Tim. 117; Tob. 13610; Eccli
nl ÉLE pÉPOY TE Tù TAVTA *$ bipart râc Évydueus aûtoÿ. Paul (Col. 117 : rà mévra v «iTé ouvéoraxev) exprime à peu près la même idée avec encore plus de concision. À
3. 34 : Iläc yèp olxos xatacaeudéetar ÜTÔ Tuvos, 6 OÈ TévVTA xaTaTxEUdou;: O:65. Le mot @eés n’est pas le prédicat mais le sujet de la proposition.
tent donc à l'avant-dernier où il est dit que le Christ a été fidèle à celui qui l’a fait (messager et pontife), comme Moïse dans toute la maison de Dieu. Le Christ, en qualité de pontife, est
bien le fondateur et l'ordonnateur de cet édifice, car son sacri-
fice se répercute dans le passé; mais c’est Dieu qui, en fin de compte, dispose toutes choses et place dans sa maison Moïse à titre de serviteur et le Christ à titre de Fils.
Quoi qu'il en soit de ce texte, le Fils reçoit ailleurs le nom de Dieu, même avec l’article défini : « Votre trône, Ô Dieu, subsiste dans les siècles des siècles !. » L'auteur lui applique sans hésitation les textes de l’Ancien Testament dont le sujet est Jéhovah et qui expriment des attributs spécifiquement divins : « Au commencement, Seigneur, vous avez fondé la terre; et les cieux sont l'œuvre de vos mains; ils périront, mais vous, vous subsistez à jamais?. » Que les anges soient tenus de l’adorer*, c'est la conséquence prévue et nécessaire de sa dignité transcendante. On ne voit pas ce que le prologue de saint Jean et les Épitres aux Philippiens et aux Colossiens ajoutent à cette affirmation expresse de la divinité du Christ.
Homme parfait. — Pour être Dieu, Jésus-Christ n’en est pas moins homme. Encore au sein du Père, le Fils demande qu'un corps lui soit préparé *. Il veut participer à la chair et au sang comme les fils adoptifs 5 et leur devenir semblable en toutes choses hormis le péchéS. Ainsi l'exige son rôle de prêtre7. Il
se soumettra donc à l'épreuve et en sortira vainqueur 8. Il pos-
sédera au suprême degré toutes les vertus : la confiance en Dieu *, la fidélité !°, la miséricorde !!, surtout l'obéissance qu'il apprendra alrégole. de la douleur ?. A part les Évangiles, aucun écrit inspiré ne prodigue davantage les allusions à la vie mortelle de Jésus : descendance de la tribu de Juda ‘3, progrès en grâce et en sagesse l#, signes et prodiges attestant sa mission divine 5, tribulations et persécutions, agonie et prière au jardin des Oliviers ‘6, mort volontaire !7, crucifiement hors des portes de la ville ‘8, Peut-être le nom de Jésus est-il choisi
1. Heb. 189,—9, 110.19, —3, 16, — 4. 1059, — 5, 914, — G. 415; 57.8; 726. — 7. Q17, —8, 218; 41, — 9. 918, — 10, 217; 92, — ]]. 415, — J]2. 778, — 13. 714, — 14, 210, 69; 728, — 15. 24, — 16, 97, — 47. 192. — 18. 1312.
de préférence à celui de Christ! pour mieux inculquer la vérité de la nature humaine. Mais nulle part aussi la communication des idiomes n'est plus parfaite; et le Participavit carni et sanguini, rapproché de Corpus aptasti mihi?, ne vaut-il pas, comme formule théologique de l’incarnation, le Verbum caro factum est de saint Jean ou le Zn ipso inhabitat omnis plenitudo divinitatis corporaliter de l'Épitre aux Colossiens ?
