Leg. alleg. x (t. I, p
3. Holtzmann (Lehrbuch der neutest. Theol. 1889, t. IT, p. 294) dit que le Logos de Philon est, comme le Fils de l'Épitre, « « Erhalter und Träger der Welt (13 pépuv à mévra — Quis divin. rerum her. T và ëvro pépuv wat ra mévra yevv@v) ». Il y à là. une double et grave inexactitude. Philon n'écrit pas t& ôvra pépuwv mais Tà A Ôvra pépuv (c’est le texte des manuscrits et des éditions, y compris celle de Wendland); de plus il ne dit pes cela du Logos mais de Dieu.
4. Heb. 412 : Züv yàap Ô A6yos To Oeod xai évepyhs xai Topdtepos Ünèp räcav Layarpay Diotomov.
de Philon? Comme si le Logos diviseur de Philon était autre chose qu’un démiurge occupé à séparer les éléments de la matière chaotique : conception tout à fait étrangère à l'Épitre. La parole plus tranchante qu'un glaive (Adyos rouwrepos) est la parole prophétique atteignant infailliblement son but. Quant au verbe uerpromateiv (modérer ses sentiments ou ses passions), qui appartenait à la langue philosophique de l'époque, il faut être bien à court d'arguments pour soutenir que l’auteur de l'Épitre a dû l’emprunter à Philon!.
Auteur et rédacteur. — Si la dépendance à l'égard de Philon est de plus en plus problématique, à mesure qu’on l'étudie de près, la dépendance à l'égard de Paul — dépendance des idées et non pas des mots — devient de jour en jour plus manifeste. Elle est admise par la généralité des critiques et les voix discordantes ont eu peu d'écho. L’impression qu'on éprouve à une lecture répétée est bien traduite par un des meilleurs connaisseurs de la langue biblique : « La ressemblance des pensées avec celles de Paul saute aux yeux avec une évidence toujours croissante et en même temps on est de plus en plus surpris qu'il se soit trouvé quelqu'un pour attribuer à Paul le style et la diction?. » Nous voilà donc ramenés à l'opinion d'Origène, partagée de nos jours encore par la majorité des critiques et des exégètes tant catholiques qu'hétérodoxes. Origène distinguait entre l’auteur et le rédacteur, en faisant très large la part du rédacteur. Paul aurait fourni les idées, l'inspiration ; un disciple de Paul, connu de Dieu seul, les aurait recueillies de mémoire en y ajoutant les éclaircissements nécessaires *,