Rom. 5 3-5; 8 17-59 ; 19 12-14: 9 Cor
ve
tament; tout au plus peut-on essayer de l’extraire de l'alliage
où il est engagé : mais c’est une opération délicate dont les
critiques radicaux ont seuls le secret”. | Ces théories étranges de l’école hollandaise ont été jus-
qu'ici très mal accueillies en Allemagne et en Angleterre
Les critiques anglais affectent de les ignorer; leurs con-
frères d'Allemagne les repoussent d’un pied dédaigneux.
Harnack a prononcé doctoralement que même les positions de Baur étaient excessives? ; il a prophétisé un revirement prochain dans le sens de la tradition, tout en rassurant ses amis sur les conséquences de ce retour aux opinionsanciennes : « Un jour viendra, dit-il, et nous en voyons déjà poindre l'aube, où l'on s'occupera peu de résoudre les problèmes d'authenticité concernant les écrits de l’Église primitive, parce qu’on reconnaîtra généralement, à peu d'exceptions près, le bien-fondé de la tradition ?. » Acceptons-enl’augure, sans trop y compter cependant. f
La question Paul et Jésus. — Tandis que le paulinisme se volatilisait sous le traitement énergique de la critique
radicale, il subissait par ailleurs une curieuse métamor-
phose. Nous avons vu avec quelle exagération les coryphées de l’école de Tubingue — Baur, Holsten, Weizsæcker, Pfleiderer, Holtzmann lui-même — exaltaient le rôle de Paul et prônaient son originalité, élargissant à plaisir la distance qui le séparerait de Jésus. On avançait comme un axiome incontestable que Paul est le créateur de la théologie, le fondateur ou du moins le second fondateur du christianisme, l'inventeur des sacrements, l’introducteur de l’ascétisme, le premier champion de l'autorité ecclésiastique. Cette charge,
1. B. Kellermann (Krit. Beiträge zur Entstehungsgeschichie des Christentums, Berlin, 1906) est un de ceux-là. D’après lui, le Jésus et le Paul du N. T. n'ont jamais respiré sur la terre ; ce sont des créations de la communauté chrétienne du second siècle, des figures idéalisées symbolisant les conflits de l'Église au sujet des rapports entre l’ancienne et la nouvelle loi.
2, Die Chronol. der altchristl. Litteratur, 1897, p. VII : « Die kritischen Thesen der neuesten holländischen Schule sind für den, der die gesammte altchristliche Litteratur überschaut, einfach unfassbar und kônnen erst dann berücksichtigt werden, wenn ihre Vertreter die ihnen obliegende Aufgabe, Alles neu durchzuarbeiten, consequent durchgeführt haben werden. Einstweilen stecken diese Thesen noch in handgreiflichen Widersprüchen. »