‹ La théologie de Saint PaulChapitre 171 sur 630 · Rom · texte numérisé non relu

Rom

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Jacob et Ésaü. — Puisque l’Apôtre bâtit son argumentation sur des textes scripturaires, il faut croire qu'il ne les détourne

pas de leur vrai sens. Remontons donc aux deux endroits cités. I fut dit à Rébecca :

Il y a dans ton sein deux nations

Et deux peuples sortiront de ton ventre; Un des peuples dominera l’autre

Et l'aîné servira le plus jeune !.

Il n'est point ici question d'Ésaü et de Jacob en tant qu'individus. Ils apparaissent comme chefs de race et sont identifiés, suivant l’usage biblique, avec leur descendance qui forme avec eux une même personne morale. Ésaü lui-même ne fut jamais le serviteur de Jacob; il ne le fut que comme père des Iduméens et dans la personne de ses enfants. Dans le texte de Malachie il est encore plus clairement question de peuples et non d'individus : « Je vous ai aimés, dit le Seigneur. Vous dites : Comment nous avez-vous aimés? — Esaü n'est-il pas le frère de Jacob? dit le Seigneur. Cependant j'ai aimé Jacob et j'ai haï Ésaü et j'ai voué ses montagnes à la dévastation et son héritage aux fauves du désert. Si Edom vient à dire : Nous sommes perdus mais nous relèverons nos ruines ; ils bâtiront, dit le Seigneur, et moi je détruirai; et on les appellera la nation impie, le peuple contre lequel Jéhovah est irrité à jamais?. » Ces deux textes ont cela de commun qu'ils visent des nations et non des personnes, mais d’ailleurs les deux cas diffèrent du tout au tout. Avant l'existence des deux peuples et la naissance de leurs chefs, indépendamment de tout mérite acquis ou prévu, Dieu destine aux Israélites, de préférence aux Iduméens, l’honneur et la faveur d’être les dépositaires des espérances messianiques et les héritiers des promesses. De ce privilège découlaient des prérogatives temporelles et spirituelles, avec une providence spéciale qui garantissait [sraël de la ruine. Les Israélites n'étaient pas pour cela assurés du salut, ni préservés

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