‹ La théologie de Saint PaulChapitre 217 sur 630 · JIT. RÉSULTATS ET CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

JIT. RÉSULTATS ET CONCLUSIONS

1. On le voit par ce qui précède, les Pères des cinq premiers siècles = à l'exception de l’Ambrosiaster et de Pélage qui ont pourtant conscience d'être en dehors de la tradition commune — sont unanimes à regarder Phil. 26 comme s'appliquant au Christ préexistant, et considèrent par conséquent le dépouillement comme accompli par la volonté divine du Verbe.

9, Ils s'accordent également tous — si l’on fait abstraction de S. Méthode dont le langage manque de clarté — à chercher le dépouillement

du Verbe et l'exemple d’abnégation qu’il nous donne dans l’incarnation elle-même.

3. Un troisième point commun, c’est leur manière d'entendre la forme de Dieu identifiée par eux avec la nature divine. Les uns, comme $. Jean Chrysostome, établissent directement la Synonymie ; les autres, comme S. Basile, la déduisent par raisonnement de ce fait que la forme d’esclave désigne sans contestation la nature humaine. ;

4, Par contre, les Pères se divisent quand il s'agit d'interpréter les mots : 054 épraymèv fyicaro rà eivxt ia Oe&. Tous y trouvent bien, directement ou indirectement, l'égalité du Fils avec le Père; mais, tandis que les Grecs y voient la disposition où est le Verbe de renoncer pour la nature humaine à ses droits, les Latins y voient plutôt l'affirmation de ces mêmes droits. Nous avons dit quelles raisons nous font préférer l’explication des Grecs.

5. On ne peut pas dire non plus qu’ils soient d'accord sur la manière d'expliquer le dépouillement. Sans doute ils repoussent tous l'hypothèse que le Verbe ait pu se dépouiller de sa moppf divine, puisqu'elle est identique ou du moins inhérente à sa nature; mais quelques-uns prennent la xévoois au sens absolu pour « l’abaissement, l’anéantissement » qui résulte de l’union hypostatique, au lieu que d’autres conservent le sens relatif et pensent que le Verbe à renoncé pour la nature humaine aux honneurs divins auxquels il avait droit, à être traité comme Dieu, au vo eivar {ox @e@ qui lui appartenait en tant que Fils de Dieu.

Lightfoot dans son commentaire (Æpisile lo the Philippians 11, 1891, : p. 127-142) a deux longues notes très soignées et très érudites sous ces titres : The synonymes popoà and oyñux et Different interpretations of où &prayuov fyhcato. — La monographie de Gifford (The Incarnation, a study of Phil. u, 5-11, Londres, 1897) est aussi très riche en renseignements. — Cremer, Wôrterbuch der neut. Gracitat?, 1902) est ici peu utile parce que ses explications sont viciées par trois hypothèses insoutenables : 1. Que pop signifie dééa. — 2. Que le mot &prayuéc est actif et veut dire : « er hielt das Gottgleichsein nicht für identisch mit dem Auftreten, dem Handeln eines &pmat ». — 3. Que Jésus-Christ, en s’incarnant, se dépouulla de sa woppñ divine. Cette dernière idée est partagée par le théologiens rationalistes les plus en vue.

Page 1