‹ La théologie de Saint PaulChapitre 204 sur 630 · Col. 210 : 6c éotiv à xepadn néons apxñc Hal Ébovaiae · texte numérisé non relu

Col. 210 : 6c éotiv à xepadn néons apxñc Hal Ébovaiae

2, Col. LI : Koi aûtés Éotiv ñ xepahn ToŸ owpatos, 1 ÉxAÂNTIQS" 05 ÉGTLV GPA TPWTÉTOXOG ÊX TV VEXPOV, va YÉVNTAL ëv mäotv aûTèc rpwteuwv. Dans et ipse est caput corporis ecclesiæ, il n’est pas besoin d’avertir que ecclesiæ est en apposition avec corporis et qu’il faudrait une virgule après ce dernier mot.

du corps soit formelle. Mais dans les quatre passages restants l'idée de prééminence n’est pas la seule ni même la plus saillante. « Dieu l’a donné comme chef incomparable à l’ Église qui est son corps, [c'est-à-dire] le complément de celui qui se complète entièrement en tous » ses membres'. Jésus-Christ, Dieu parfait et homme parfait, a besoin d'un complément pour former le corps mystique. On peut dire qu’à ce point de vue il ne se suffit pas : ainsi la tête, qui centralise toutes les sensations et détermine tous les mouvements, ne peut exercer les fonctions vitales sans un organisme qui la complète et lui soit substantiellement uni. A la rigueur, la tête est le complément du corps au même titre que le corps est le complément de la tête; mais il est naturel que la partie moins noble soit présentée comme le complément de l’autre.

Par une métaphore biblique très usitée, les époux sont une, même chair, un même corps, dont le mari est la tête, « comme le Christ est le chef de l'Église et le sauveur de son corps ? ». Ici la comparaison avec le corps humain se complique d’une allusion aux rapports mutuels des époux. Le Christ et l'Église sont entre eux comme le mari et la femme : d’un côté amour et protection, de l’autre respect et obéissance; mais les époux à leur tour sont entre eux comme la tête et le corps dans le composé humain. Leur union est parfaite : ils sont un même principe d'opérations, une même âme, une même vie, sans dé-

1e Eph. 122-235 : Kai adrov Edwxev nEpaXñv Ürèp mdvta Th ÉnxAnola, ti ÉcTiv To cou aûtob, TÔ TAMpauo ToÙ Ta Tavra Êv TAotv TAnpoumévou. Ce texte soulève quelques difficultés d'interprétation. — 1. Nous prenons ürèip névra comme l'équivalent d’un adjectif qui qualifierait xepañv, « chef éminent, incomparable ». La Vulgate, traduisant super omnem ecclesiam, l'entend de l’universalité « sur toutes choses »., — 2. IDñpwua, plenitudo, expliqué plus haut. — 3. L’incise toù tà navra ëv mäoiv mAnpouuévou peut se traduire de deux manières : Qui omnia in omnibus adimplet (en considérant mnpouuévou comme transitif à la voix moyenne) ou bien : Qui omnimodo adimpletur (en prenant le verbe au passif et tà mavra adverbialement comme xarà Tù mavra). Le premier sens donne une antithèse assez remarquable; mais le second, qui est celui de la Vulgate (qui omnia in omnibus adimpletur, en prenant omnia adverbialement) nous semble préférable puisqu'il rend compte de l'appellation hardie de Tfpope.

2. Eph. 525 : 6 Xprotos uepahn tAc éxxinoiac aûrès owrhp To owmatos. La signification sacramentelle de ce passage et de tout le contexte sera étudiée dans la seconde partie.

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triment de la primauté qui appartient à la tête et qu'elle doit conserver.