Vie glorifiée. — La vie glorifiée du Christ est représentée comme le fruit de son abnégation et de sa mort. L'ignominie de la croix prélude au règne triomphal. Héritier du monde par droit de naissance, le Fils le devient à un titre nouveau par droit de conquête et il acquiert en même temps le droit de s'associer des cohéritiers. Nous reconnaissons là des idées familières à Paul; mais, à l'encontre de ce dernier, l'Épitre ne mentionne qu’une seule fois, en passant®, la résurrection, tandis qu'elle décrit avec complaisance Jésus, pontife de l'humanité, entrant au sanctuaire céleste à jamais ouvert et s'asseyant à la droite du Père en qualité d'avocat et d'intercesseur ! : — « Ayant accompli la purification des péchés il s’est assis à la droite de la majesté au plus haut » des cieux. — « Nous avons un pontife qui s'est assis à la droite du trône de la majesté dans les cieux, ministre du sanctuaire et du tabernacle véritable. » — « Ayant offert une seule hostie pour les péchés il s’est assis à jamais à la droite de Dieu. » — « Au lieu de la joie qu'on lui offrait il a souffert la croix, comptant pour rien l’ignominie: et il s’est assis à la droite du trône de Dieu’. » Dans les autres écrits du Nouveau Testament, Jésus prend place à la droite du Père comme triomphateur, comme roi, comme juge; dans l'Épitre aux Hébreux c’est surtout en qualité de prêtre et il y continue son office de médiateur.
1. Le mot Jésus seul revient 10 fois, le Christ 9 fois, Jésus-Christ 3 fois; le Christ Jésus jamais. Au contraire, dans saint Paul, Jésus seul est rare et le Christ Jésus très fréquent.
9. 214 et 106. — 3. 1320. — 4. 416; 620; 726; Q11-12-24, — 5, 13; 81; 1012; 122.
Jésus-Christ Pontife. — La comparaison avec les autres médiateurs — prophètes, anges, Moïse — préparait l’esprit au Médiateur suprême, au « grand pontife qui a pénétré dans les cieux ». Le pontife une fois nommé, tout converge vers lui. L'auteur de l'Epitre ne se propose-t-il pas de montrer que le christianisme est la religion parfaite, idéale, définitive: et le niveau d’une religion n'est-il pas marqué par son sacerdoce?
Jésus-Christ est prêtre et pontife : prêtre selon l'ordre de Melchisédec en qualité de médiateur sacré; pontife, comme antitype d’Aaron qu'il supplante !. Mais il n’y a point d’autre distinction entre ces deux titres et le nom de pontife n'implique pas ici l’idée d’une hiérarchie dont le Christ serait le faîte : « Tout pontife, pris parmi les hommes, est constitué représentant des hommes dans les choses afférentes au culte de Dieu, afin d'offrir des oblations et des sacrifices pour les péchés. Il est capable de compatir à ceux qui ignorent et s’égarent pour avoir été lui-même entouré d’infirmité. C’est pourquoi il doit offrir les sacrifices du péché pour lui-même ainsi que pour le peuple. Et personne ne s’arroge cet honneur à moins d'y être appelé de Dieu comme le fut Aaron ?. » Ce n’est point là — on l’oublie trop souvent — une définition du prêtre, ni même du pontife, mais seulement du pontife hébreu. Tous les traits ne conviennent pas à Jésus-Christ ou ne lui conviennent que par analogie, comme le type figure en gros l’antitype avec des imperfections que celui-ci repousse. T'elle qu’elle est, la description peut cependant servir de cadre à une étude sur le sacerdoce du Christ, car elle exprime bien les caractères
nie, NS te NN Sn
L. Jésus-Christ est appelé prêtre (ispei:) selon l’ordre de Melchisédec dans les citations de Ps. 109 [110]4 et les allusions à ce texte (6; 715-2721); il est lepeds péyas êmt Tov oïxov où Oeoù (1021). — Partout ailleurs il est dpyepeôs avec divers qualificatifs 227 (env xoù miotTs), 31 (tic ômohoyiac mov), 414 (uéyac), 415 (uvéuevos ouurabñoo), 519, 620 (xarà tv tativ Meù- A16eûéx), 726 (Gotoc, äxaxos, auéavroc, xtd.), 11 (rGy yevouévov ayab@v).
