génie de l’homme. Tandis que les figures empruntées à la vie des champs n’ont pas grand relief, les expressions tech niques dérivées du théâtre ou du stade et surtout son langage militaire offriraient deux sujets d’études aussi curieux qu'instructifs.
École de Tarse. — Vers l’âge de cinq ans l'enfant juif fréquentait l'école. Les écoles célèbres abondaient à Tarse. On s’y appliquait à toutes les sciences, surtout à la philosophie. Les Tarsiens rivalisaient sur ce point avec les sophistes d'A-, lexandrie et d'Athènes et passaient même pour l'emporter sur eux. Leur spécialité était de fournir des instituteurs aux maitres du monde. Le précepteur d'Auguste, Athénodore le Stoïcien était de Tarse; celui de Marcellus et de Tibère aussi. Tous deux revinrent mourir dans leur ville natale, comblés d’or et d’honneurs : là où la science est lucrative elle ne manque jamais d’adeptes.
Ce n’est pas de ces rhéteurs que Paul apprit les éléments des lettres. Son grec n’est pas le grec des écoles : c'est une langue attrapée par l'usage, au hasard de la conversation, vive, imagée, pittoresque, admirable d'expression, d'originalité et de mouvement, mais étrangère aux préceptes des grammairiens officiels. Qu'il ait fréquenté beaucoup les écrivains profanes