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modifie ses choix parce qu'il n'en prévoit pas tous les inconvénients. Mais il n’en est pas ainsi de Dieu qui a choisi Israël pour son peuple en dépit des infidélités prévues. Les raisons que Paul en donne un peu plus loin c’est que les dons de Dieu, et en particulier la vocation, sont sans repentance et qu’'Israël, malgré son indignité présente, reste cher à Dieu à cause des patriarches, en vue de l'élection qui engage en quelque sorte la fidélité divine!. Mais autre chose est de rejeter le peuple comme peuple, autre chose de permettre l’incrédulité des individus. En réalité, les individus n’ont jamais été protégés contre l’apostasie par le fait d’appartenir au peuple élu. Nous voyons dans l’histoire sainte que la providence a seulement veillé à ce que la défection ne füt jamais totale. Ce qui distingue Israël des autres nations c’est qu’il peut être châtié, dispersé, exterminé presque, mais jamais sans espoir de retour. Toujours Dieu lui laisse un reste, un rejeton, un germe, dans lequel se concentre pour un temps toute la vie nationale et sur lequel fleurira le salut. Parmi les exemples de cette conduite providentielle, dont les prophètes à chaque page nous rappellent la loi, Paul en choisit un qui s'adapte admirablement aux conditions d'alors. Quand Élie se plaignait à Dieu de l’apostasie générale dont il était le témoin attristé, Dieu lui répondit qu'il
est tirée de Ps. 93 (94)1{ dont la question est la contradictoire. Cf. Ps. 94 (95)* et 1 Sam. 1222. Les mots ôv zpoiyvw, quem præscivit, sont entendus par saint Augustin (De dono persev. xvin, n° 45) et son école au sens de « qu’il à prédestiné »; par Origène, Chrysostome et leurs adhérents ordinaires au sens de « qu’il a prévu devoir être fidèle ». Pour les uns comme pour les autres l’incise est limitative et restrictive. Mais cela paraît inadmissible. En effet : 1. Paul prendrait le mot « peuple » dans une acception toute différente dans la question et dans sa réponse et la difficulté subsisterait tout entière. — 2. Sa réponse serait un truisme et reviendrait à ceci : « Dieu n’a pas rejeté ceux qu’il a prédestinés », ou plus simplement : « Dieu n’a pas rejeté ceux qu’il n’a pas rejetés ». — 3. On donne à zpoéyww le sens de « prédestiner » qu’il n’a pas, ou on le complète par une idée que rien ne suggère. Il vaut mieux lui laisser son sens naturel (connaître d’avance) qui convient parfaitement.
1. 1129 : ’Aperopéinra yüp Tù yapiouara nai à xAfois Toù 0c05. L'Apôtre parle de dons entièrement gratuits, tels que l'élection théocratique. N'ayant d'autre raison d’être que la bonté de Dieu, ils ne donnent point sujet au repentir. Israël, comme nation, reste donc cher à Dieu (1028 : xarx vav éxloyhv &yarntoi à Tos matépas) et parce qu’il est le peuple élu et parce qu’il descend des patriarches.
s'était réservé sept mille hommes n'ayant pas fléchi le genou devant Baal. C'était le cœur de la nation sainte, l'espoir d'Israël et la preuve vivante de la fidélité de Dieu. « De même, conclut l’Apôtre, en ce temps-ci il y a eu un reste selon l'élection de la grâce!.» L'application saute aux yeux. On ne peut pas dire que Dieu ait rejeté son peuple, pas plus qu’on ne pouvait le dire à l’époque d'Élie.
Ainsi s’évanouit l’objection théologique; mais une difficulté qu'on pourrait appeler de sentiment, une objection populaire, subsiste. Si, en droit, la nation, comme nation, n'est pas rejetée, en fait, la masse des individus est infidèle. Comment ce fait se concilie-t-il avec la providence spéciale dont Dieu entourait Israël ?
Conversion finale. — La réponse de Paul tient en deux mots : l’apostasie des Israélites n’est pas absolue et elle n’est pas définitive. En d’autres termes : ceux qui sont infidèles aujourd'hui pourront être fidèles demain; en tout cas, à la fin des temps, Israël reviendra à résipiscence et rejoindra en masse l'Église. Il y a là un enseignement théologique et une prophétie; mais l'Apôtre y mêle des considérations profondes sur la providence surnaturelle et les voies impénétrables de Dieu.
Que l’apostasie ne soit pas complète, l'expérience estlà pour le montrer. Paul lui-même, issu du plus pur sang juif, n'est-il pas chrétien?? L'Église de Jérusalem est florissante; elle a rayonné dans toute la Palestine; un grand nombre de Juifs de la diaspora ont embrassé l'Evangile. Quelques mois après l'envoi de notre lettre, saint Jacques pourra signaler à saint Paul les nombreuses myriades d'Hébreux convertis®. Ce n’est qu'une minorité, mais une minorité importante. Elle peut augmenter; l'Apôtre espère qu’elle augmentera et prodigue dans cette espérance ses efforts avec ses prières.
Mais, quant à la conversion finale d'Israël, l'espérance est une
1. Sur ce reste qu’Isaïe, 615, compare au tronc d’arbre ravagé par le fer et le feu et qu’il symbolise par le nom donné à un de ses enfants, 73: Schear Iaschoub « reliquiæ convertentur » (Vulgate : Qui derelictus est Jasub), voir 1s. 1021-22; Jer. 233; Ezech. 1422; Mich. 212; 53; Soph. 318 etc.
2, Rom. 11!. Une autre explication est cependant possible.