2. 5-4, Les mots « pris parmi les hommes » ne sont pas restrictifs; ils conviennent à tous les pontifes. Il faut donc entendre : Tout pontife, étant pris parmi les hommes, etc.
essentiels du prêtre : son rôle de médiateur, la communauté de vie qu'il suppose, la vocation divine qui en est la condition, le sacrifice qui en est le but et la fonction primordiale.
Médiation du prêtre. — Le prêtre est avant tout médiateur. « Il est établi pour les hommes dans les choses qui regardent le culte de Dieu. » Si l’homme ne devait à Dieu qu'un culte individuel, il chargerait l'autel de ses propres offrandes, y verserait ses libations et le sang des victimes, sans avoir besoin d'intermédiaire. Mais partout et toujours, dans toute agglomération qui ne faisait pas profession publique d'athéisme, les hommes comprirent qu'ils devaient à Dieu un culte social. Naturellement, le plus digne en était chargé : dans la famille, le père; dans la tribu, le patriarche; dans la nation, le roi. Cependant, dès que la société s'élargit au delà du clan patriarcal, par un instinct qui honore la nature humaine, on confia d’ordinaire les augustes fonctions du sacerdoce à une caste spéciale, dégagée des soucis et des intérêts profanes, gardienne sévère des traditions et des rites, censée plus agréable à la divinité et par là même plus apte à son rôle,
Mais, nous l'avons dit, l’auteur de l’Épitre ne parle pas du prêtre en général. Il ne se demande pas ce qu'aurait été le pré- . tre dans l'état de nature, ni ce qu'il serait si l'humanité n'était pas déchue. Son regard ne sort pas du monde des réalités actuelles et ne dépasse pas l'horizon biblique. Il prend le genre humain tel qu'il est, accablé par la conscience du péché et impuissant à se frayer par lui-même un chemin vers le ciel. Abstraction faite de la barrière que le péché dresse entre Dieu et nous, on ne comprendrait qu’imparfaitement le rôle qu'il assigne au pontife, rôle qui consiste principalement « à offrir des oblations et des sacrifices pour les péchés ». Le prêtre reste bien le représentant des hommes auprès de Dieu, mais en fait il représente maintenant une humanité pécheresse; il est chargé des choses qui regardent le culte de Dieu, mais comme les relations normales entre Dieu et l'homme sont troublées, sa fin première est de les rétablir. Jésus-Christ vient donc sur la terre pour effacer les péchés; il s’incarne parce que Dieu n’agrée pas les sacrifices pour le péché du rite aaronique et son but est atteint dès qu’il a accompli la purification des péchés.
Communauté de nature. — Pour être le mandataire, l’ambassadeur, le chef religieux de l'humanité, le pontife doit appartenir à la famille humaine. C’est en vertu de la solidarité qui nous unit à notre commun père que le péché d'Adam est notre péché; c'est par le même lien de solidarité que la justice du Christ sera notre justice. Saint Paul nous a déjà familiarisés avec cette idée. « Le sanctificateur et les sanctifiés sont tous [fils] d'un même [père]. Puis donc que les enfants participaient à la chair et au sang il ÿ a participé lui aussi... Car ilne vient pas au secours des anges; c’est à la lignée d'Abraham qu'il porte secours. Par suite, il devait se rendre semblable en tout à ses frères. » La complexité de ce passage tient surtout à deux causes : d’abord l’auteur veut expliquer en même temps la nécessité et les convenances de l’incarnation et des autres abaissements du Christ; ensuite au lieu d'aborder la question
de front, comme un dogme à établir, il l’attaque de flanc, comme
une objection à résoudre. En élevant Jésus-Christ à une incom-parable hauteur au-dessus de toute créature, il n’a pu dissimu-
. ler la phase transitoire d'humiliation qui l'abaisse au-dessous des anges. Il répond que le Christ devait partager notre nature
pour être prêtre et nos épreuves pour être prêtre accompli. Non pas qu'il y ait dans le Très-Haut de nécessité véritable; il n'y a que des raisons de convenance et des nécessités hypothétiques; mais du moment que, dans les desseins de Dieu, le Fils doit sauver les hommes par un acte sacerdotal il faut qu'il puisse les appeler ses frères. Autrement il serait leur chef, comme il est le chef des anges; il ne serait pas leur pontife. À ce point de vue « le sanctificateur et les sanctifiés » doivent avoir la même origine. Pour sauver en qualité de prêtre la race d'Abraham, il faut qu’il lui appartienne. Voilà ce qui rend l’incarnation nécessaire; mais d’une nécessité conditionnelle, subordonnée au plan rédempteur de Dieu.
