HIT. SENS DU MOT « RÉDEMPTION
k. Le mot « rédemption » (Aütpwotc et ämoütpwotc, noms d’action des verbes Avrpoëy et æmoïurpoüv) désigne dans l’Ancien Testament la délivrance théocratique ge’ulläh) promise au peuple fidèle par Jéhovah, le Rédempteur d'Israël (90’êl). Dans le Nouveau, c’est la délivrance messianique obtenue par le sang du Christ offert comme rançon (Aütpov, Mat. 2028; Marc. 10; ou &yrilutpov, L Tim. 26). La comparaison des Synoptiques avec saint Paul est intéressante :
Mat. 2028; Marc. 1025 Paul (1 Tim. 25)
Aoûvar rhv DÜynv aûroù — ‘O Gobs EauTdv AUTROV vtt — avTÉ}UTpOY moXGY. —= ÜTÈR RÉVTwV.
On voit l'identité des deux formules : car Gobvar tav düynv aûtoë est un hébraïsme pour « se donner, se livrer soi-même »; le composé ä&vtélutpov équivaut exactement aux deux mots Xÿrpoy &vti, et l’équivalence de moàlôv et de zévrwv est établie par de nombreux exemples. Paul ajoute seulement la nuance üxéo, « en faveur de », contenue implicitement dans la formule des Synoptiques.
2. Bien que, à la rigueur, « rédemption » puisse signifier simplement délivrance, sans allusion au prix payé ou reçu, il faut lui conserver sa valeur étymologique pour les raisons suivantes : a) Le mot XÏTpov, qui traduit dans les Septante l’hébreu küfér, ge’ulläh et pidiôn, signifie le prix de rachat des esclaves (Lev. 1920), des captifs (Is. 4513), la rançon de la vie (Ex. 2130; Num. 3551). — b) Le mot Auxpoüv est aussi proprement « délivrer quelqu'un en payant sa rançon » (Num. 1815-17), — c) Les synonymes éyopätev (1 Cor. 620; 725; 2 Petr. 1?; Apoc. 59; 145-4) et étayopéteuv (Gal. 313; 45) montrent que l'idée de rachat n'est pas entièrement disparue de la métaphore.
3. La rédemption du Nouveau Testament est donc la délivrance des hommes obtenue en payant soit la rançon (Aÿtpov) soit le prix dû (run, 1 Cor. 620; 723), Ce prix, les Synoptiques d'accord avec Paul nous l’apprennent, c’est le sang du Christ. — La rédemption se dit généralement de la délivrance vraie, quoique imparfaite, de la grâce; quelquefois aussi de la délivrance complète conférée par la gloire (Rom. 85; Eph. 4%; Hebr. 912; peut-être encore Eph. 114).
La thèse de J. G. Bok (Disquisitio exhibens Pauli apost. doctrinam de 19 érokvrpéoe:, Amsterdam, 1856) est sans valeur.