‹ La théologie de Saint PaulChapitre 144 sur 630 · Mettons en regard les parties parallèles du texte · texte numérisé non relu

Mettons en regard les parties parallèles du texte

518: "Apa oùv wc à’ Évos mapartwpatos 519: "Qonep yèp Àà The raprxons ais mévrac &vôpomoucs ToÙ ÉvVOS avÜpoTou etc XOTOXPULX, &uaprwdol xatecréänonv oi moddoi,

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Que dans le premier membre &” évos raparrwmatos et à” Évos Gixarwopmatoc soient « la faute d’un seul, le mérite d’un seul » — ce qui répond mieux au parallélisme — ou bien « une seule faute, un seul acte méritoire » cela n’a presque aucune importance au point de vue théologique. Ce qui importe c’est la synonymie suggérée par les parties correspondantes des deux phrases : rapérrwux est expliqué par rapaxoñ, comme àxaiwpa par draxof, de même eis xatdxprux est expliqué par äuaprtwdoi xateotéônoav, comme ec Gumafwouv Gwñs par Oéxaor xaractalfoovru, enfin els mévrac avôpémous explique of xoXoi et réciproquement. Ce dernier exemple montre que oi molot n’exclut pas l’universalité mais l’inclut au contraire; seulement ot xoXoi (ceux qui sont nombreux — tous malgré leur nombre) est choisi de préférence à mévres pour contraster directement avec le seul auteur du péché et de la justice, le seul acte délictueux ou méritoire.

en une sentence de condamnation est la désobéissance d'Adam; l'unique acte méritoire (Stxalwux) qui se résout pour tous les hommes en un verdict de justification est l’obéissance du Christ. Cette sentence de condamnation constitue pécheurs tous les hommes. Saint Paul ne l’affirmerait-il pas expressément, on le déduirait de ses principes; car Dieu ne condamne que des coupables et puisque tous sont condamnés pour la faute d’un seul, il faut que tous aient participé en quelque manière à la faute d’un seul. La justice conférée par le Christ étant quelque chose de si réel et de si véritable que Paul l'appelle « justification de . vie », le péché légué par le premier Adam ne saurait être ni moins véritable ni moins réel. On objecte qu’en fait tous les hommes ne sont pas justifiés dans le Christ : dès lors, de quel droit conclure que tous ont péché en Adam? Saint Thomas fait cette réponse : « Tous les hommes qui naissent d'Adam selon la chair pèchent et meurent en lui et par lui, ainsi tous les hommes qui renaissent spirituellement dans le Christ sont justifiés et vivifiés en lui et par lui. » Une simple réflexion dissipera l'obscurité que cette réponse laisse subsister encore. Par les mérites du Christ tous les hommes sont justifiés en puissance et le seraient en fait, s'ils remplissaient les conditions requises. L’universalité du péché est absolue parce qu'elle dérive d’une condition inhérente à notre existence : le fait qui nous constitue hommes et fils d'Adam nous constituant pécheurs. Au contraire, nous ne devenons pas membres du Christ comme nous devenons membres de la famille humaine, sans notre participation. La foi qui nous engendre à la grâce et le baptème qui nous régénère sont quelque chose de surajouté à notre nature. Cette réserve faite, l’universalité du péché et l'universalité de la justice sont dans le même rapport.

Achevons brièvement le parallèle, ou plutôt le contraste, entre le premier et le second Adam. Comme Adam est le type du Christ et que le type, de sa nature, est moins parfait que l’antitype, à côté des rapports il y aura des différences : « I! n'en est pas du don gratuit comme de la faute. Car si, par la faute d'un seul, beaucoup meurent, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don accordé en vue d’un seul homme, Jésus- Christ, se répandront-ils sur beaucoup avec abondance. Et il

n'en est pas du don comme de l'acte d’un seul homme qui a péché. Car le jugement [est parti] d’un seul acte [pour aboutir] à une sentence de condamnation, mais le don gratuit [part] de plusieurs fautes [pour aboutir] à un verdict d’acquittement. Or si, par la faute d’un seul, la mort a régné par le fait d’un seul homme, à plus forte raison ceux qui ont reçu l'abondance de la grâce et du don de la justice régneront-ils par le seul Jésus- Christ'.» Aïnsi, deux différences capitales : différence dans les causes et différences dans les effets. D'un côté, un homme, Adam; de l’autre, un Homme-Dieu, Jésus-Christ : telle est la cause morale. D'un côté, le péché; de l’autre, la justice : telle est la cause formelle. Mais il est évident que Jésus-Christ représente mieux l’humanité qu'Adam et la raison enseigne que le bien l’emporte en puissance sur le mal. Il s'ensuit que la réparation sera plus efficace que l’acte destructeur. Les causes étant inégales, les effets doivent l'être pareillement. Aussi voyons-nous que le point de départ de la ruine est un péché unique se transmettant de proche en proche; mais le point de départ du relèvement est une infinité de péchés à expier. La surabondance de la grâce éclate mieux par l'abondance même

1. On peut rendre sensible le contraste par une disposition du texte qui éclaire en même temps la valeur des termes opposés. 515 : A))° oÙùy ds To TapénTuuX, oÙtWS KA TO YÉpLoULE"

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Le parallèle se continue encore mais sur un point seulement : la cause unique (ôx voù évéc) et l’effet multiple (oi xoko:). Tout le reste est contraste (où &<) et différence par excès (roX1& u&koy) du côté de Jésus- Christ.

du péché : « Ubi abundavit delictum superabundavit gratia. »

Des données qui précèdent on obtient le résultat suivant :

1. Le règne du péché dans l'humanité remonte à une source unique; il dérive en définitive d’un seul acte, la désobéissance de notre premier père. C’est pourquoi le relèvement ou, pour maintenir l'antithèse, le règne de la justice pourra remonter à une même source, la personne du Christ, et dériver d'un seul acte méritoire, l’obéissance du Christ jusqu’à la mort de la croix. Il suffit pour cela que l’auteur de la réparation ait avec le genre humain le même rapport que l’auteur de la chute; en d’autres termes, que le Christ soit le chef de l’humanité et l’antitype d'Adam.

2. De cette source unique découlent respectivement : d’un côté la mort universelle, la tyrannie de la chair, le flot toujours croissant des transgressions actuelles; de l’autre la régénération, le pouvoir de la grâce et les fruits de l'Esprit-Saint.

3. Le péché qui envahit le genre humain par la faute d’unseul n’est pas une pure dénomination extrinsèque; il constitue tous les hommes pécheurs, même ceux qui n’ont pas imité la transgression d'Adam; il entraîne sur tous une sentence de condamnation ; il devient propre à chacun, comme la grâce, la justice et la vie que le Christ leur confère.

En quoi consiste précisément ce péché d’origine? Comment se communique-t-il ? Pourquoi nous est-il imputé? En quel sens nous devient-il propre? Autant de problèmes que l’Apôtre ne touche pas, au moins directement. Qu'il consiste dans la privation de la justice originelle dont Adam avait le dépôt et qu'il n’a pas su conserver; qu'il nous soit imputé en vertu de la solidarité qui fait de la volonté d'Adam la volonté de toute sa race; qu'il se transmette par voie de génération naturelle comme son contraire se transmet par le fait de la régénération surnaturelle : c’est ce que les paroles et les raisonnements de saint Paul nous permettraient d’inférer. Mais ces déductions et ces spéculations dépassent l’objet propre de la théologie biblique et il convient de les abandonner à une autre science.

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