‹ La théologie de Saint PaulChapitre 296 sur 630 · LA LIBERTÉ CHRÉTIENNE DÉMONTRÉE PAR LA JUSTIFICATION (HIT-IV · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ CHRÉTIENNE DÉMONTRÉE PAR LA JUSTIFICATION (HIT-IV

Ce qui répand un peu d’obscurité sur cette partie, c’est qu'il ya au fond un raisonnement latent qu'on pourrait exposer ainsi : « Le chrétien est libre à l’égard de la Loi, si la Loi n’est ni la cause, ni la condition essentielle, ni le complément de la justification. » Cette proposition conditionnelle est évidente pour l’Apôtre qui se contente de prouver la vérité de la condition, à savoir que la Loi mosaïque n’est pour rien dans la justification du chrétien.

1. Preuve d'expérience (Il, 1-6). — Si l’image du Crucifié, exposée aux regards des Galates, ne suffit pas à dissiper leur erreur (1), une simple question leur ouvrira les yeux : D'où leur vient l'Esprit-Saint qu’ils ont reçu au baptême? De la foi ou de la Loi? De la foi sans nul doute, puisqu'ils n’avaient jamais observé la Loi (2). Or, après avoir débuté par l'Esprit, ils voudraient finir par la chair (3-4)! Et

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maintenant encore d’où leur viennent les manifestations prodigieuses de l’Esprit-Saint? Toujours de la foi; la Loi n'y est pour rien (5).

2. Preuve scripturaire. — Abraham, d’après l'Écriture, fut justifié par la foi (6) et c’est aussi par la foi que nous devenons les fils d'A. braham (7). En effet, tous les peuples doivent être bénis en lui (8) ; or, ils ne peuvent obtenir ces bénédictions par le moyen de la Loi, puisqu'elle est, au contraire, une source de malédictions (9-10). Le Christ en prenant sur lui la malédiction de la Loi nous en a exemptés nous-mêmes (11-13), afin que, par la foi, nous ayons part aux bénédictions dont Abraham est le dépositaire (14).

3. Preuve théologique tirée de la nature de la promesse et de la Loi. — À) Les bénédictions promises à Abraham et à sa postérité sont un bienfait gratuit et sans condition, un testament sans clauses rédhibitoires et confirmé par serment (15-16); la Loi est un contrat bilatéral, exigeant l’intervention d’un médiateur, onéreux de part et d’autre et qui d’ailleurs ne confère pas la justice mais au contraire : augmente les prévarications, comme les faits le prouvent (19-22). Il est donc impossible qu’elle survienne, à titre perpétuel, quatre cent trente ans après la promesse gratuite de Dieu et que l'héritage promis à la postérité d'Abraham y soit attaché, car ce serait évidemment annuler la promesse divine (17-18).

B) La même conclusion s’impose, si nous considérons ce qu'est la Loi dans les vues de Dieu. — a) La Loi est le pédagogue qui conduit au Christ (23-24); elle a fini son rôle et doit disparaître quand le pupille atteint l’âge mür, quand il reçoit les effets de la filiation effective. C’est ce qui a lieu au baptême (25-29). — b) La Loi est l'enfance de l'humanité. L'enfant en bas âge est traité comme un serviteur et soumis à des subalternes; mais quand vient l'heure fixée par le père, il est libre et maître de ses actes (IV, 1-2). De même à la plénitude des temps, à l’arrivée du Christ, les Juifs sont émancipés et les Gentils reçoivent la qualité de fils (3-5). La preuve en est dans le nom de Père que le Saint-Esprit leur met aux lèvres (6-7). Comment donc les Galates, éclairés par l'Évangile, songent-ils : à rétrograder à cet état inférieur, qui ressemble par son imperfection à celui dont l'Évangile les a retirés (8-11)? — Ici Paul épanche son cœur et rappelle les soins touchants que les Galates eurent jadis pour lui (12-15). Leur serait-il devenu odieux en leur disant la vérité (16)? Qu'ils se défient des flatteurs (17-18). Pour lui, il les. porte toujours dans son cœur et il voudrait leur dire des paroles de tendresse comme une mère à son nourrisson (19-20).

4. Illustration scripturaire tirée de l'histoire des fils d'Abraham. — Ismaël, fils de la servante, était fils selon la chair, Isaac, fils de

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la femme libre, était fils selon la promesse (21-23). C’est l’allégorie des deux Testaments (24). L’un, représenté par Agar, ne donne me. naissance qu'à des esclaves (25); l’autre, figuré par Sara, ne pro- Les duit que des hommes libres (26-28). La Synagogue persécute l'É-

|A glise, comme Ismaël persécutait Isaac (29); mais Dieu ordonne d’expulser la servante qui n’aura point de part à l’héritage (30-31).

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