LE CHRIST TRIOMPHE POUR NOUS DE LA MORT
par la gloire. Nous vivons dans la mesure où nous sommes associés à la vie du Christ. Or, c’est dans sa mort que Jésus- Christ nous fait participer à sa vie : nous ne vivons en lui qu’autant que nous mourons en lui. Cela se passe en droit au Calvaire, en fait au baptème. Pour qui s'est une fois bien pénétré de la pensée de l'Apôtre sa méthode d’argumentation est des plus simples. Le baptême nous applique le fruit du Calvaire. Jésus-Christ nous y associe, d’une manière mystique mais néanmoins réelle, à sa mortet à sa vie. En nous associant à sa mort, il neutralise le principe d’activité que le péché avait déposé en nous et qui constituait le vieil homme; en nous associant à sa vie, il détruit tous les germes de mort et nous confère le privilège d’une vie sans fin : vie de l’âme et vie du corps, vié de la grâce et vie de la gloire. Sans doute nous ne possédons qu’en espérance une partie de ces faveurs, mais « l'espérance ne déçoit pas ». Dieu veut parfaire son œuvre en nous et il s’y oblige en nous octroyant un gage certain de sa fidélité : nous n'avons qu’à nous laisser vivre.
La page où sont développées ces assurances est une des plus profondes conceptions de Paul : « Ignorez-vous que nous tous qui fâmes baptisés dans le Christ Jésus nous fûmes baptisés dans sa mort. Nous fûmes donc ensevelis avec lui par le baptème dans la mort, afin que comme le Christ fut ressuscité des morts par la gloire du Père, ainsi nous aussi nous marchions dans la nouveauté de vie. Car si nous sommes greffés sur lui par la ressemblance de sa mort, nous le serons de même par celle de sa résurrection’. » On le voit, l’Apôtre a tout à la fois présent à l'esprit le rite primitif du baptème et l'étymologie du mot grec baptiser. « Baptiser » veut dire « plonger » et le rite primitif traduisait à l'imagination et aux yeux ce sens étymologique. L’immersion, symbole de sépulture et par conséquent de mort — car on n’'ensevelit que les trépassés — était aussitôt suivie de l’'émersion, emblème de résurrection et de vie. Être baptisé dans le Christ (et; Xpusrév) ce n’est pas simplement lui
1. Rom. 65-5 : *H dyvosïre üvt Ocor é6antiobnuev els Xprorov ’Inoobv, eic Tdv évarov aëroë é6xntioënus , Tous les verbes à l’aoriste montrent qu'il s’agi: d'un acte bien déterminé dans le temps.