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PRÉÉMINENCE DU CHRIST

Éphésiens et Colossiens. — Les deux Épttres aux Colossiens etaux Éphésiens sont entre elles comme les Épîtres aux Galates et aux Romains. La plus courte et la première écrite, dans chaque groupe, sert respectivement de canevas à la suivante, La lettre aux Colossiens, plus alerte, plus vivante, plus personnelle, vise un but précis et immédiat et s'attaque à un adversaire déterminé ; l'Épître aux Éphésiens, plus pleine, plus mürie, plus étudiée, fait abstraction des controverses et observe la marche régulière d’un traité dogmatique. Le sujet est le même, la suite des idées aussi; beaucoup d'expressions et de tours de phrases sont identiques !. Cependant l’une n’est ni le décalque ni le pastiche de l’autre. On y reconnaît un esprit qui puise librement dans son propre fonds, sous l'empire des mêmes desseins ou des mêmes besoins : il n'y a rien de l’imitateur servile dont la main se trahit par le soin excessif qu’elle prend de se cacher, À vouloir les étudier séparément on s’ex-

poserait à trop de redites. Mieux vaut saisir l’idée dominante

1. Col. n’a de spécial que la polémique contre les sectaires (21-9, 16-23), un mot de circonstance (31-) et quelques détails d’un caractère personnel (4-18). Par contre, Eph. n’est sans parallèle que dans l'entrée en matière (15-14), dans la définition et la description du corps mystique (315-421, 5*3-3?) et dans la panoplie finale (610‘17), Encore y a-t-il dans les parties indiquées comme particulières des traits et des tours de phrase communs aux deux. Les rapports deviennent même plus étroits dans la section parénétique, à partir de Col. 3 et de Eph. 41/7, Du reste, sauf deux ou trois versets, le premier chapitre de Col. peut se reconstituer à l'aide de fragments pris çà et là dans Eph. mais placés dans un contexte différent. Cette comparaison est une preuve très forte en faveur de l’authenticité des deux Épîtres. «

de chacune d'elles et y rattacher les passages parallèles de l’autre. L’idée maîtresse de l’Epître aux Colossiens est sans contredit la prééminence du Christ considéré soit dans sa vie divine au sein du Père soit dans ses rapports avec le monde: celle de l'Épître aux Éphésiens est non moins clairement l'union des fidèles avec le Christ et dans le Christ comme membres du corps mystique. La première aurait pour épigraphe : «Il faut que le Christ prime en toutes choses! »; la seconde aurait pour symbole : « Le Christ est tout en tous?. »

Judaïsants. — Les opinions des critiques, au sujet de ces novateurs, ne sont pas moins variées que les couleurs de l’arc en ciel: Tour à tour, ces sectaires sont devenus pythagoriciens; épicuriens, stoïciens, néo-platoniciens, esséniens, pharisiens, ébionites, cabalistes, chaldéens ou mages, gnostiques, partisans de Cérinthe ou de Valentin et même — qui le croirait? — élèves d’Apollos ou disciples de Jean. Cette bigarrure, qui fait peu d'honneur au flair critique des exégètes et montre que leur imagination se développe parfois aux dépens du bon sens, doit nous enseigner la circonspection dans la solution d’un problème où les inconnues dépassent les données.

Deux faits incontestables. La très grande majorité des fidèles de Colosses venait de la gentilité; s’il y avait parmi eux des Juifs convertis ils devaient être quantité négligeable, car saint Paul ne-semble faire aucune allusion à leur existence : et ce-

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