DEUXIÈME SECTION
Certitude de notre espérance.
Sauvés en espérance. — Paul a prouvé que la justice de Dieu arrive à l’homme par Jésus-Christ et rien que par lui. Son cadre n’est pas rempli encore, car il s'était engagé à montrer que l'Évangile est non seulement la source de la justification mais un instrument de salut dans la main de Dieu. Entre la justification et le salut il y a loin : il y a la durée de cette vie d’épreuve; il y a la distance de la terre au ciel.
Les chapitres v à varr ont pour but d'établir que ces deux choses, la justice initiale et le salut final, bien que séparées par le temps et l’espace, sont unies par un lien de causalité. Elles sont les deux anneaux extrêmes d’une chaîne indissoluble dans la pensée et dans les plans de Dieu, quoique ce soit le triste privilège de notre libre arbitre de pouvoir la briser. La grâce est le germe de la gloire, la foi est le gage de la vision, les dons de l’Esprit-Saint sont les arrhes de la béatitude et l’état bienheureux des élus n’est que la floraison tardive mais spontanée de la charité, qui est elle-même un aspect particulier de la justice. « Nous sommes sauvés en espérance » et « l'espérance ne déçoit pas » : voilà le mot de la situation; le salut final n’est qu'une affaire de patience et de temps.
Evidemment la certitude de cette espérance n’est pas en nous;
“elle est en Dieu; mais justement l'amour excessif dont Dieu
nous àime jusqu'à répandre dans nos cœurs le plus consolant et le plus précieux de ses dons, le Saint-Esprit, nous garantit pleinement l’avenir. En effet il faut plus de puissance pour justifier le pécheur que pour lui conserver la justice et plus de bonté pour le retirer de l’abîime que pour l'empêcher d'y retomber. « La preuve de l'amour de Dieu pour nous c’est que, lorsque nous étions encore pécheurs, le Christ est mort pour nous. Justifiés maintenant dans son sang, combien plus seronsnous préservés par lui de la colère! Si, ennemis, nous fûmes