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être assujetti comme un esclave à son maître ou un homme-lige à son suzerain, ni lui être lié par serment comme un soldat à son général, ni même lui être consacré comme un temple à la divinité; c’est encore et surtout lui être incorporé, c’est être plongé en lui comme dans un élément nouveau, c'est devenir une partie de lui-même, un autre lui-même. Non content d'affirmer qu’au baptême nous sommes plongés dans le Christ, saint Paul dit que « nous sommes plongés dans la mort du Christ », en d’autres termes dans le Christ mourant. En effet nous sommes associés au Christ et nous devenons ses membres au moment précis où il devient lui-même Sauveur. Or ce moment coïncide pour Jésus avec celui de la mort, figurée et mystiquement réalisée pour nous au baptême. A partir de là, tout nous devient commun avec Jésus-Christ; nous sommes crucifiés, ensevelis, ressuscités avec lui; nous partageons sa mort et sa vie nouvelle, sa gloire, son règne, son héritage. Union ineffable assimilée par Paul à la greffe qui mêle intime-, ment deux vies jusqu'à les confondre et absorbe dans la vie du tronc la vie du rameau greffé ; opération merveilleuse qui nous rend nous et le Christ oégourot (animés du même principe vital), süupoppor (assujettis au même principe d'activité), ou, comme Paul s'exprime ailleurs, nous revêt du Christ et nous fait vivre de sa vie!.
Mort principe de vie. — Il est évident que pour saint Paul le baptême n'est pas une imitation purement figurative de la mort du Christ, ni un simple acte du néophyte qui chercherait à s'approprier la mort du Christ en la considérant comme sienne, car cette fiction ne changerait rien à la réalité des choses ; le baptême amortit vraiment en nous le vieil homme, il infuse vraiment dans nos veines la sève divine, il crée vraiment en nous un être nouveau. En tant que rite sacramentel et indépendamment de la foi, quin’est pas même nommée ici, il opère ces merveilleux effets. Ce n’est pas dénaturer la pensée
1. Dans l’allégorie de la greffe, Rom. 1117-24, le tronc figure le peuple élu sur lequel les Gentils sont greffés (èyxevtpfteuv); mais l'olivier franc dans son ensemble représente l'Église, c’est-à-dire le corps mystique du Zhrist, et remplace la vigne véritable de saint Jean 151,