‹ La théologie de Saint PaulChapitre 182 sur 630 · Eph. 6?! ; Col. 47 (Tychique · texte numérisé non relu

Eph. 6?! ; Col. 47 (Tychique

esclave de Philémon, Onésime, avait quitté son maître après l'avoir volé. Rome, ce rendez-vous de toutes les misères et ce cloaque de tous les vices, dans son immense et confuse population cosmopolite, promettait un asile sûr aux esclaves fugitifs, aux repris de justice, aux aventuriers de toute espèce. Onésime s'y rendit. Peut-être espérait-il trouver chez l’ami de son maître secours et protection. Il y trouva mieux encore : la foi et le baptème. En le renvoyant à Colosses, Paul lui remit le petit billet, écrit de sa propre main, qui est notre Épître à Philémon. Avec lui partait Tychique chargé d’un message spécial pour l’église de Colosses. Il y avait là quelque chose d'insolite. Paul n'avait pas coutume de bâtir sur les fondements d’autrui et cette église n’était pas son œuvre : Épaphras en était l’apôtre. Il est vrai qu’elle tenait à Paul par les liens les plus intimes : les fidèles se réunissaient dans la maison de son ami Philémon, sous la direction d'Archippe, probablement le fils de ce dernier. Il y a même lieu de conjecturer qu'Épaphras, effrayé des dangers courus par ses néophytes et trop faible pour résister seul au torrent des idées nouvelles, avait imploré l’assistance d'un plus puissant que lui : l'humble missionnaire s’effaçait derrière l’apôtre dont l'intervention semblait seule capable de conjurer le mal?. Les doctrines théosophiques mêlées de pratiques singulières qui s'infiltraient sourdement à Colosses ne pouvaient manquer d’envahir tôt ou tard les cités voisines, Hiérapolis et Laodicée, et de gagner aussi à la longue la capitale de la province, Ephèse, en relations suivies avec les villes de la vallée du Lycus *. Paul jugea donc

1. Cela semble résulter de Philem. v. 18-19 : Ei dé vw hÜ!xnoëv ae À dôpether pot ENOGyæ... éyo &notiow. Paul ne ferait pas allusion à cette injustice, à cette dette, il ne la prendrait pas sur lui, s’il n’en avait connaissance par les aveux du coupable.

2. C’est Épaphras qui a signalé à Paul les dangers de cette jeune chrétienté, Col. 18. L'état de ses néophytes lui cause une grande inquiétude (&ywvitémevos) et de vives préoccupations (rodv œévov), Col. 412-12, On ne comprendrait donc pas qu’il en restât éloigné, s’il ne comptait sur le secours de Paul. Le ton de la lettre fait voir que l'entente la plus complète et une parfaite harmonie de vues règnent entre ces deux hommes.

3. Ces trois villes forment un triangle isocèle dont la base, d’une dizaine de kilomètres, à pour extrémités Hiérapolis et Laodicée, assises en face l'une de l’autre des deux côtés du Lycus et dont le sommet, Colosses, est

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