L'Épitre ne sépare pas l'idée du prêtre de celle du prêtre accompli. Le pontife idéal d'une humanité coupable, après avoir revêtu la nature humaine, doit être associé aux souffrances et à la mort qui sont maintenant le partage commun des hommes. « Il convenait à celui pour qui tout existe et par qui tout existe et qui conduit plusieurs fils à la gloire de
consommer par les souffrances l’auteur de leur salut. » En subissant librement la mort, Jésus-Christ ne se propose pas seulement d’ôter tout pouvoir au maître actuel de la mort, à Satan, il veut encore nous délivrer de cette crainte servile de la mort qui nous tenait subjugués. En prenant nos misères et nos infirmités, il se met en état de mieux connaître nos besoins et nos faiblesses, de mieux comprendre nos tentations et nos défaillances, d'y compatir enfin dans ce tempérament achevé qui sait éviter à la fois l’excès d’indulgence et l'excès de rigueur (petptomaeiv). Cependant la ressemblance a une limite. « Nous avons un pontife capable de compatir à nos faiblesses, éprouvé qu'il a été en toutes choses pour nous ressembler [en tout], hormis le péché. » La raison en est claire. Plus le prêtre a le devoir de s'approcher de Dieu pour y attirer ses frères plus il a besoin d’être saint; plus il a pour mission d’expier les péchés plus il convient qu’il en soit luimême exempt. S'il était astreint à sacrifier pour ses propres péchés avant de songer aux péchés du peuple, il aurait besoin d'un autre prêtre pour suppléer à son insuffisance. « Il convenait donc que nous eussions un tel pontife, saint, sans malice, sans souillure, séparé des pécheurs et plus élevé que les cieux. »
Vocation au sacerdoce. — Dans la religion naturelle, le prêtre est désigné soit par sa dignité soit par le choix de ceux qu'il représente : Dieu l'agrée mais ne le nomme pas. Dans la religion surnaturelle il en est autrement. Dieu, lorsqu'il révèle le culte dont il veut être honoré, en confie le dépôt à qui il lui plait. Quiconque oserait sans vocation divine s’ingérer dans les fonctions sacrées du sacerdoce serait un intrus et un usurpateur. Aaron ayant été régulièrement investi du pontificat, avec sa descendance, il faut pour les supplanter un appel exprès du Très-Haut. C’est le cas pour Jésus-Christ : « Il ne s’est pas glorifié lui-même pour devenir pontife; mais celui qui lui a dit : Tu es mon Fils, je t'ai engendré aujourd’hui », l’a appelé au sacerdoce suprême. Bien que le Fils soit Fils dès l’éternité, ces paroles ne lui sont adressées, selon le Psalmiste, qu'au moment où il prend la nature humaine. En se
faisant homme, il est ipso facto consacré prêtre, c'est-à-dire THÉOLOGIE DE SAINT PAUL. 34
dE
. médiateur attitré du genre humain auprès de Dieu. Son Père
va lui confirmer par serment cette dignité : « Le Seigneur l’a juré et il ne s'en repentira point : Tu es prêtre pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédec. » La prérogative exclusive d'Aaron est ainsi révoquée. Mais ce transfert du sacerdoce n
se borne pas à une simple substitution de personnes; il équi-
vaut au changement du sacerdoce lui-même qui, de l'ordre d'Aaron, passe à l’ordre de Melchisédec.
