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L'ANCIENNE ET LA NOUVELLE ALLIANCE

forme paradoxale mais non sans quelque ombre de raison on a pu dire que « l’auteur de l'Épitre est un évolutionniste et saint Paul un révolutionnaire... L'un abolit la loi, l’autre la transfigure ! ». Au fond, la différence de point de vue est beaucoup moindre : Paul dépeint admirablement l'harmonie et la connexité des deux Testaments et l’auteur de l'Épitre n’est pas : moins radical que Paul sur l’imperfection et le rejet de la Loi mosaïque. On dirait presque qu'il l’est davantage, car il refuse à la Loi les éloges dont saint Paul est si libéral et il insiste volontiers sur les défauts qui la condamnaient d’avance à périr. C'était une Loi « charnelle », intrinsèquement « invalide et inutile », qui devait par là même être répudiée un jour. Comme elle était incapable de « rien mener à la perfection? » elle ne pouvait avoir qu'un caractère relatif et transitoire : car l’auteur suppose toujours l'existence d’une économie surnaturelle qui ouvre effectivement à l'homme l’accès auprès de Dieu.

Contrastes et harmonies. — L'Ancien Testament par rapport au Nouveau avait trois grands désavantages : 1. C'était un contrat strictement bilatéral sujet, de sa nature, à être résilié. — 2. Les moyens établis pour le resserrer étaient insuffisants. — 3. Enfin il portait en lui-même les caractères d’une simple ébauche et d’une préparation.

L'ancienne Loi était une Gtatfxn au sens d'alliance (éerith) mais pas au sens de testament : la nouvelle est à la fois l’un et l’autre. Or, dès que le testateur est mort, le testament est irré- . vocable. Nous reconnaissons là une idée commune à Paul et au rédacteur de l'Épitre. Un second point de contact entre les deux écrivains c'est que la promesse purement gratuite faite à Abraham et à sa postérité spirituelle tient de la nature du testament — Paul l’appelle aussi Gtxôñxn — en ce qu'elle est un contrat unilatéral par lequel Dieu s’oblige lui-même sans

à son terme (812). Jésus-Christ est le médiateur de cette nouvelle et meilleure alliance, 915 (duxduns mov meotrns éotiv); 1224 (véuc); 816 (xpeirrovos) ; il est le garant d’une alliance meilleure (72? : éyyvos). Entre les mots xouvñ et véa il y a cette différence que celui-ci désigne la nouveauté et celui-là dénote la jeunesse, la vigueur.

1. Ménégoz, La théol. de l’ép. aux Hébreux, Paris, 1894, p. 197 et 190.

9, Heb. 716 (yat véuov évroïñc oupuivnc); 715 (d1à To adrñc &obevèc xai àvwgedés); 719 (oÏ0èv yàp ètekeiwaev 6 vémoc).

subordonner son obligation à aucune circonstance extérieure ‘. Le pacte du Sinaï au contraire était un contrat du genre do ut des, facio ut facias. Si le peuple violait ses engagements, Dieu se trouvait délié des siens : aussi l’histoire sainte n'est-elle qu’une série d’infidélités de la part des Juifs et une série d’a-

. bandons partiels de la part de Dieu, bientôt suivis de réconci-

liations éphémères. Jérémie prédisait la fin de cet état de choses dont l'instabilité indiquait assez le caractère transitoire : « Je conclurai une alliance nouvelle avec la maison d'Israël et la maison de Juda, non pas une alliance comme celle que je fis avec leurs pères au jour oùje les pris par la main pour les faire sortir du pays d'Égypte. Puisqu'ils n’ont pas persévéré

dans mon alliance, moi aussi, je les ai délaissés?. »

Le grand défaut de l’ancien pacte était sa tendance à vieillir et à mourir enfin de sénilité $, tendance qui ne trouvait pas dans les institutions mosaïques de correctif suffisant. Le sacrifice perpétuel avait pour but de symboliser l'alliance et d'en ravi: ver le sentiment à l'esprit et au cœur; les sacrifices pour les péchés, qui atteignaient leur point culminant au jour de l'Expiation, devaient réconcilier les parties contractantes en effaçant le souvenir des infidélités. Mais tout cela ne produisait qu'une « justification de la chair » en vertu d'une sorte de fiction légale, car il est évident que le sang des animaux ne saurait laver le péché ni purifier la conscience.

L'Ancien Testament ne pouvait donc être qu'une ébauche. Le Psalmiste prédit la création d'un nouveau sacerdoce destiné à supplanter le sacerdoce aaronique; il annonce un nouveau

1. Heb. 916-27, — Gal. 317 oppose le testament gracieux fait en faveur d'Abraham et confirmé par Dieu sous serment à l’alliance mosaïque conclue longtemps après (Giabñuny mpoxexvpwpévnv dd ToÙ Oeod….. vôpos aÙx &xvpot).

2. Heb. 88-12 (Cf. 1016-17), citation de Jer. 31%1-34, Dans le texte de Jérémie la principale opposition entre les deux testaments consiste en ce que l'Ancien ayant été violé (oùx évépevav ëv t% àalñxn mov) Dieu use de représailles et se désintéresse de son peuple (xäyo Auéinoa adr&v), tandis que, pour le Nouveau, Dieu s'engage sans condition à être le Dieu de son peuple (coma aürotc ets Osév, xtÀ.), à lui faire miséricorde et à oublier ses iniquités (ews Écopas…. Tv GUaprioy adToy où LA uVnoÜS Ëre).

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