‹ La théologie de Saint PaulChapitre 165 sur 630 · III. CONNAITRE D'AVANCE, PRESCIENCE · texte numérisé non relu

III. CONNAITRE D'AVANCE, PRESCIENCE

Le mot « prescience » (rpéyvwos) n’est pas paulinien. Il ne se trouve dans la Bible que quatre fois seulement (Act. 2%%; 1 Petr. 12; Judith, %; 116) et se dit chaque fois de la prescience de Dieu, sauf Judith, 1116. Chez les écrivains profanes on ne le rencontre qu’à partir de l’ère chrétienne avec le sens de prévision et spécialement de pronostic médical. — fooyivéoxw, beaucoup plus commun, est d’une irréprochable grécité. Il signifie « connaître d’avance, au préalable » sans aucune idée accessoire, Voir des exemples dans Passow ou dans Cremer, Würterbuch®, 1902, p. 264. L’aphorisme d’Aristote (Mor. Nic. vi, 8) est célèbre : ëx mpoytYVwoxopevwv mäca Sdacxaliæ. C’est un acte purement intellectuel. Il en est de même

pour Sap. 613; 88; 186. On ne le trouve pas ailleurs dans l'Ancien Testament. Dans le Nouveau, où il paraît cinq fois, il s’applique deux fois à la connaissance des hommes (2 Petr. 37; Act. 265 : mpoyivéoxovréc pe ävwbev), une fois à la prescience de Dieu en relation avec sa providence (L Petr. 11? : Le Christ, agneau sans tache, est mposyvwouévos mod xata- 6»\ñc xôouov). Pour Rom. 112, voir p. 368; et pour Rom. 82, voir p. 336. — Tout cela montre que zpoywéoxw ne saurait désigner directement et principalement un acte de volonté; mais on peut admettre le sens de « prescience approbative », quand il s’agit de Dieu prévoyant le bien moral de ses créatures. :

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