‹ La théologie de Saint PaulChapitre 235 sur 630 · Phil. 11, — 4, Tit · texte numérisé non relu

Phil. 11, — 4, Tit

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le troupeau où l'Esprit-Saint vous a établis éticxomo!. » Ainsi, l’on n’en saurait douter, ces deux termes désignent indifféremment les mêmes personnes et s'appliquent aux membres du second degré de la hiérarchie, autrement dit aux prêtres. Il faudra s’en souvenir dans le seul texte qui prête à discussion : « Quiconque désire la charge d’érioxoros désire une œuvre bonne : il faut donc que l’érioxoros soit irrépréhensible?. » Le parallélisme et la liste des qualités à exiger de ce dignitaire montrent assez que l'éxicxomos de l'Épitre à Timothée est le même que celui de l Épitre à Tite et ce dernier, nous l’avons vu, n'est pas un évêque mais un prêtre.

L'auteur des Actes nous apprend que Paul et Barnabé, lors de leur première mission, établirent partout des anciens. Le gouvernement de l'Église primitive ne fut jamais démocrati. que, encore moins anarchique, et l’histoire confirme pleinement le récit des Actes. Six mois à peine après la fondation de la communauté chrétienne de Thessalonique, saint Paul exhorte les simples fidèles à aimer et à vénérer leurs chefs spirituels {: preuve qu'il y avait déjà dans cette église naissante un embryon de hiérarchie. Cependant l'Apôtre n’eut pas l’imprudence d'accorder l'autonomie complète aux églises nouvellement fondées. Les gardant sous sa main et sous sa dépendance, il les gouvernait et les administrait par lui-même ou par ses coadjutears. Dès qu'un péril urgent ou le vœu des intéressés l'y invitaient il intervenait dans leurs affaires. Ses délégués étaient sans cesse en campagne pour visiter et réformer en son nom les églises qui relevaient de lui. Il était l'unique pasteur de l'immense diocèse qu'il avait conquis à la foi du Christ. Ni à Corinthe, ni à Ehilippes, ni à Éphèse, ni à Thessalonique, ni en Galatie, il n’y eut de son vivant d'autre évêque que lui et ses envoyés. Les missions de ses délégués étaient temporaires. Tite, laissé en Crète pour y organiser l’église, avait ordre de le rejoindre dès l’arrivée d’un remplaçant. La position de Timothée à Éphèse n'était guère plus stable. Il s'y trouvait pour un but spécial et l'Apôtre ne tarda pas à le rappeler. En un mot, les églises du ressort de Paul étaient régies par un

1, Act. 2017-28, — 9, ] Tim. 32. — 3. Act. 142%. — 4, 1 Thess. 5??

conseil de dignitaires appelés indifféremment éxioxoxot ou rpecGvrepor, sous la surveillance toujours vigilante et la tutelle toujours active du fondateur ou de ses substituts.

Nomination des prêtres et des diacres. — Il est même douteux que des prêtres et des diacres aient été établis partout dès le commencement. Pour éviter les mécomptes et laisser aux néophytes le temps de faire leurs preuves, il était bon d’attendre quelques années. Au cours de leur première grande mission, Paul et Barnabé n'’établirent des prêtres que dans leur voyage de retour et seulement, à ce qu'il paraît, dans les villes où ils avaient déjà prêché auparavant, à Lystres, à Iconium et à Antioche de Pisidie. Il est possible que les présidents, dont nous constatons l'existence à Thessalonique peu de mois après le passage de l'Apôtre, n'eussent pas encore la qualité de rpecreport. N'oublions pas, qu'exception faite des églises de Chy-, pre et de la Galatie méridionale, aucune fondation de Paul ne précéda son martyre de plus de quinze ou seize ans. L’organisation y devait être encore un peu rudimentaire. La communauté de Philippes était vieille de dix ans à peine quand l’Apôtre y envoyait un salut spécial aux prêtres (érisxomo) et aux diacres. Celle d'Ephèse était plus jeune encore et n'avait guère que trois ou quatre ans quand il faisait ses recommandations aux anciens (mpecôvrepor Où émicxomai). Les charismes suppléaient dans une certaine mesure à l’imperfection de la hiérarchie ordinaire et désignaient sans doute le plus souvent aux apôtres le choix des ministres sacrés.

Du reste, la manière dont se faisaient les désignations nous est inconnue. Les sept premiers diacres hellénistes de Jérusalem furent présentés par les fidèles. Ce fut peut-être un acte de condescendance dicté aux apôtres par le désir d'ôter aux mécontents tout prétexte et tout motif de plainte. Mais Paul et Barnabé semblent n'avoir consulté qu'eux-mêmes, sans aller évidemment à l'encontre des vœux légitimes et sans négliger les indications fournies par les aptitudes des candidats ou par le témoignage du Saint-Esprit. Dans le domaine de Paul, nous ne voyons pas que les simples fidèles aient jamais eu part à l'élection des dignitaires, si ce n’est pour nommer les délégués chargés de la mission particulièrement délicate de porter les

aumônes !. Il est certain que ni Tite ni Timothée n'ont dans leurs instructions de soumettre au peuple le choix ou l’approbation des ministres, bien qu'ils doivent tenir compte de la bonne réputation des ordinands, soit dans l'église soit même au dehors. Si le gouvernement de l’Apôtre n'était ni despotique ni arbitraire, le régime démocratique était peu de son goût.

Il exige du futur diacre des qualités capables de lui assurer l'estime et le respect?. Il veut qu'il soit exempt de trois vices grossiers qui le disqualifieraient complètement aux yeux du public : la duplicité, l’ivrognerie, l’avarice sordide. Une maison mal réglée, des enfants insoumis, une femme peu exemplaire nuiraient à sa considération, entraveraient son ministère, feraient même douter de ses aptitudes aux fonctions délicates du diaconat. Il faut qu’il n'ait été marié qu'une fois, soit pour des raisons symboliques qui nous échappent, soit peut-être parce que la fidélité au premier lien conjugal avait quelque chose de plus honorable. Paul désire encore que le diacre jouisse du prestige résultant de la gravité des manières et de la dignité de la vie. Un stage lui est imposé pour s’essayer à son ministère et il n'y est définitivement appelé que si l'épreuve tourne à son honneur et à la satisfaction commune. Enfin, pour couronner tout, il doit porter « le mystère de la foi dans une conscience pure ». Quel que soit le sens précis de cette locution énigmatique, on demande au diacre une vie exemplaire et non pas seulement l'absence de défauts qui le rendraient inhabile à sa charge, comme les conditions précédentes pourraient le laisser supposer.

Naturellement, on attend beaucoup plus du candidat à la prêtrise. La liste de ses qualités se trouve en double dans les Pastorales, mais avec certaines variantes qu’il n’est pas sans intérêt d'étudier 5. La première qualité, qui semble résumer les autres, est qu’il soit irréprochable et irrépréhensible. Il faut que les infidèles même lui rendent bon témoignage. Comme le diacre — et à plus forte raison — il ne doit avoir contracté qu'un mariage unique. On insiste sur le bon gouvernement de sa maison, sur la conduite édifiante de ses enfants. Paul veut

1. L Cor. 165; 2 Cor. 819. — 2, 1 Tim. 38-18, — 3. Tit. 116; 1 Tim. 327, THÉOLOGIE DE SAINT PAUL, 31

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