‹ La théologie de Saint PaulChapitre 211 sur 630 · Eph · texte numérisé non relu

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vine, le Mystère caché de tout temps et dans tous les âges, mais dévoilé maintenant aux saints, à qui Dieu a voulu faire connaître les glorieuses richesses de ce Mystère parmi les nations, c'est-à-dire le Christ parmi vous, l'espérance de la gloire !. » Ici le Mystère se définit avec plus de concision et d’une manière concrète : c’est le Christ, espérance, propriété et richesse des Gentils. Jadis, étrangers qu'ils étaient au peuple élu, détenteur des bénédictions et des promesses messianiques, ils étaient sans espoir, sans Dieu, sans Christ. Aujourd’hui le Christ leur appartient; il est parmi eux, il est pour eux, comme pour les fils d'Abraham. Voilà le Mystère, le grand secret dont la révélation ou du moins la pleine intelligence était réservée aux temps évangéliques. Saint Paul, on l’aura remarqué, associe toujours la mention du Mystère à des mots qui signifient « comprendre, révéler ou manifester » ; c'est. donc un mystère qui a cessé de l’être, Dieu ayant confié son secret aux apôtres avec mandat de le divulguer.

Faisons un pas de plus et précisons encore la pensée de Paul. Dieu, dit-il, « nous a fait connaître le Mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu'il avait formé en luimême pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses dans le Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre? ». Le Mystère est donc : 1. Un secret dessein de la volonté divine. — 2. Un secret caché jusqu’à la plénitude des temps. — 3. Un secret dont l’objet est la mission rédemptrice du Christ et consistant. en ce que toute la création lui est unie comme à son centre et à son chef. Si le Mystère paraît élargi, c’est que la réconciliation opérée par le sang du Christ est générale. Le péché avait. troublé l'harmonie du monde, semé des haines implacables entre le ciel et la terre et mis toute la création dans un état violent. La mesure de faveur dont Israël avait bénéficié jadis avait divisé encore plus les deux fractions de l'humanité et multiplié les jalousies, les malentendus, les mépris mutuels. Jésus- Christ renverse la barrière; il invite les deux moitiés du genre

humain à n'être plus qu'un peuple; il cimente leur union de plus q

Col. 12427, — 9, Eph. 191,

son sang et il la consacre dans l'intimité indissoluble de son corps mystique. Tel est le Mystère qu'il charge les apôtres d'annoncer au monde.

En résumé, Paul décrit quatre fois le Mystère. Deux fois il montre en quoi il consiste : réunir toutes choses dans le Christ comme sous un chef unique et rendre les Gentils cohéritiers et copartageants des promesses divines; deux fois il en donne la formule : Le Christ source d'espérance et de gloire pour les Gentils, le Christ abîme insondable de sagesse et de science. Toutes ces descriptions reviennent au même : elles désignent le plan, conçu par Dieu dès l'éternité mais révélé seulotient dans l'Évangile, de sauver tous les hommes, sans distinction de race, en les identifiant avec son Fils bien-aimé dans l'unité du corps mystique. Nous sommes si familiarisés aujourd’hui avec cette idée que nous concevons à peine comment elle a pu être l’article le plus caractéristique de la doctrine de Paul au point de s'appeler son évangile; mais cette idée si simple faisait table rase des privilèges et mettait fin aux prétentions séculaires d'Israël. Que l’on songe aux passions qu’elle déchaîna d’abord, même au sein de l’ "Église, aux incendies qu’elle eût allumés sans l'intervention des apôtres, aux persécutions qu'elle suscita au Docteur des Gentils, aux calomnies posthumes qu’elle lui valut dans les écrits judaïsants du second siècle. C’est le soupçon d’avoir violé les droits d'Israël en introduisant un étranger dans le Temple qui motiva son arrestation et son emprisonnement de près de cinq années : aussi aime-t-il à s'appeler le captif de Jésus-Christ pour la cause des Gentils et le martyr de leurs justes revendications ‘.

1. Act. 2128, Le grief des ennemis de Paul est qu’il a prêché contre le peuple juif et contre la Loi. — C’est pourquoi, s’adressant aux Gentils (Eph. 31), il s'appelle 6 Géopoc toù Xpiorod ’Incod Ürëp Duwv Tov é0voy. Il demande aux Colossiens de prier pour lui afin qu’il prêche dignement le mystère du Christ pour lequel il est chargé de chaînes (Col. 45 : à” 6 xoi Gédema). Cf. Eph. 619-20,

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