Ordre de Melchisédec. — Ce mystérieux personnage, qui paraît et disparaît dans la Bible comme un météore, n'intéresse l'auteur de l'Épitre que comme type du Christ. Trois circonstances le frappent : l'étymologie des noms, la conduite d'Abraham à l'égard du prêtre-roi de Salem et le silence de l'Écriture relativement à son origine.
Melchisédec signifie « roi de justice » et roi de Salem veut
dire « roi de paix »; or le règne du Messie doit être le règne,
de la paix et de la justice. Melchisédec est prêtre-roi; le Christ aussi est prêtre-roi et notre Épitre, à une exception près, associe toujours sa royauté à son sacerdoce. Le sacerdoce idéal, au terme de son évolution, se trouve ainsi ramené à sa conception primitive. La rencontre du patriarche avec le roi de Salem fournit deux autres détails typiques dont la signification est à peu près la même : Melchisédec bénit Abraham et Abraham lui paye la dîme. C’est un principe reçu que la bénédiction descend du père à l'enfant, du roi au sujet, du
- prêtre au laïque, en un mot du supérieur à l'inférieur. Il n'est
pas moins évident que le payement de la dîme est un acte de sujétion envers une autorité majeure, royauté, sacerdoce ou divinité. Or Melchisédec bénit celui en qui toutes les nations de la terre doivent être bénies et reçoit de lui, en guise de dîme, le meilleur du butin. Par ce double acte, toute la postérité d'Abraham renfermée dans ses flancs, sans excepter les prêtres fils de Lévi, reconnaît virtuellement la supériorité de Melchisédec et, à plus forte raison, de celui dont Melchisédec n’est que la figure. Le silence de l’Ecriture est encore plus fécond en applications typiques. À s'en tenir au récit sacré, Melchisédec est « sans père, sans mère, sans généalogie », ses jours n'ont « ni fin, ni commencement », puisque l’hagio-
LV” PIN OR PLU", or A Du 4 De eye + st Se MU NE ve SLA SENTE OS MECS ST SSSR 4 PTS (> Dr! s' 2 ST Lord. SN F4 *
graphe ne nomme aucun de ses ancêtres et ne mentionne pas davantage l’époque de sa naissance et de sa mort. La généalogie, essentielle pour les prêtres lévitiques, est indifférente pour lui. Possédant le sacerdoce à titre personnel et non par héritage, ni la qualité de ses aïeux ni la patrie de sa mère ne sauraient être un empêchement. Le pontife selon l’ordre de Melchisédec aura le même privilège et sa descendance du sang de Juda ne mettra point obstacle à son sacerdoce. Mais il faut auparavant que la prérogative d'Aaron soit abolie. C’est l’objet du serment de Dieu.
Petau et Bellarmin ont recueilli les textes des Pères qui voient dans le pain et le vin offerts par Melchisédec un type de l’eucharistie. L'auteur de l'Épiître ne pouvait guère s'arrêter à cette signification typique sans compromettre sa thèse et énerver son raisonnement. Il est probable qu’il fait allusion à l'eucharistie quand il dit : « Nous avons un autel dont ceux-là n’ont pas le droit de manger qui restent au service du tabernacle »; mais, tout occupé qu’il est à démontrer que le Christ consomme à jamais les élus par un seul sacrifice, que l’offrande pour le péché devient inutile dès que le péché est surabondamment expié, que l'insuffisance des anciens sacrifices ressort justement de leur répétition, il ne pouvait mettre en relief l'oblation qui se répète et la victime qui s'immole périodiquement sur l’autel, sans s'obliger à expliquer comment le sacrifice eucharistique reproduit, commémore et ne multiplie pas le sacrifice sanglant du Calvaire.
