‹ La théologie de Saint PaulChapitre 237 sur 630 · x é L Nr · texte numérisé non relu

x é L Nr

L'institution des veuves au contraire remonte au siècle apostolique. Elles avaient leur prototype dans les pieuses femmes qui accompagnaient Notre-Seigneur de ville en ville et peutêtre dans celles dont certains apôtres, tels que Pierre et les frères du Seigneur, se faisaient suivre !. Paul reconnaît à la veuve pleine liberté de contracter une seconde union, bien qu'il lui conseille en général de rester dans l’état de veuvage?. Ce conseil un peu vague put ouvrir la porte à des inconvénients et l'Apôtre, instruit par l'expérience, se vit contraint de le préciser. Les personnes aisées ont le devoir de recueillir les veuves de leurs familles qui voudraient rester veuves, afin qu'elles ne soient pas à charge à l'Église. Paul nous laisse entendre que des femmes généreuses acceptaient spontanément d'entretenir des veuves à leurs frais pour ne pas grever le budget commun. Quant aux veuves jeunes encore et qui seraient sans ressources, il leur conseille de se remarier ?. Il y avait eu sans doute des abus. Des veuves, attirées par la perspective de l’oisiveté et de l’indépendance, s'étaient fait inscrire sur le rôle de l° Église en faisant profession de veuvage. Mais bientôt, dégoûtées du Christ et sous l'impulsion des désirs sensuels, elles donnaient le triste spectacle de leur légèreté et de leur inconstance, affairées à des riens, courant de maison en maison et scandalisant tout le monde par leur bavardage impertinent. Elles sont coupables d’avoir violé la foi jurée et fourni aux malveillants un Les pour calomnier l'Évangile. Paul veut que désormais on n’inscrive sur les rôles de l'Église (xarasyéoôw) que les veuves d'au moins soixante ans, d’une conduite éprouvée et d'une vie exemplaire, qui ne fassent redouter ni scandale ni inconstance. On rendra aux vraies veuves (raiç ôvrws yrpxtc), qui font profession de veuvage sous la sanction de l’Église, les honneurs que méritent leur état, leurs vertus et les services qu’elles rendent. C'étaient elles sans doute qui, par leurs leçons et leurs exemples, formaient à la piété et aux bonnes mœurs les jeunes chrétiennes; elles aussi, peut-être, qui catéchisaient les

tre à la torture deux servantes (ancillæ) chrétiennes : « quæ ministræ dicebantur ». Ministræ est la traduction latine de Gtéxovor ou Gtaxéviooa. 1. 1 Cor. 96, Cf. Luc. 2349. — 2. 1 Cor. 7392-40, — 3, 1 Tim. 55-16,

néophytes de leur sexe. Travaillant indirectement pour l'autel, elles avaient le droit de vivre de l'autel. L'Apôtre ne leur accorde pas d’autres prérogatives ; lui qui interdisait aux femmes de prendre la parole dans l’église n’était pas disposé à leur assigner une part dans l'exercice des fonctions sacrées.

Résultat de l’enquête. — 1. Dans le domaine de Paul, toutes les églises, dès leur fondation ou très peu de temps après, sont pourvues d’un clergé établi par l’Apôtre ou par ses délégués.

2. Ce clergé se compose de diacres et d'autres personnages nommés indifféremment mpeo6vreoo: OU emioxomot.

3. Les noms auraient pu être synonymes sans que les fonctions le füssent; mais il pouvait se faire aussi que la synonymie des noms s’étendiît aux fonctions. De là, trois hypothèses distinctes : ou bien les dignitaires supérieurs étaient tous évéques; ou bien ils étaient les uns prêtres les autres évêques, quoique les noms fussent communs; ou bien enfin tous étaient seulement prêtres. La première hypothèse, qui avait un moment souri à Petau, outre qu'elle se heurte à des difficultés graves, est absolument dénuée d’appui. La seconde n’est pas mieux fondée. Ce qui distingue l’évêque du prêtre, c'est le pouvoir de l’ordre. Or, nous ne trouvons pas, dans le clergé sédentaire des églises pauliniennes, la plus légère trace de ce pouvoir.

4. Toutes les fois qu'il est question de fonder des églises et d'y établir des prêtres et des diacres, Paul intervient personnellement ou par ses délégués : Timothée, à qui il avait luimême imposé les mains; Tite, son collaborateur le plus actif; probablement Luc, qui semble avoir organisé l’église de Philippes; peut-être Tychique et Artémas, qui devaient relever Tite en Crète; d’autres encore sans doute.

5. Mais il y aurait paralogisme à supposer qu'il en était ainsi dans les autres églises ; et la condition des communautés chrétiennes de Jérusalem, d’Antioche, de Rome, d'Alexandrie et même de Colosses, pouvait différer totalement.

Page 1