Heb
5. Holocaustes (106:8), vache rousse (6!%), sacrifice de l’alliance (915-25),
6. Lev. 161-534, 2826.52; Num. 297-11, Cf. Ex. 3010; Lev. 259. Pour la tradition juive, voir le traité de la Mischna intitulé Yémd. — Le nom est significatif D227 D, fuépa Daouod (ou éttlaouoÿ), dies expiationum ou propiliationis.
La mise en scène est décrite avec un luxe de détails dont on ne saisit pas toujours l’à propos. Plusieurs traits paraissent indifférents au sens typique. Peut-être l’auteur les signale-t-il pour montrer qu’il apprécie la splendeur du culte national, qu'il prend intérêt à ces souvenirs et qu’il ne se croit pas tenu de rabaisser le passé pour grandir le présent. La division du tabernacle en deux parties, séparées par un voile qui ne se levait qu'une fois par an devant le seul pontife, est essentielle au
type. Elle signifiait, comme l’auteur va l'expliquer, que l'accès
au sanctuaire n'était pas encore ouvert. Le rôle du grand-prê tre, au jour de l'Expiation, était de réconcilier le peuple avec Dieu en offrant le sang des victimes dans le Saint des saints ?, Il ne faut pas scinder en deux cette action unique, le pontife n’entrant ce jour-là dans le Saint des saints que pour y offrir le sang et ne pouvant offrir le sang que dans le Saint des saints. En général le grand-prêtre hébreu n'accomplissait point en personne l'acte de l’immolation et si le texte sacré semble insinuer qu'il frappait lui-même la victime au jour de l’Expiation, il aurait pu le faire par intermédiaire sans changer la valeur ni la signification du rite. Mais il fallait pour ce sacrifice spécial qu'il offrît lui-même le sang et qu'il l’offrit dans le Saint des saints. Ces deux actes, qui n’en sont qu’un, font partie intégrante du même symbolisme. La grande erreur des sociniens fut de diviser ce qui de sa nature doit rester indissolublement uni : Jésus-Christ n'étant prêtre à leur gré que par le sacrifice et le sacrifice du Christ n'étant que l’oblation de son sang faite dans le sanctuaire éternel, il en résultait ce paradoxe, contredit à chaque page de l'Épître aux Hébreux, que la mort du Christ n’est pas un sacrifice, que Jésus-Christ n’est pas prêtre dès ici-bas, qu'il ne le devient qu’en entrant au ciel, le jour de l’Ascension.
L'auteur ne se propose pas d’épuiser la typologie des rites de l’'Expiation. Il ne dit rien du bouc émissaire qui semblait prêter à des rapprochements faciles. Il mentionne en passant, mais dans un autre cadre, la crémation de la victime hors du camp, figure ou symbole du supplice de Jésus hors de la porte.
1. Heb. 91-10, — 9, 97. Cf. Ex. 3010; Lev. 1616, — 3. 1311-12,
En général il s’en tient au rôle du pontife et en fait l'application au Christ par voie de comparaison et par voie de contraste. Mais, comme il fallait s’y attendre, les contrastes dominent. Dans le type rapproché de l’antitype, quatre points essentiels
diffèrent :
1. Les apprêts du sacrifice. Aaron sacrifie pour lui-même avant de s'occuper du peuple; Jésus-Christ, pontife « saint, immaculé, n'ayant rien de commun avec les pécheurs et plus élevé que les cieux », n’a pas à sacrifier pour lui-même puisqu'il est sans péché et toujours en état d'exercer son ministère *.
2. Le lieu du sacrifice. D'un côté, un tabernacle périssable, terrestre, fait de main d'homme, figuratif; de l’autre, un tabernacle éternel, céleste, bâti par Dieu, idéal et parfait ?.
3. La matière du sacrifice. Là, le sang des taureaux et des boucs, d'animaux sans raison; ici, le sang de la victime pure,
du
4. Les fruits du sacrifice. Le grand-prêtre juif pénètre unmoment dans le Saint des saints pour en ressortir aussitôt et il n'a le droit d'y introduire personne; Jésus-Christ entre dans le ciel pour n'en sortir jamais et il y fait entrer à sa suite tous ceux qui participent à son sacrifice. Le sacrifice d’Aaron doit être périodiquement répété parce qu'il n'obtient pas le résultat désiré; le sacrifice du Christ est nécessairement unique parce qu’il répugne à sa perfection d'être renouvelé et que d’ailleurs la mort de la victime unique ne peut avoir lieu qu'une fois.
La relation positive du type à l'antitype tient tout entière dans ce trait que l’un et l’autre pontife s'ouvrent le Saint des saints par le sang de l’expiation. Encore ce trait unique ne doit-il pas être indûment pressé. Au jour de l'Expiation, il s’écoulait un certain temps entre la mort de la victime et l'oblation de son sang sur le propitiatoire, de sorte que ces deux actions indissolublement unies paraissaient distinctes. Dans le sacrifice de la croix, cet intervalle n'existe point : l’oblation