III. SITUATION GÉNÉRALE DES ÉGLISES AU PREMIER SIÈCLE
Nous avons dit quelle était l’organisation des églises fondées par saint Paul et fait remarquer qu’il n’en fallait rien conclure pour les autres. La situation générale nous semble bien résumée par M. l'abbé Michiels (L'origine de l’épiscopat, Louvain, 1900, p. 167-168) : « 1° Aucun texte ne dit ni ne laisse entendre que certaines églises n’auraient pas eu d’anciens à leur tête. — 2° Aucun document n’attribue au presbytérat une origine récente, aucun ne fait allusion à diverses catégories parmi les anciens, aucun ne connaît un changement d’attributions. — 3° Les anciens ne constituent pas un rang purement honorifique, n'ayant qu’une notabilité de fait; mais ils exercent des fonctions, ils sont des pasteurs ; ils enseignent et ils gouvernent. — 4° Les anciens apparaissent pour la première fois dans l’histoire à Jérusalem, vers l’époque de la dispersion du collège apostolique; ils existent aussi dans les chrétientés où l'élément juif est représenté. S. Paul a organisé les églises fondées par lui, sous le gouvernement des anciens, et il a été en rapports avec ceux de Jérusalem. L'auteur des Actes, qui a connu les uns et les autres, ne note entre eux aucune différence. S. Pierre, S. Jacques et S. Clément attestent leur existence et leur fonction pastorale. Ainsi tous les témoignages concordent pour faire des anciens de l’Église les pasteurs des fidèles. —
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9° Ils sont institués ar les Apôtres. Sans doute ils sont choisis de préférence parmi les plus anciens disciples, parmi ceux que leur zèle distingue; mais cette notabilité de fait ne suffit pas pour faire un ancien ; les rpecébrepot doivent être établis par les Apôtres, par leurs délégués: ou par leurs successeurs. Leur institution se fait par la communication d’une partie de la mission et du pouvoir apostoliques, conséquemment par l’imposition des mains. — 6° L'ordre sacré des anciens existe dans toutes les . églises apostoliques. » | On peut comparer du côté catholique : De Smedt, L'organisation des églises chrétiennes jusqu’au milieu du III° siècle, extrait de la Revue des questions histor., t. XLIV, 1888; Gobet, De l’origine divine de l’épiscopat, Fribourg (Suisse), 1898; Douais, Origines de l’épiscopat dans Mélanges etc. e offerts à Me de Cabrières, Paris, 1899; Palis, L'évéque dans les livres du « N. T., extrait de la Science catholique, t. XIII, 1899; du côté protestant : Lightfoot, The christian ministry, dans Episile to the Philippians 11, 1891, p. 181-269; Winterstein, Der Episkopat in den drei ersten christl. Jahrhunderten, Leipzig, 1886; Lœning, Die Gemeindeverfassung des Urchristenthums, Halle, 1888; E. von Dobschütz, Die urchristl. Gemeinden, Leipzig, 1902; la traduction par Harnack, avec additions et notes, de Hatch, Geselischaftsverfassung der christl. Kirchen im Altertum, Giessen, 1883. L'étude massive de Réville, Les origines de l'épiscopat etc., Paris, 1884, est trop gâtée par les idées préconçues et lesprit de système pour être vraiment utile. Les ouvrages de Baur, de Ritsch]l, de Rothe, dont l'influence fut jadis si kr ; grande, ne sont plus guère cités que pour mémoire.