‹ La théologie de Saint PaulChapitre 196 sur 630 · III. LES CHOEURS DES ANGES · texte numérisé non relu

III. LES CHOEURS DES ANGES

On sait que la classification adoptée par les scolastiques est due au Pseudo-Denys l’Aréopagite, De cæl. hierarchia, vrax (III, 200-272). Les neuf chœurs angéliques se divisent en trois ordres (taxoopñoetc) et se distribuent ainsi, en commençant par les plus parfaits. Nous suivons l’ordre où ils sont décrits; l’'énumération du début diffère un peu (puissances, dominations, vertus, en gradation ascendante) :

I. 1. Séraphins. — 2. Chérubins. — 3. Trônes. II. 4. Dominations. — 5. Vertus. — 6. Puissances, III. 7. Principautés. — 8. Archanges. — 9. Anges.

Le Pseudo-Denys se réfère aux théologiens antérieurs et principalement à une autorité anonyme (II, 200) : Hécac À Geohoyla Tùc oùpavious oÙcias ëvvéa uéxXnxev éxpavropruais énwvupiatc" TaÜtas 6 beïoc AuOv ieporeheoths Eic rpeïc dpopiter Tpradtès Braxoouhoets. Il est facile de voir que la liste a été formée en prenant pour noyau les cinq noms fournis par Paul (Eph. 121; Col. Li6), puis en mettant en tête les séraphins et les chérubins de l’Ancien Testament et en queue les archanges et les anges nommés çà et là dans les deux Testaments. On ne comprend guère quel principe à pu diriger le classement des chœurs intermédiaires, puisque saint Paul n’a pas d'ordre fixe. Aussi Grégoire le Grand, In Evang. homil. xxxiv, le présente-t-il autrement : « Esse scimus angelos, archangelos, virtutes, pote states, principatus, dominationes, thronos, cherubim atque seraphim (LXX VI, 1249-1250). » L'ordre est tout différent dans les Morales, xxxn, 23, n° 48 (LXXVI, 665) : « Angeli, archangeli, throni, dominationes, virtutes, principatus, potestates, cherubim et seraphim. »

Mais cette construction artificielle n’a pas grand appui dans la tradition catholique. Sans doute on ne peut pas dire, comme on la fait parfois, que la division des anges en neuf chœurs ou ordres soit une invention du Pseudo-Denys. Elle se trouve déjà dans S. Ambroise, Apol. proph. David, 5

(XIV, 900) : « Dominus noster Jesus … cui angeli et archangeli, virtuteset ,

potestates et principatus, throni et dominationes, cherubim et seraphim indefesso obsequio serviebant. » L’opuscule est authentique et date d'environ 385; le texte est certain et admis dans l'édition critique de Schenkl. Comme il n’est pas probable que Denys emprunte à Ambroise, l'un et l’autre auront puisé à quelque source grecque antérieure.

‘ Mais à part ces deux exceptions — car S. Grégoire dépend du Pseudo- Denys — la théorie des neuf ordres est entièrement inconnue aux Pères grecs et latins. L’interpolateur d’Ignace, Ad Trallian. 5 (Funk, t. Il, p. 64), compte bien neuf chœurs d’anges mais il y met les éons et les armées. S. Irénée, Contra hæres. n, 54 (VIL, 818), en énumère une fois sept (omettant. les chérubins et les séraphins) et une fois six (omettant de plus les trônes). Les Constitutions apostoliques en trouvent une fois dix, vin, 12 (I, 1093 : il y a en plus les éons et les armées et en moins les dominations) et une fois onze (I, 1101 : les dominations comprises). Origène en a tantôt quatre, Contra Cels. 1v, 29 (XI, 1069 : trônes, dominations, puissances, principautés), tantôt cing en ajoutant soit les anges, Contra Cels. vi, 71 (XI, 1405), soit les dieux, Zn Joan. 1, 34 (XIV, 79). S. Cyrille de Jérusalem en compte huit, n'omettant que les séraphins, Catech. xxur, Mystag.v, 6 (XXXIII, 1113), mais voir ci-dessous. S. Athanase, Ad Serap. n, 4 (XXVI, 614), en énumère neuf, substituant aux trônes rapéôsiso, mais le texte est très incertain; ailleurs, Ad Serap. 1, 13 (XX VI, 561), il n’en à que sept, omettant les vertus et les puissances. IL y en à sept aussi dans Tite de Bostra, Contra Manich. in et huit dans Basile de Séleucie, Orat. xxxix, ? (LXXXV, 429 : les archanges manquent). $. Basile le Grand, De Spiritu sancto, 38 (XXXII, 136), n’en énumère que cinq (principautés, puissances, vertus, trônes, dominations) mais il ajoute : ad ei muvéç elotv Étepou hoytuai pÜaeuc àxarovépaotor. S. Grégoire de Nazianze, Orat. xxvim, 31 (XXXVI, 72), en trouve huit, remplaçant les chérubins et les séraphins par leur traduction grecque àva6dcet, Naumoérnres et qualifiant tous les ordres énumérés de voepàs Guvépets % véas, ce qui prouve qu'il ne voit pas dans les vertus un ordre spécial. S. Grégoire de Nysse, Contra Eunom.1 (XLV, 345, 348), identifie expressément les chérubins avec les trônes, les séraphins avec les vertus, et ne

GE. eq Cm

rt

Page 1