QUESTION D'AUTHENTICITÉ AG
inutiles et que la foi tient lieu de tout. Il se peut aussi qu’à mesure qu’on s’éloignait des origines l'acte de foi parüt moins indissolublement lié au baptême et à la justification. Les enfants des familles chrétiennes naïissaient candidats au baptême et l’on s’accoutumait peu à peu à regarder la foi comme une habitude surnaturelle, plutôt que comme un acte subit révolutionnant tout l'être moral.
Dans l’autre texte, Paul exhorte Timothée à tout oser et à tout souffrir pour l'Évangile de Dieu « qui nous a sauvés et appelés de sa vocation sainte, non pas selon nos œuvres, mais selon sa grâce et son bon plaisir. Cette grâce, qui nous fut donnée dans le Christ avant les temps éternels, s’est manifestée maintenant par l'apparition de notre Sauveur Jésus-Christ, lequel a brisé le pouvoir de la mort et fait resplendir la vie et l’incorruption au moyen de l'Évangile! ». Presque pas d'expression qui ne soit marquée au coin de Paul : le propos (xpcôscu) ou bon plaisir de Dieu, l’incorruption (4?6wpotx), la destruction (xarapyeiv) de la mort, la locution étrange des temps éternels (xpévot aiwviot) opposés à l’aujourd’hui (vi) évangélique où se manifeste (pavepoÿsûa) la grâce décrétée avant les siècles. Pas plus ici qu'ailleurs, Paul n’envisage la gloire céleste comme le terme direct et ex-
1. 2 Tim. 19 : (®eod) toù owoavroc Aus ual xakEAVTOs xAMGEL Ya, OÙ at rù Éoya AuOv LAN xaTd idluv mpôleor:y xai xAotv, Tv Oobetonv niv év Xptoté ’[ncod Tpù xp6vwY alwviwv, pavepwbeïcav GÈ vov dia This Émipavelas TOÙ out pos Auov Xproroÿ ’Incoÿ, uxrapyñoavros pèv tèv Dvaroy qurioavros È Tv xoù dobapoiav à toù eüxyyeiov. Ici encore il ne sera pas hors de propos de relever quelques rapports entre les Pastorales et les autres Épitres. 1. Ip66:o1 dans ce sens est exclusivement paulinien (Rom. 8?8; 911; Eph. 111; 311; 2 Tim. 19; 310). — 2. ’Aphapoia aussi (Rom. 27; 1 Cor. 1542:50:58:54; Eph. 624; 2 Tim. 110). — 3. Karapyeïv, employé 25 fois par Paul, ne se trouve ailleurs que dans Heb. 214 et Luc. 137; mais l'expression xarapyetv tèv févatoy (1 Cor. 1526; 2 Tim. 110) est doublement remarquable. — 4. Les ypévot aiwvrot (Rom. 625 ; 2 Tim; 1°; Tit. 12) nele sont pas moins. — 5. Le pavepu- Beiouv vov (2 Tim. 110) est aussi à rapprocher du pavepwévros vüv de Rom. 162%; et ces deux passages doivent être attentivement comparés pour l’idée comme pour l'expression. — 6. Ici encore comme dans l’Épitre à Tite et dans les autres Épîtres de saint Paul le salut est présenté comme un fait acompli (rod cwoxvros Au) et identifié avec la vocatio n efficace. — 7. Enfin tout le monde sait que la formule si caractéristique ëv Xpot ’Insod est exclusivement paulinienne. — Les rapports d'idée sautent aux yeux et ils sont si fréquents et si subtils que personne, sans parti pris, n’en fera honneur à un faussaire.