‹ La théologie de Saint PaulChapitre 236 sur 630 · EST ; AA : À CET RUE · texte numérisé non relu

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encore qu’il ne soit ni arrogant, ni colère, ni buveur, ni brutal, ni avare, mais qu'il soit au contraire hospitalier, prudent, sobre, capable d’instruire les autres; et aussi, ajoute l'Épitre à Tite, juste, pieux, ami du bien. La double recommandation faite à Timothée de ne pas choisir « un nouveau converti, de peur qu’enflé d’orgueil il ne tombât sous le jugement du diable » et de tenir compte du « témoignage de ceux du dehors », avait son application dans l'église d'Éphèse, vieille d’une dotéaas d’années, mais n'eût peut-être pas été pratique dans les communautés plus jeunes de Crète.

Nous ignorons quelles vertus plus hautes Paul aurait réclamées des évêques, si l'épiscopat monarchique avait existé déjà dans les églises fondées par lui. On peut s'en faire une idée par celles qu’il loue dans Tite et dans Timothée, évêques missionnaires qui lui servaient de coadjuteurs. C’est avant tout le. zèle, la piété, la fidélité, le courage dans l'épreuve, la fermeté dans l’accomplissement du devoir, l'esprit de foi et une vie d’abnégation et de sacrifice.

Nous n’avons pas à parler ici du rite d'inauguration des ministres sacrés. Ce rite, qui fut partout et toujours l'imposition des mains, rentre dans la doctrine générale des sacrements. Voyons seulement si saint Paul met des femmes — vierges, diaconesses ou veuves — dans la hiérarchie ecclésiastique.

Veuves et diaconesses. — Dans le passage de l'Épiître aux Corinthiens où l’Apôtre conseille aux deux sexes la continence et la virginité, il appuie son conseil sur la liberté plus grande qu'ils auront au service de Dieu, sans aucune allusion à une aptitude spéciale pour servir l'Église. Le vœu de virginité est présenté comme un acte de perfection individuelle. Il y a déjà des vierges, mais l’ordre des vierges n'existe pas encore; surtout il n’a pas encore pris place dans la hiérarchie.

La pieuse Phœbé était « servante » (Giéxovos) de l'église de Cenchrées et « patronnesse » (rposrérs) des chrétiens qui avaient affaire à Corinthe et de Paul lui-même ?. Cela veut dire qu'elle

1. 1 Cor. 78-9-39-10, 2. Rom. 161-? : oùoav diéxovoy th Euxdnolac tTñc Ev Kevypeaïs (quæ est in ministerio ecclesiæ). Le mot dtéxovoc dans saint Paul est trop indéterminé

s'était volontairement consacrée au service de l’église et qu’elle usait de son influence au profit de ses coreligionnaires. Dans la terminologie de saint Paul elle avait reçu du Saint-Esprit les charismes de diaconie (dtaxovix) et de secours (ävrtAndis). Phoœbé est appelée êtéxovos, comme Épaphras, comme Tychique, comme les prédicateurs de l'Évangile, comme tous ceux qui servent la cause de la foi; elle n’est pas diaconesse au sens ecclésiastique du mot. Les femmes des diacres dont il est fait mention dans la première à Timothée et qui sont tenues à plus de modestie, de régularité et de piété, pour ne pas compromettre le ministère de leurs maris, ne le sont pas davantage !. Les diaconesses que les mœurs de l'Orient obligèrent à établir en certaines provinces asiatiques ne vinrent que plus tard ?. Il n’y en a point trace dans saint Paul. |

pour être regardé par lui-même comme un terme hiérarchique. Voir la note Y. Nous pensons que les services qui valent à Phœbé l’épithète de Stéxovoc sont indiqués plus bas, 162 : ai yàap aûtn mpootdti nol®v éyevhün où éuod adtoÿ. Elle possédait le don de ôtaxovia (Rom. 127 ; 1 Cor. 125) qui n’a rien de commun avec le diaconat.

1. 1 Tim. 38-10 : Ataxévous Goaÿtwe GELLVOUS... ÉVOVTASs TO LUOTAPLOV TA: T!oteuwc év aap& ouvedñoe (xal oùror È doxualéchwoav Tp&Tov, eîta Ouaxnvelrwonv &véyxAntor ôvrec) yuvatuas bouts oepvés, Là ubélous, vnpahious, ruotèc év nâotiv. Audxovor Écrwozv puäs yuvaxdc &vèpec xt. Le premier accusatif Staxévous dépend de ôet eïvar exprimé plus haut (32), avant les qualités exigées de léxicxoxo:. On se demande si l’accusatif yuvaïxas dépend aussi de Get elve ou bien du participe éyovras qui qualifie les diacres. Dans ce dernier cas, ces femmes seraient tout simplement les femmes des diacres, auxquelles on prescrit une conduite plus exemplaire qu’on demande également aux enfants des dignitaires ecclésiastiques (31-12), Dans le premier cas, elles pourraient avoir rang de diaconesses puisqu’on les énumère après les deux ordres du clergé local. Mais cette hypothèse nous semble tout à fait improbable. En effet, pourquoi Paul appellerait-il ces diaconesses « femmes », au lieu de leur donner le nom de Séxover qui est aussi bien féminin que masculin? Et comment supposer qu’il parle des diaconesses avant d’avoir achevé de parler des diacres, coupant ainsi en deux l’énumération de leurs qualités et de leurs aptitudes? Il faut donc faire dépendre l’accusatif yuvaïxaç du participe Éxovrac et regarder le verset 10 comme une parenthèse. Il y a sans doute une légère négligence de style à rattacher au même verbe deux objets si disparates (ro puothpiov Ts riotews et yuvaïxas); mais personne ne dira que cette négligence soit contraire aux habitudes de Paul. Dans l’autre hypothèse, la négligence et la confusion seraient autrement graves.

9. Elles sont mentionnées dans les Constitutions apostoliques, n, 26; 1x, 15 (Guéxovo:); vint, 19, 20, 28 (taxévisc). Pline le Jeune (Epist. x, 96) fit met-

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