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LA HIÉRARCHIE ECCLÉSIASTIQUE. j 4177
l'Évangile sont les Gtéxovor de Jésus-Christ, les détenteurs du pouvoir civil sont les Giéxova de Dieu et le Sauveur lui-même est le Gtäxovos de la circoncision. En revanche, les chefs de l'Église reçoivent parfois d'autres titres : ceux de Thessalonique par exemple sont qualifiés de présidents (xpoïsrémevor). Le langage est encore hésitant et l'on peut s'étonner qu'il en ait si tôt fini avec ses premières indécisions.
D'un commun accord, on s'arrêta, pour les ministres inférieurs du culte, au nom de diacre de préférence à tous les synonymes. Peut-être GobAos fut-il écarté à cause de ses accointances serviles, üresërns parce qu'il faisait songer au sacristain des synagogues juives, 6epéruv parce qu'il rappelait le custode de certains oratoires idolâtriques. Quoi qu’il en soit, Giéxovoc fut bientôt choisi à l'exclusion de tout autre et il est piquant de voir saint Luc, qui nous raconte l'élection des sept premiers diacres hellénistes, ne pas en faire usage. Chez Paul, le mot diacre a déjà reçu son empreinte hiérarchique ; l'Apôtre salue spécialement les Gtéxovo de Philippes et il énumère les qualités à exiger du Giéxovos pour lui imposer les mains. Nul doute n’est possible : il s’agit bien du diaconat et des diacres.
Pour les fonctions supérieures, les termes les plus généraux, dégagés par leur vague même de toute association d'idées compromettante, étaient aussi les plus convenables. Le mot iepeus faisait penser au prêtre lévitique ou au sacerdos, au sacrificulus païen : il fut écarté. Le mot rpecôbrepos avait l’avantage d’être compris des Juifs qui étaient gouvernés partout, au civil et au religieux, par un conseil d'anciens (rpeo6repor) ; il était également familier aux Grecs qui désignaient par là les membres de certains comités institués pour la célébration des fêtes, le service des temples ou la sépulture des associés. Mais tandis que la communauté de Jérusalem l’employait à l’exclusion de tout autre, les églises de la gentilité ne l’adoptèrent que graduellement et concurremment avec éricxoxoc.
Ce troisième terme était moins précis encore que les deux autres. Il signifie dans l'Écriture « gardien, surveillant, inspecteur, commissaire ». 1l désignait à Athènes des délégués spéciaux, pareils aux harmostes de Sparte, que la métropole envoyait organiser les colonies nouvelles ou les pays de conquête.
PR Tone MST OUR TER L78 THÉOLOGIE DE SAINT PAUL.
En Batanée et dans la Décapole, c'était le titre d'officiers chargés d'administrer les propriétés d’un temple. Ailleurs les fonctions étaient différentes, mais la brièveté des textes nous permet rarement de les déterminer et nous ne saurions dire pourquoi, dans la hiérarchie ecclésiastique, l’éxicxoroc prit rang au degré le plus élevé, au-dessus du rpes@ürepos!. Hâtons-nous d'ajouter que pour saint Paul les deux mots sont entièrement synonymes : ses érioxomot aussi bien que ses rpecGürepor répondent à nos prêtres ?.
Pas d’évêques dans les églises de Paul. — Dans le salut qu'il adresse au clergé de Philippesÿ, il ne distingue que deux classes : les érloxoxor et les diacres. Les premiers, à raison même de leur pluralité, ne peuvent être que les anciens de l'église, car il est inouï qu'une seule ville ait eu plusieurs évêques. Supposé que les érioxorot fussent des évèques, comment expliquer. l'omission du degré intermédiaire? La chose est plus claire encore dans le passage où Paul ordonne à Tite d'établir des mess6ürepor dans chaque ville; il exige qu'ils soient d'une vertu et d’une réputation sans tache, car, ajoute-t-il, il faut que l’éicxoros soit irréprochable. Son raisonnement serait un sophisme si les deux termes n'étaient pas synonymes. Serait-il question du premier degré de la hiérarchie, il ne dirait pas au pluriel : xarù môkv rpecéurépouçt. Autre preuve : ayant mandé à Milet les rpesGbrepor d'Éphèse, c'est-à-dire les chefs de cette église particulière, lesquels n'étaient certainement pas évêques, il les harangue en ces termes : « Veillez sur vous-mêmes et sur tout
1. Textes des auteurs profanes dans Lightfoot, Philippians, p. 95-99.
2. On sait que l’équivalence des deux termes a été reconnue par $. Jean Chrysostome (/n Phil. 11 : Oi npeoédtepor td nalœèdv Éxaloüvro Étisxomot xai Siéxovor Xptotod noi où émioxomor rpeobütepor..… "Olev ai vÜv moXdko ouurpec6urépw Énioxémw ypépouot xai ouvtaxévw. Cf. In 1 Tim. 35), par Théodore de Mopsueste (Zn Phil. 11; Tüt. 17; 4 Tim. 31), par Théodoret, par l’Ambrosiaster (1n Eph. 311; 1 Tim. 38) par Pélage, par $. Jérôme (Epist. 146 : « Cum Apostolus perspicue doceat eosdem esse presbyteros quos episcopos... manifestissime comprobatur eumdem esse episcopum atque presbyterum. » Cf. Epist. 69 et In Tüit. 15), par Ammonius (Cramer, Catena in Act., p. 337) etc. Au contraire, S. Irénée l’ignore et suppose (Hæres IL, x1v, 2) que Paul convoque à Milet les évêques et les prêtres d’Éphèse et autres villes voisines.