‹ La théologie de Saint PaulChapitre 152 sur 630 · Rom. 1219.— 2. Rom. 138; Gal. 514. Cf. 1 Tim · texte numérisé non relu

Rom. 1219.— 2. Rom. 138; Gal. 514. Cf. 1 Tim

3. Rom. 74; Gal. 219; 431, — 4. Rom. 104. — 5. Col. 214; Eph. 215.

6. Clemen (Die Chronol. der paulin. Briefe, 1893) prétend que Paul, d’abord favorable à la Loi, lui est ensuite devenu hostile et que les Épiîtres aux Romains et aux Galates marquent le tournant. Sieffert, tout au rebours, essaye de démontrer (dans Theolog. Studien en l'honneur de Weiss, 1897) que l'opposition de Paul à la Loi est allée crescendo. Clemen s’est depuis rétracté (dans Theol. Lit. Zeitung, 1902, fasc. 8) mais plusieurs critiques maintiennent son premier point de vue : tels Hausrath, Halmel, Franke, etc. Ils s'appuient principalement sur Gal. 5!! : ’Eyd dé, ddehpot, ei meprrouhv Err xnp0oow ti Et Giwxouar; Mais ce texte s'explique aisément par les actes de condescendance de Paul (Act. 163; cf. Gal. 110; 23-65) qui le faisaient accuser par ses adversaires d’avoir été jadis partisan de la circoncision. — Les vues de Zahn (Das Gesetz Gottes nach der Lehre und der Erfahrung des Paulus ?, 1892) sur l'attitude de Paul envers la Loi sont plus justes.

7. Rom. 85: To yäp äôbvarov Toû vépou, év @ odéve à Ths oapxéc, xTÀ. Sur le nominatif ou accusatif absolu et sur la valeur (active ou passive) de &ÿüvarov, voir le Commentaire de Sanday, p. 191-192. Le sens adopté est indépendant de ces controverses.

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Ici entre en scène un nouvel antagoniste, l'esprit, qui engagera avec succès contre la chair cette lutte où la Loi trop faible a succombé.

La chair de péché. — La chair et l'esprit étant presque toujours en fonction l’un de l’autre ne peuvent guère se définir que l’un par l’autre. Ils s'opposent de trois manières principales :

1. Comme parties intégrantes du composé humain {opposition physique);

2. Comme substances complètes ayant pour caractère commun la vie, pour différence la matérialité (opposition ontologique);

3. Comme principes antagonistes du bien et du mal dans l'ordre surnaturel (opposition morale et religieuse).

C’est la troisième opposition seule qui nous intéresse en ce moment. Il est évident qu’à ce point de vue la chair est en relation avec le péché et il s'agit de déterminer la nature et l’origine de cette relation.

Un groupe assez nombreux de théologiens et d’exégètes ra. dicaux, dont le chef de file est Holsten, a eu l’idée d'attribuer à saint Paul le dualisme grec. La chair, mauvaise par essence, serait fatalement et en soi pécheresse. On n’a pas réfléchi que l’antithèse matière et esprit n’est pas biblique; mais on a méconnu surtout combien antipathique a toujours été le dualisme grec à la pensée juive. Pour tout Juif nourri de la lecture de la Bible, Dieu est le créateur de toutes choses et tout ce qu'il a fait est bon; pas de matière incréée et autonome, pas de démiurge indépendant de Dieu. La logique des Hébreux ne sortait pas de ce dilemme : Si la matière est mauvaise par ellemême, ou bien Dieu est l’auteur du mal ou bien le mal cesse d’être le mal. Si la chair était de soi mauvaise, loin de songer à la sanctifier il faudrait travailler à l’anéantir; l'idéal chrétien serait l’ascétisme hindou, prélude du nirvana bouddhique. Mais tel n’est pas l'idéal de Paul. Il montre le corps accessible aux influences de l’Esprit-Saint dont il est dès ici-bas le temple. L'Apôtre recommande aux fidèles de se purifier « de toute souillure de la chair et de l'esprit »; il souhaite pour lui-même que la vie de Jésus se manifeste dans sa chair mortelle en attendant d’être revêtu d'un corps spirituel. Nous sommes à

mille lieues du dualisme platonicien qui aspire à dépouiller le corps pour rendre à l'âme sa liberté native, Comment le Christ réparerait-il la nature humaine si elle était essentiellement pécheresse? Comment serait-il sans péché si le péché est inhérent à la chair? Et comment condamnera-t-il le péché dans la chair s’il est lui-même pécheur?

La relation du péché à la chair n’est donc pas essentielle mais accidentelle; elle n’a pas son fondement dans la nature des choses mais dans un fait historique. Nous l'avons vu plus haut, par le péché d’un seul homme tous les hommes ont été constitués pécheurs. La nature humaine n’est plus ce qu’elle devait être dans les vues de Dieu. Elle est charnelle, vendue comme esclave au péché. Saint Paul reproche aux Corinthiens d'être hommes et de marcher selon l’homme : il veut dire selon l’homme tel que le péché l’a fait et non tel que la grâce peut le refaire. Mais si le désordre embrasse tout l’homme, si l'homme tout entier est constitué pécheur; si l’entendement peut devenir charnel quand il est déréglé; si Paul reprend les vices qui relèvent de l'intelligence, l'orgueil, l’inimitié, les dissensions, l'envie, l’idolâtrie, avec autant de vigueur que ceux qui dérivent de la nature sensible; d’où vient que le péché est d'ordinaire si étroitement associé à la partie matérielle du composé humain ? Car, abstraction faite de tous les textes obscurs dont on ne peut rien tirer à cause de leur obscurité même 1, on ne saurait nier que la chair ne soit une chair de péché, dans laquelle le péché réside et où rien de bon ne demeure ?. Et pour montrer qu’il s’agit bien de l'organisme matériel, l’Apôtre remplace quelquefois la chair par le corps ou par les membres du corps $. Il aspire à secouer son corps de mort qu'il asservit pour n’en être

1. Col. 35 (vexpocare tà uéAn à ni Tic yüc, Topveiav, &xaBapoiav xTA.). Ces « membres terrestres » sont-ils ceux du vieil homme, ou ceux du péché personnifié, ou doivent-ils s'entendre des membres du corps, considérés comme organes des passions ?

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