‹ La théologie de Saint PaulChapitre 259 sur 630 · De plant. Noe, 5 (Mangey, t. I, p · texte numérisé non relu

De plant. Noe, 5 (Mangey, t. I, p

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modèle avec une idée de causalité que le mot de copie n’éveille pas dans l'esprit. Il y a donc corrélation parfaite entre le rayonnement et l'empreinte : l'un et l’autre nous offrent l'image du Père et l’un et l’autre dérivent du Père. Mais nous dépasserions la portée du texte en lui appliquant la conception philonienne du Verbe effigie de Dieu qui nous marque à son image et nous rend participants à la nature divine.

Fils, rayonnement, empreinte, ce sont des termes presque synonymes par lesquels on essaye de rendre en langage humain l’activité intime de Dieu. Le Verbe est toujours désigné par des noms qui expriment sa procession éternelle et consé-

quemment son aptitude à nous révéler le Père que personne.

n'a jamais vu et que personne ne peut voir, si ce n’est dans le Fils son Image. Mais ce serait une grave erreur de penser qu’en dehors de sa fonction de médiateur et de révélateur le Verbe n’est pas autre chose. Le Fils serait Fils alors même. qu'il n'aurait pas à nous parler du Père; la gloire de Dieu rayonnerait alors même qu'il n'y aurait pas de regard étranger pour contempler ce rayonnement, et il n’en serait pas autrement de l'empreinte que le Père fait de sa substance. Ces titres sont relatifs, mais d’une relation intrinsèque, nécessaire, indépendante de l'existence des créatures. Au contraire ceux de créateur et de conservateur qui nous restent à examiner sont évidemment conditionnés par l'existence des êtres finis. Créateur et conservateur. — Le Fils est créateur du monde :

« Par lui Dieu a fait les siècles ! » et l’on ne peut douter que les

siècles ne soient l’ensemble des choses limitées par l’espace et le temps. Rien ne montre que le sens gnostique d'émanations divines, d’éons, fût déjà en usage à cette époque. L'auteur, du reste, pour couper court à toute équivoque, prend soin de définir les siècles : Fide intelligimus aptata esse sæcula verbo Dei ut ex invisibilibus visibilia fierent?. Les siècles répondent aux mondes de Ja théologie judaïque. Dans le Tal- ER EE SR RE,

1. 12: & où xaÙ ëmoinoev voùs aivvac. Que le à n'indique pas en soi un instrument cela ressort de 210 (à où tà mévra) où cette particule désigne la causalité créatrice du Père.

2. 115. Ce sens est commun dans la Sagesse (13%; 145 ; 181), dans Philon, Josèphe, Clément Romain, etc.

mud, Dieu est appelé créateur des siècles (d6r24 ‘olamim); dans l'Écriture, roi des siècles ou Dieu des siècles !. Ici comme là, les siècles signifient les mondes. Le Fils est aussi conservateur de l'univers : « Il soutient tout de sa puissante parole?, » Si la fonction de créateur paraît subordonnée (3 oë), parce qu'elle se fait selon l’ordre des processions divines, celle de conservateur est présentée comme indépendante et absolue : singularité apparente, car la conservation des choses n’est que le prolongement virtuel de l’acte créateur. Peut-être l'écrivain sacré veut-il nous faire entendre que la médiation du Fils n'implique pas une dépendance et que son activité créatrice n’est pas celle d’un ministre ou d’un instrument.

Quelques Pères ont vu la divinité et l’activité créatrice du Fils dans un texte qu’on peut traduire de deux manières : « Celui qui a disposé toutes choses est Dieu »: ou bien : « c’est Dieu qui a disposé toutes choses ». La seconde traduction nous semble préférable. L'auteur vient d'affirmer que le Christ « apôtre et pontife de notre confession » a été « fidèle à celui qui l’a fait [apôtre et pontife|, comme Moïse dans toute sa maison », c’est-à-dire dans la maison de Dieu. Mais il y a deux différences : l’une, c’est que Moïse a été fidèle en qualité de serviteur et le Christ en qualité de Fils; l’autre, c’est que Moïse est une partie de la maison de Dieu dont le Christ est l’ordonnateur ou le fondateur. Or il est évident que l’ordonnateur d'une maison vaut mieux que cette maison elle-même ou qu'une partie quelconque de cette maison : d’où résulte la supériorité du Christ sur Moïse. lei se place le passage en litige : Omnis namque domus fabricatur ab aliquo : qui autem omnia creavit, Deus est, que nous croyons devoir traduire ainsi : « Car toute maison est disposée par quelqu'un; mais c'est Dieu qui a disposé toutes choses. » Ces mots, ne pouvant pas rendre raison du verset précédent qui est l’évidence même, se rappor-

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