Cor. 12i-11, Cf. Eph
point en nous comme s’il était hors de nous; il se mêle si intimement à notre activité intérieure que notre action est la sienne et la sienne est la nôtre. Ainsi nous vivons par lui, nous sommes mus par lui!. C’est lui en effet qui faisant monter de notre cœur à nos lèvres le nom de « Père » témoigne que nous sommes les enfants de Dieu. Comme la forme spécifie l'être, la présence en nous de l'Esprit vivificateur nous confère notre dignité surnaturelle, la filiation adoptive?. L'Esprit-Saint est l'Esprit du Seigneur et c’est par lui que nous devenons conformes (séuuopoa) à l'image du Fils de Dieu. « Celui qui adhère au Seigneur est un même Esprit » avec lui, en tant qu'il est enveloppé dans la même atmosphère de vie divine. Aussi saint Paul, chaque fois qu'il parle de notre transformation surnaturelle, fait-il intervenir l'Esprit de Dieu‘. Toutes ces idées convergentes nous expliquent les locutions si communes d’Es-* prit vivificateur, de vie dans l'Esprit et autres semblables, qui se réfèrent toutes à l’âme de l'Eglise.
Puisque tel est le rôle de l’Esprit-Saint, il faut qu'il ait part
à la naissance du Christ mystique; ou plutôt à sa croissance et à son développement, car le Christ mystique n’est plus à naître. Après avoir dit que le corps humain est un malgré la diversité des membres, l’Apôtre ajoute : « De même aussi le Christ5. » Il parle évidemment du Christ mystique dont la variété et la multiplicité des organes n’empêchent point l'unité. Et il en donne aussitôt pour raison irréfragable que tous ces organes sont unis par le même principe vital : « En effet nous fûmes tous baptisés dans le même Esprit en un même corps. et tous nous fûmes abreuvés d’un seul Esprit. » Quelques commentateurs entendent ces paroles du breuvage euchavistique; mais ce serait une manière de parler bien hardie
1. Rom. 1211 (r@ Ilvebuar béovrec); Gal. 516 ([vepat: nepmateïte); 518 {ei Ivedpart &yeode); 526 (ei Cœuev Iveuar); Rom. 91 (äyovrat Iveüuart). 2. Rom. 81-17, — 3. 1 Cor. 617 : ‘O xokwpevos T@ Kupiw Ev nvedué éorty. 4.2 Cor. 818 : tv aûrhv elxéva uerauoppoüuelx... xafdmep &mè Kupiou
Iveduatoc.
5. 1 Cor. 121? : oütws xai 6 Xptorôs. La Glose, s'inspirant des Pères, commente très bien ce texte : « Caput et corpus dicitur Christus propter ineffabilem unitatem capitis et membrorum. Unus Spiritus facit omnia in membris Christi, sicut una anima videt in oculo, audit in aure », etc.
et bien singulière. L’aoriste grec montre qu'il s’agit d’une action faite une fois pour toutes; et dès lors nous ne pouvons plus penser qu’à la collation du Saint-Esprit par l'imposition des mains, autrement dit à la confirmation. C’est donc le baptême et la confirmation qui nous incorporent au Christ mystique; et cela par un influx de l’Esprit-Saint qui nous met en communication vitale avec la tête et en relation organique entre nous, double rapport que Paul désigne d’un nom très heureux : la communion (xotwwvta) de l'Esprit.
La tête du corps mystique. — Qui dit tête dit prééminence et supériorité, influx vital et communauté de nature, principe d'unité et mesure de perfection. Ce sont en effet les diverses relations que l’Apôtre met en lumière dans les six passages où Jésus-Christ est représenté comme chef de l'Église, discrètement encore et sans appuyer dans l'Epiître aux Colossiens, avec plus de décision et une entière sûreté de touche dans l'Épitre aux Éphésiens. Quelques-uns de ces textes peuvent n’exprimer que la simple prééminence. Quand Jésus-Christ est appelé « chef de toute principauté et de toute puissance »! il est vraisemblable que ce titre n’a pas de relation avec l’allégorie du corps humain ; car, supposé même que la grâce des anges dérive de la médiation du Christ, il manquerait, pour réaliser l’analogie du corps, la communauté de nature. Aussi le Christ est-il nommé chef des anges sans que les anges soient jamais appelés corps du Christ : ce qui prouve qu'il n’est leur chef (xeœxri) que par sa dignité suréminente. Peut-être faudra-t-il entendre de même le texte suivant : « Et il est la tête du corps, de Église; comme il est le principe, le premier-né d’entre les morts, afin qu'il ait la primauté en toute chose ?. » L'idée dominante du passage est la primauté; et il est possible que l’Apôtre en décernant au Christ le titre de chef de l'Eglise n’en ait point ici d'autre en vue, bien que la référence à l’allégorie
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