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1. Les ordres, les conseils et les prières se mêlent au point qu'il est malaisé de dire où les uns finissent et où les autres commencent. — I. Paul supplie (rapaxod&) : 1. comme ami (à1à thv &ydmnv), 2. comme vieillard (xpecédrnc), 3. comme apôtre (Iaÿloc), 4. comme prisonnier du Christ Jésus (dos X. ’), en faveur de son fils qu’il a engendré dans les chaînes, c’est-à-dire de ses entrailles (rodr’ Eotiv rà ëuà oxhdyyva). Il est à peine besoin de noter que la version latine du verset 9 : Propler charitatem magis obsecro, cum sis talis, ut Paulus senex, est inexacte et qu'il faudrait : Cum sim talis ut Paulus senex (rouoüros dv de Iladdos mpec6Tnc). — II. J1 ne fait que conseiller, attendant le consentement de l'intéressé (uwpis This fs yvounc oùdèv AËAnOO rorñoat) et son acceptation spontanée (xarà éxovorov). — III. Cependant il pourrait commander comme représentantdu Christ vis-à-vis d’un chrétien (mov ëv Xptot@ mappnolav Eywv Emréoceuv) ; il compte sur l’obéissance de Philémon (reroulàs r% ütaxoÿ); il se sert même à l’occasion de l'impératif (rpooka6où airèv dç ÈLÉé, &varauoév pou Tù onXdyxva).
2. 18-20. Paul promet d’indemniser Philémon. Rien ne manque à ce contrat, pas même la signature du débiteur (ëyà Ilaÿlos Eypaba tÿ èuñ xept, éy® ¬iow). Mais ni Paul ni Philémon n’ont songé un instant que le payement dût se faire en espèces sonnanies, comme le veulent certains exégètes modernes.
3. 16 : Oùxém dc doùdov &ANà Ümèo Godhov, adekpov œyarntév. Philémon doit recevoir Onésime comme il recevrait Paul lui-même (15 : &çs êpé).
Quoique l’Apôtre apprécie très haut l'indépendance morale de l’homme, il est permis de se demander si son esprit a jamais spéculé sur ce que l'esclavage antique avait d’injuste et d’immoral. Parmi les Hébreux, l'esclavage était le plus souvent volontaire et ne différait guère de la simple domesticité. Pour les compatriotes, il prenait fin au bout de six ans au plus, sauf le consentement formel de l'intéressé; et le législateur avait prévu comme ordinaire le cas où ce consentement serait librement donné. Il en était tout autrement dans les milieux païens où l’esclave n'était plus un homme. Mais, là aussi, il y avait des droits acquis et des intérêts à ménager. Le brusque arrêt d’une machine si nécessaire au fonctionnement de l'empire était trop périlleux ; et le rejet sans préparation de cette institution tant de fois séculaire était à peine moins injuste et moins immoral que son maintien inconditionné. C'était assez que l'esprit chrétien la minât par la base et, en attendant sa chute définitive, en corrigeât les abus !.
1. Cf. Marquardt, La vie privée des Romains (trad. Henry), Paris, 1892, t. 1, chap. vi, p. 227; Wallon, Hist. de l'esclavage dans l'antiquité ?, Paris, 1879, t. LIL, p. 269-443; Allard, Les esclaves chréliens 3, Paris, 1900, p. 187-214.