Le silence relatif au sacrifice de Melchisédec a pourtant donné lieu a de graves méprises. On a prétendu que le Christ était, à la fois ou successivement, prêtre selon l’ordre d'Aaron et selon l’ordre de Melchisédec : selon l’ordre d’Aaron par son sacrifice, selon l’ordre de Melchisédec par sa dignité; ou selon l’ordre d'Aaron sur la terre, selon l’ordre de Melchisédec au ciel. On n’a pas réfléchi que, d’après l'enseignement formel de l'Épître, ces deux ordres sont incompatibles, Jésus-Christ ne peut pas être prêtre selon l'ordre d’Aaron s’il succède à l'ordre d’Aaron et s’il n’est prêtre qu’en vertu de l'abolition du sacerdoce aaronique. « S'il était sur la terre — c'est-à-dire si son sacerdoce appartenait à la sphère typique et figurative
où se meut l'ordre d’Aaron — il ne serait même pas prêtre, d’autres étant chargés d'offrir les dons conformément à la Loi !. » Jésus-Christ n’est donc prêtre que selon l’ordre de Melchisédec et il le reste à jamais. Il ne faut pas confondre la dignité sacerdotale avec l'exercice du sacerdoce. Le prêtre ne devient pas prêtre au moment où il offre le sacrifice, car il n’a le droit de l'offrir que parce qu'il est prêtre. La consécration sacerdotale de Jésus-Christ coïncide avec l'incarnation. C’est en entrant dans le monde qu'il dit à son Père par la bouche du Psalmiste : « Vous n'avez pas voulu des sacrifices et des oblations, mais vous m'avez préparé un corps. Les holocaustes et les sacrifices pour le péché ne vous ont pas agréé; alors j'ai dit : Me voici; je viens. pour faire, Ô Dieu, votre volonté?. » La volonté de Dieu est qu'il meure et il mourra à l'heure marquée : ce sera son sacrifice. Mais il est prêtre dès le premier instant de sa vie mortelle et c'est la divinité, comme s'expriment les Pères, qui consacre son humanité.
Sacerdoce éternel. — L’éternité de son sacerdoce se résout par le même principe. Si le prêtre n'était prêtre qu'autant qu'il offre le sacrifice ou qu'il a la possibilité de l’offrir, le sacerdoce du Christ n'aurait qu’une éternité relative et devrait cesser au plus tard le jour où cessera le sacrifice non sanglant qu'il offre, jusqu'à la consommation des siècles, par le ministère de ses représentants. Mais il n’en est point ainsi. Son sacerdoce est éternel parce qu'il le possède « non pas selon la loi d'une institution charnelle mais selon la puissance d’une indissoluble vie ». L'institution charnelle qui fait les prêtres du sang d'Aaron ne vaut que jusqu'à leur mort et la délégation qu’elle confère expire avec la vie; mais l'union hypostatique, qui consacre prêtre le Christ, est indissoluble; et par suite son sacerdoce n’a pas de terme. Les autres ne peuvent rester prêtres toujours, « empêchés qu'ils en sont par la mort; mais lui détient un sacerdoce inamovible, parce qu’il demeure à jamais. toujours vivant afin d’intercéder pour nous { ». De quelque manière qu'on entende cette intercession, il est évi-
1. Heb. 84. — 9, 105-7 citant Ps. 4079, — 3. 716 — 4, 723-256
M Ten dE Van à ORALE Na f Fr & 0 3
dent qu'elle ne cesse pas avec la vie mortelle du Christ et que, par conséquent , la mort n’est pas pour lui comme pour les autres la limite extrême du sacerdoce. En Jésus-Christ, le sacerdoce n’est pas un accident séparable de la personne ; il est médiateur de l'humanité parce qu'il est Homme-Dieu et il est impossible qu'il cesse jamais de l'être. Toujours Jésus pontife sera le représentant attitré du peuple qu'il a sauvé; et toujours il en exercera les fonctions de quelque manière, ne serait-ce qu'en offrant au Père le fruit de la rédemption par une oblation virtuellement éternelle; mais, ne ferait-il point usage de ce pouvoir, il le conserve à jamais et c'est ce qui le constitue grand-prètre pour l'éternité !.
