II. LE CHRIST TRIOMPHE POUR NOUS DE LA MORT
Le baptême mort mystique. — La vie et la mort étant deux notions corrélatives, il est impossible que la modification de sens subie par l’une ne réagisse pas sur la signification de l’autre. Pour saint Paul comme pour saint Jean, la vie dans toute sa plénitude est à la fois la vie de la grâce et la vie de la gloire, la participation à la justice du Christ, la béatitude céleste qui est la floraison spontanée de la charité et l'existence glorieuse du corps ressuscité qui est le complément de la béatitude. De même, la mort désigne tantôt la séparation physique de l'âme et du corps, tantôt la privation de la grâce sanctifiante, tantôt la perdition éternelle appelée par saint Jean une seconde mort, tantôt toutes ces choses ensemble, unies qu’elles sont entre elles par un lien de dépendance intime. Tous les effets du péché sont compris sous le nom de mort; tous les effets de la grâce sont compris sous le nom de vie : « La solde du péché c'est la mort; la gratification de Dieu c'est la vie éternelle !. » Ce serait trop limiter la solde du péché que de la restreindre à la mort physique, car elle a pour pendant la vie éternelle qui n’est pas seulement la restauration du composé humain mais la participation à la vie du Christ, ici-bas par la grâce, là-haut
1. Rom. 623 : Tà yap dpwvia Ts auaprias Davatos, To D xdpiopa Toù Oc0ÿ twñ aibvros. Pour bien entendre ce texte il faut le rapprocher de 616, où l'Apôtre dit que l’homme se met volontairement au service « soit du péché pour la mort soit de l’obéissance pour la justice » (frou éuaptias etc Pévarov à Ütaxoïis ets dixxuosuvnv). Le péché est donc conçu comme un empereur ou un général qui enrôle des soldats et leur doit une solde. A l'opposite, Dieu donne à ceux qui le servent une gratification, yéptou. Tertullien traduit donativum, la libéralité accordée par les empereurs à leur armée en certaines circonstances, mais c’est peut-être pousser trop loin harmonie des métaphores. Quoi qu'il en soit, tout l'effet du péché est appelé mort, cf. 621, Sans doute l'effet direct du péché est la mort de âme (Rom. 710 : ebpéôn por À évrokn à eis Guñv, aûtn ei Odvarov. 86 : ro ppévmua This apxoc Oavaroc, To G ppévmux ToÙ nveüuatos Con xai eEipñvn), comme l'effet direct de la justice ou de la grâce est la vie de l'âme, mais il s’y joint presque toujours par concomitance une allusion aux suites ultérieures. Il peut être intéressant de noter que Philon oppose assez souvent la mort de l’âme à la vie du péché, xaxiac (Alleg. leg. I, 33, De profug. 21 etc.) et qu’il connaît également la mort éternelle (&fôto:, De poster. Cain, 11).
+ , Ga? LT RON,
DS à 2 VUS APE CRE NS S Vie NI Ne Wii na EUR af ANS NETaUt SR An ; 7e - HN AP Q FALL
LON'E, 207 Wet Ÿ 1 { he Dow re