L'Apôtre Paul, 59. — 2..[bid., p.67. — 3. [bid., p
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Mais il faut la comprendre autrement qu'on ne l’a fait jus-. qu'ici. Prenons l’évangile de Paul pour ce qu’il a été, non
pas une série de scolastiques formules, maïs la révélation im-
manente et positive du Christ, qui, se faisant incessamment
dans les obscures profondeurs de sa conscience, s'épanouis-
sait en fruits de justice dans sa vie morale, en idées et en
théories dans sa vie intellectuelle !. »
Ainsi Paul a senti son évangile avant de Le penser ; et il l’a pensé comme un phénomène individuel avant de le généraliser et de l’étendre à l’universalité des hommes. « La théologie de Paul a ses racines dans le fait même de sa conversion. On peut dire que chacune de ses idées a été un fait d'expérience intime, un sentiment, avant d’être formulé par l'intelligence. Elle n’est que la traduction immédiate de ses expériences, la sève même de sa vie religieuse et morale, qui, du fond de son âme, montant dans la sphère de l'esprit, achève de s'y épanouir sous la forme de l’idée?. » :
Somerville est peut-être l’auteur qui a le mieux attrapé le jargon mystique de Ritschl. La page suivante, résumé de son livre, nous donnera une idée assez exacte de cette théologie vaporeuse : « Du jour où Paul se livra au Maitre qui s'était emparé de lui sur le chemin de Damas, il se sentit en possession d’une vie nouvelle dans laquelle le Christ était tout pour lui, révélateur de la grâce de Dieu, garant de sa bienveillance et de son pardon gratuit, modèle et principe d’une obéissance au vouloir divin qui jaïllissait des sources profondes de l’affection. En compagnie de ce Maître, il inaugurait une merveilleuse expérience de la vie. La conscience d’être fils de Dieu, spirituellement libre, éloigné de tout ce qui l'avait abaïissé auparavant, capable de réaliser maintenant en sa vie cet idéal sublime qui l'avait jusque-là jeté dans le désespoir, un sentiment ineffable de paix etde puissance morale, tout cela témoignait de la force créatrice à laquelle était désormais soumise sa vie intérieure, et composait l'expérience qui trouve une si fréquente expression dans ses Épitres. Cette nouvelle force était l'Esprit de Dieu infusant dans son âme un amour passionné