Le rôle que saint Paul assigne à la tête, pour en faire le symbole du Christ, est vraiment extraordinaire quand il parle de cet illuminé de Colosses s’abandonnant à ses visions « et n’adhérant pas à la tête par laquelle le corps entier, entretenu et uni ensemble au moyen des contacts et des ligaments, reçoit l’accroissement voulu de Dieu! ». Ainsi le corps reçoit de la tête : 1. son unité (ouu616abouevov) ; 2. son accroissement normal (adker rhv abEnotv rod Ocoù); 3. tout l’influx vital (érr{osnyoumevov), et cela au moyen des communications (&pai, oûvèesux, nerfs, muscles etc.) entre la tête et le corps, dont la condition essentielle d'existence est d'adhérer (xpareiv) à la tête. Dans le texte parallèle ?, Paul ajoute encore quelques traits nouveaux : c’est la tête qui donne à l'ensemble non seulement son unité mais aussi l'harmonie et l'accord qui résultent de la juste disposition des parties; c’est sous l'influence de la tête que le corps prend le développement qui lui convient. En un mot, la tête est aux yeux de Paul le centre de la personnalité, le lien de l'organisme et le foyer de tout influx vital. Il resterait seulement à savoir s’il applique au Christ chef de l'Eglise sa conception scientifique de la tête, ou si au contraire voyant ce qu'est Jésus-Christ par rapport à l’Église, il a eu l'intuition du rôle de la tête dans le corps humain : ce ne serait point alors sa psychologie qui colorerait son langage religieux mais ses idées religieuses qui déteindraient sur son langage psychologique.

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1. Col. 219 : xxi où xpaT@v Tv xepadñv, ÉË où nûv Tr coma Là Toy do xai cuvdéouwy éruyopnyoupevoy xai cuu1Batômevo aûber Thv abËnotv To Oeoù. Sur ce texte voir Abbott, Epistles lo the Ephesians and to the Colossians, Édimbourg, 1897, p. 271-272. L'accord avec le sens (tv xepadñv €€ où) montre que xepahñ est le nom reconnu du Christ.

2, Eph. 4156-16 : adéfowmey elç adrov Tà mévra, 66 Éctiv À xepalñ, Xpiorés ê£ 0Ù nv Tr côua ouvapuoloyoüpevov ai ouéBatémevov a néons dpñc Th ÉTLOpnyias av Evépyetav év mérow Évd: Éxdotou mépous TAv aÜEnouy ToÙ GOATO: mousïrar sic oixodouñv éauroù £v &yéxn. Voir Abbott, op. cüt., p. 123-128. La comparaison de ce texte avec le précédent, si semblable d’expression et d'un tour si différent, est des plus instructives. Elle rend, pour nous,

évidente l'identité d'auteur. Il est impossible de voir dans l’un des deux textes le pastiche ou le décalque de l’autre.

Nous avons à dessein omis le texte : /nstaurare omnia in Christo! (récapituler tout dans le Christ), où nombre d'exégètes — et saint Jean Chrysostome tout le premier? — voient une allusion au Christ chefde l'Église. Ce sens est séduisant. Jésus- Christ ramènerait toutes choses à l'unité et à l'harmonie primitives en les rangeant de nouveau (ävé) sous un même chef qui est lui-même. Malheureusement le verbe grec dérive non de xspalñ mais de xepéhatov. On peut seulement admettre que Paul a été influencé dans le choix de ce mot par l'idée de tête si fondamentale dans cette Epître.

Dans le Christ Jésus. — C’est dans les lettres de la captivité que se présente avec une fréquence exceptionnelle la formule si chère à Paul « dans le Christ » ou « dans le Christ Jésus »* ; et c'est à notre avis la théorie du corps mystique qui en fournit l'explication. Fait curieux et suggestif : Paul ne dit jamais « dans Jésus » ou « dans Jésus-Christ »; il dit toujours « dans le Christ, dans le Christ Jésus, dans le Seigneur ». Il ne parle donc point du Sauveur dans son existence terrestre ni dans ses fonctions de rédempteur et il ne faut pas songer à donner à la particule « dans » le sens causatif de « par », comme pourrait nous y induire l’hébraïsme si connu des Septante. Le mot « dans » garde son sens local et le Christ doit s’entendre non du chef glorifié de l'Eglise mais du Christ mystique comprenant dans son amplitude la tête et les membres, le tronc et les branches, en un mot le sanctuaire vivant de l’Esprit-Saint. Deux raisons favorisent cette interprétation.

1. Saint Jean, qui partage avec saint Paul l'usage de la formule en question, bien qu’il en fasse un emploi beaucoup plus restreint, s’en sert à peu près exclusivement dans l’allégorie de la vigne : « Demeurez en moi et moi en vous... Quiconque demeure en moi et moi en lui, celui-là porte du fruit, car sans moi vous ne pouvez rien. » Mais la vigne allégorique de saint Jean c’est le corps mystique, ou pour mieux dire le Christ mys-

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