De Somniis 1 (Mangey, t. [, p
l'Epître emprunte certainement la première appellation au livre de la Sagesse; et dans Philon c’est l'âme humaine, non le Logos, qui est le yapaxrip de Dieu’. On trouve une analogie frappante dans la manière dont les deux auteurs traitent l'his-
toire de Melchisédec; mais Philon insiste principalement sur
l'offrande du pain et du vin, dont l'Épître ne dit pas un mot, et la ressemblance se réduit en définitive à une étymologie des plus banales, personne n'ignorant que l’hébreu m#nelek signifie roi et que zedeq veut dire justice?. Au reste l’allégorisme des deux écrivains n’a rien de commun : les allégories de Philon ne sont que des symboles moraux rentrant dans le sens accommodatice ; les allégories de l'Épître aux Hébreux, si l’on tient à leur donner ce nom, sont des types prophétiques. La même différence — et plus accentuée encore — existe sur un autre point où l'on cherche en vain des rapprochements. Les deux écrivains opposent souvent le ciel à la terre, le visible à l’invisible, le passager à l'éternel, l’image à la réalité; mais tandis que le philosophe alexandrin se tourne vers le passé et, au delà du monde des phénomènes, contemple le monde des idées, le monde intelligible (xéoos vonrée) qui lui a servi d’archétype, le regard de l’hagiographe est constamment tourné vers l’avenir et les événements de l’histoire juive sont le livre où il lit les destinées de la Jérusalem céleste, éternelle et immuable. Nous ne nous arrêtons pas aux rapprochements de moindre valeur dont plusieurs sont purement imaginaires$. Ne s’est-on pas avisé de prétendre que « la parole de Dieu plus pénétrante qu'un glaive à deux tranchants »{ devait dériver du Adyos roueus
1. Quod deter. pot. insid. (t. I, p. 207). Après avoir dit que l'esprit est l'essence de l'âme (nvedud éotuw À puxñs oÙotæ) Philon ajoute que l'esprit est oùx &épa xtvoÜmevoy &AX& TÜrov Tv nai xapaxthpa elacs uvapeus.