Réalité du sacrifice. — La fonction spécifique du prêtre est le sacrifice : « Tout pontife est établi pour offrir des dons et des sacrifices; c'est pourquoi il fallait que lui aussi eût quelque chose à offrir. » Dans l’état actuel de l'humanité déchue la fin principale du sacrifice est l’expiation du péché et c’est comme expiation du péché que l'Épître aux Hébreux considère le sacrifice du Christ, bien qu’elle mentionne diverses espèces de sacrifices — dons ($%p«), oblations (rpocgopai), immolations (ôucia), holocaustes (6loxaurwmatz) ? — que le sacrifice unique de la croix abolit et remplace.
1. Bien que nous évitions de prendre parti entre les scolastiques, Vasquez nous semble avoir raison contre Lugo lorsqu’il soutient que l’éternité du sacerdoce du Christ est absolue et non pas seulement relative.
2. Le mot ô&pov est associé trois fois sur cinq à fuoia (51 ; 83; 99, toujours avec le verbe rpocpépetv) : ce qui ferait supposer qu'il désigne les sacrifices non sanglants tandis que Ovota désignerait les sacrifices sanglants; mais 114 il est mis pour le sacrifice d’Abel et 85 (ëvrwv Tôv mpoogesévruv xata vétov Tà Ô&pa) il semble comprendre toutes les espèces de sacrifice. — Outre les trois cas où il est uni à ôwpov (51; 83; 99), Guoia est associé à mpoopop (105-8) dans une citation (Ps. 407); il s'emploie seul pour désigner le sacrifice d’Abel (114) et le sacrifice pour le péché soit de l’Ancien Testament soit du Nouveau (727; 923:26; 101-11-12-26); deux fois il est pris au sens métaphorique (1315-16 « hosties de louanges »). — On pourrait croire que zpocyopé uni à fuola et à 6koxoÿtuux dans la citation de Ps. 407 (Heb. 108) est un sacrifice non sanglant, mais il se dit précisément du sacrifice du Christ (1010-14) et du sacrifice pour le péché (1018:
ANRT NT CP Nr
ALT il
EE
PUR ne SUR re ES PORTES IE PA MAT AR TE ATP EE NT h. faste RP ee AY OS TU TENTE D FFSA US | a Kart PU DEPART
Que l’auteur regarde l'immolation du Calvaire comme un sacrifice, où Jésus-Christ est à la fois prêtre et victime, on n'en saurait douter. Il suffit pour s’en convaincre de lire les quatre textes suivants, dont le premier énonce le fait, le second le mode, le troisième l’efficacité, le quatrième la valeur infinie de son sacrifice : « Il n’a pas besoin chaque jour, comme les grands-prêtres [hébreux], d'offrir des victimes, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple; car il l'a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même !. » — « Le sang du Christ qui par l'esprit éternel s’est offert lui-même, [hostie] immaculée, à Dieu, purifiera notre conscience des œuvres mortes pour [nous rendre aptes à] servir le Dieu vivant?. » — « Le Christ, après s'être offert une seule fois pour ôter les péchés de la multitude, apparaîtra une seconde fois, sans péché, pour donner le salut à ceux qui l’attendent®. » — « Ayant offert une seule hostie pour les péchés il s’est assis pour toujours à la droite de Dieu. Car, par une oblation unique, il a consommé pour toujours ceux qui sont sanctifiés À. »
Le sacrifice de l’Expiation. — L’immolation du Calvaire est rapprochée en passant, par voie de contraste, des holocaustes du rituel mosaïque, du sacrifice de la vache rousse, du sacrifice par lequel fut scellée l'alliance du Sinaï. Mais l’auteur ne s'arrête pas à ces analogies; il se hâte d'arriver au plus parfait ou au moins imparfait des rites de l’ancienne Loi, celui du jour de l’Expiation. Célébré seulement une fois par an, en présence de l'assemblée entière, avec l’apparat le plus solennel, le sacrifice de l'Expiation était aussi le seul où le grand-prêtre dût intervenir en personne, et c'était par excellence le sacrifice pour le péchéf. Aucun par conséquent ne figurait mieux le sacrifice du Christ.
mpocgopà népi &apriac). — On voit que l’auteur ne s'attache pas à distinguer les diverses espèces de sacrifices; il n’en retient que la notion générique qu’il trouve vérifiée dans le sacrifice de la croix.