II. LES TITRES ET LES FONCTIONS DU CHRIST
Image du Père. — Les erreurs des Colossiens obligeaient l’Apôtre à restituer à Jésus-Christ sa vraie place à côté du Père, avec son véritable rôle dans la création du monde et dans la vie surnaturelle de l'Église. Dieu « nous a retirés de la puissance des ténèbres et transférés dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés. Ce Fils est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature, parce qu’en lui tout a été créé au ciel et sur la terre, trônes, dominations, principautés, puissances : c'est par lui et pour lui que tout a été créé. Et il est avant toutes choses et toutes choses subsistent en lui. Et il est la tête du corps, de l'Église, comme il est le principe, le premier-né d’entre les morts, ayant ainsi la primauté en tout; puisqu'il a plu à Dieu de faire habiter en lui la plénitude et de se réconcilier par lui toutes choses, pacifiant, par le sang de sa croix — par lui, dis-je — et ce qui est sur la terre et ce qui est aux cieux! ».
Saint Paul, selon son habitude, accumule sur la tête du Christ, sans trop de souci de ce que nous pourrions appeler l'ordre chronologique, tous les titres qui lui appartiennent à raison de ses deux natures. Pas plus que saint Jean, il n’est disposé à diviser le Christ. Dans sa vie antérieure, le Christ est
1. Col. 115-20, Tout ce passage jusqu'au v. 23 est suspendu au pronom relatif 6ç. 1165-17 à trait à la vie divine du Christ, soit en lui-même — comme image du Père — soit dans ses rapports avec la création, à laquelle il est antérieur (rpù mävrwv, tpwtétoxoc) et dont il est la cause efficiente (à adrov), le conservateur (ëv aÿr&) et la fin (eis adrév). 118-25 à trait à sa vie humaine ou plutôt à sa vie théandrique, comme chef de l'Église et premier-né d’entre les morts. La construction grammaticale des deux sections est la même : d’abord énonciation du fait (v. 15 et 18), puis justification du fait débutant par une formule identique 8rt ëv aùr® (v. 16-17 et 19-23).