‹ La théologie de Saint PaulChapitre 178 sur 630 · Act. 2120 (nécat mupréde:). Cf. Act. 492; 514 etc · texte numérisé non relu

Act. 2120 (nécat mupréde:). Cf. Act. 492; 514 etc

certitude. Paul promulgue hautement « ce mystère », soit qu’il le tire de ses propres révélations, soit qu'il le présente comme

une conséquence infaillible des oracles prophétiques : «L’endur-

cissement partiel d'Israël s’est produit jusqu’à ce qu’entrât la

plénitude des nations et ainsi tout Israël sera sauvé, selon qu'il

est écrit!. » Admirable tactique de Dieu! Les Gentils d’abord incrédules ont été appelés à la foi, grâce à l’incrédulité des Juifs ; les Juifs refusent de croire à la miséricorde faite aux Gentils, pour être à leur tour l’objet de la miséricorde. « Dieu a enfermé tous les hommes dans l’infidélité afin de leur faire miséricorde à tous. » N'est-ce pas le cas de s'écrier : « O profondeur de richesse et de sagesse et de science! » Et peut-on ne pas adorer les insondables jugements de Dieu et ses inscrutables desseins ?! C’est le dernier mot de l’Apôtre.

Il ne serait ni possible ni utile de passer en revue toutes les opinions des Pères. Bornons-nous à consulter les chefs d'école dont l'influence a été vraiment décisive — Origène et Chrysositome parmi les Grecs, l'Ambrosiaster et Augustin parmi les Latins — en signalant au besoin dans les autres les diver-

gences qui méritent de fixer l’attention.

Origène. — Dans son Commentaire sur l'Épitre aux Romains, autant qu'on en peut juger par l’infidèle traduction de Rufin, Origène élude la difficulté. II met dans la bouche d’un adversaire fictif les textes les plus embarrassants du chapitre 1x et suppose que l’Apôtre répond à chaque objection : A Dieu ne plaise! Cependant, peu satisfait d'une exégèse qui devait avoir après lui tant de succès, il reprend les textes un à un et montre comment ils s'accordent avec le libre arbitre. C’est dansle Periarchon, où la question est traitée ex professo, qu'il faut chercher sa véritable pensée®. L'ardent champion de la liberté humaine ne méconnaît nullement le rôle de la grâce ni l'initiative

1. Rom. 1126-26, avec renvoi aux prophètes. — 2, 1155-36, 3. Comment. in epist. ad Roman. vu, 14-18 (XIV, 1141-1152); Periarchon, IL, 1 (texte grec dans la Philocalie, chap. xx).

de Dieu, mais il remarque fort justement que le devoir de l'exégète est d'harmoniser des données en apparence contradictoires. Une série de similitudes ingénieuses servent à expliquer l’endurcissement de Pharaon :le soleil dessèche la terre et liquéfie la cire, la pluie fait pousser là les chardons et ici le froment; ainsi la longanimité de Dieu et la manifestation de sa puissance qui auraient dù toucher le cœur de Pharaon ne font que l’endurcir. Ce fut Origène qui mit en honneur la formule, si aimée des Pères grecs, que l’œuvre du salut ne dépend pas uniquement des efforts de l’homme mais aussi et principalement de la miséricorde de Dieu. Sous sa plume la comparaison du potier perdait son effrayant mystère : c'étaient les vases de colère qui se disposaient eux-mêmes à la perdition. En tout cela l'orthodoxie pouvait le suivre et le suivit en effet; mais les éditeurs Cappadociens de la Philocalie suppriment le passage où il fait intervenir les mérites et les démérites acquis dans une existence antérieure pour expliquer l'inégale destinée d'Ésaü et de Jacob. Sur ce point, saint Jérôme l’abandonne sans ménagements; pour tout le reste, il le suit pas à pas. Après avoir interprété absolument comme lui l'endurcissement de Pharaon et la préparation des vases de miséricorde, il ajoute : « Non salvat (Deus) irrationabiliter et absque judicii veritate sed causis præcedentibus. » Il accepte également le système des objections pour se tirer des textes difficiles et résout la comparaison du potier à la manière de Chrysostome en niant l'existence d’une comparaison. Du moment que l’homme se plaint, il montre qu'il est libre et qu'il n’est pas à l'égard de Dieu comme l'argile à l'égard du potier'.

Chrysostome. — Nul commentateur n’a sans doute mieux compris dans l’ensemble la pensée de Paul que saint Jean Chrysostome?. L'influence exercée sur lui par Origène est incontestable; mais s’il s'inspire souvent du grand Alexandrin il ne le copie pas. Les textes difficiles de saint Paul sont, à son avis, des objections présentées non par des adversaires mais par saint Paul lui-même désireux de réduire au silence les

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