‹ La théologie de Saint PaulChapitre 348 sur 630 · Ibid., p. 9. Cf.la note B:sur la Catéchèse apostolique · texte numérisé non relu

Ibid., p. 9. Cf.la note B:sur la Catéchèse apostolique

les versets 21-23 du chapitre mr. « C’est Dieu qui veut le salut de ses créatures, c’est Christ qui le leur procure, c’est l’homme qui l’obtiendra. Le mobile de Dieu c’est la gréce, l'acte de Christ c'est la rédemption, le moyen de l’homme c'est La foi. » Tel est le programme. La justice que Dieu communique à l’homme se présentant sous une double face, le système se divisera en deux parties : l’une, négative ou polémique, regarde le passé; l’autre, affirmative ou dogmatique, regarde l’avenir. La thèse négative : « L'homme n’est pas justifié sans Christ », comprend trois faits ou trois constatations : 1. Universalité du péché; 2. insuffisance de la loi; 3. désir intime qu'a l’homme de sortir de sa misère. La thèse positive : « Dieu veut le salut de l’homme par Christ », se subdivise en un certain nombre d'articles dont on ne voit guère l’enchaînement ni l’ordonnance. C’est bien, en général, la marche suivie jadis par Usteri; mais, tandis que ce dernier faisait cadrer la théologie de saint Paul avec l’histoire religieuse de l'humanité, le professeur de Strasbourg préfère y voir l'image de la vie même de l’Apôtre partagée en deux périodes « par le fait aussi simple que subit de sa conversion miraculeuse sur le chemin de Damas, conversion qu'on a pu chercher à expliquer par la psychologie, mais qui se présentait toujours à l’esprit de Paul comme un effet direct et immédiat d'une intervention divine, sans que sa mémoire ni sa réflexion y ait jamais reconnu la trace d’une cause naturelle quelconque? ». Au demeurant, Reuss a, comme Usteri, le défaut d'opérer sur une base trop exiguë et d'emprisonner la pensée de Paul, si libre, si vivante, si féconde, dans le lit de Procuste d’une thèse métaphysique. Peu différente est la méthode adoptée par Simar® dans son

1. Histoire de la théologie chrétienne.…., p. 20. — 2. Ibid., p. 16.

3. Th. Simar, Die Theologie des heiligern Paulus ?, Fribourg-en-Brisgau, 1883 (17° édit. 1864).

1* partie. Le besoin de rédemption de tous les hommes : Chap. 1. La doetrine du péché. — 1, L'existence d’un état général de péché (preuve historique et preuve psychologique). — 2. La source commune du péché (le péché originel). — 3. La nature et les suites du péché (le rapport du pécheur à Dieu, la mort, la domination du diable). — 4. Les limites du mal : l'état religieux et moral de l'homme déchu, la possibilité du salut (la connaissance de Dieu, la loi naturelle, la conscience, la liberté). — Chap. 11. La doctrine

ouvrage consciencieux, profondément conservateur, et dont le principal mérite est d'avoir montré la voie aux écrivains catholiques!. Simar est d’avis que, sans exclure les autres lettres, c’est dans l’Épitre aux Romains, la plus dégagée des polémiques, la moins subordonnée aux circonstances extérieures et aux besoins spéciaux des destinataires, qu’il convient de chercher la formule la plus sincère et la plus complète de la doctrine de Paul, de ce que l’on pourrait appeler son système. Il en trouve l’idée fondamentale (Grundgedanke) dans « l’universalité du salut préparé par Dieu à tous les hommes, sans acception de personnes, et qui est également nécessaire à tous ». L'expression la plus pleine et la plus concise de cette thèse serait dans le mot de l’Apôtre : « L'Évangile est un agent de Dieu pour procurer le salut de tout croyant, du Juif d’abord et aussi du Grec; car la justice de Dieu s’y révèle par la foi [et] en la foi », à condition d’en rapprocher les textes qui affirment l’universalité du péché et ceux qui expliquent l’économie de la rédemption. D’après cela, comme Simar le fait justement remarquer, le plan d’une

de la Loi (notion de la Loi; la Loi et la justification; la Loi et la foi, la Loi et le péché; la Loi et la promesse).

2 partie. La rédemption universelle dans le Ghrist : Chap. 1. L'œuvre de la rédemption. — 1. La rédemption comme œuvre du Père (le décret éternel et la plénitude des temps; la rédemption révèle les perfections divines). — 2. La rédemption comme œuvre du Fils (le sacrifice du Christ et la satisfactio vicaria; l'expiation et la nouvelle alliance; la rédemption et la sanctification). — Chap. 11. La personne du rédempteur. — 1. Les deux natures dans le Christ (la divinité; l'humanité; l’union hypostatique). — 2. Les deux états de l’humanité du Christ (leur rapport mutuel; le rapport de l’état glorifié au salut de l’homme; le sacrifice céleste).

3° partie. La rédemption subjective (appropriation individuelle de la rédemption) : Chap. 1. La rédemption comme œuvre du Saint-Esprit. — 1. La nature de la justification. — 2. La foi comme moyen de justification (la foi qui justifie; la foi et les œuvres). — 3. L'élection. — Chap.r1. La communauté des rachetés (propriétés de l’Église ; charismes ; les fonctions ecclésiastiques).

4° partie. La consommation des choses : Chap. 1. Dans l'individu (mort et état intermédiaire; résurrection et glorification). — Chap. 11. En général (parousie ; fin du monde).

1. Simar n'avait eu pour devancier catholique que Gerhauser mentionné ci-dessus. Lutterbeck était bien catholique lorsqu'il écrivait Die neutestam. Lehrbegriffe, etc. (2 vol., Mayence, 1852). mais la part consacrée à S. Paul (t. II, p. 186-238) est fort maigre. Lutterbeck devint plus tard disciple de Hermes et adepte de Baader et mourut, en 1882, vieux-catholique ou néoprotestant. — Deællinger (Christenthum und Kirche, etc., Mayence, 1860) a aussi un chapitre un peu oratoire sur la doctrine de $. Paul.

théologie de saint Paul ne comporterait que deux parties : 1. Besoin de rédemption commun à tous les hommes; 2. fait de la rédemption considéré dans la personne et l’œuvre du rédempteur. Mais des raisons de symétrie lui font scinder en trois cette seconde partie et l'ouvrage comprend alors quatre divisions principales. C'est, en somme, la marche traditionnelle depuis Usteri. Simar ne s’enferme pas aussi strictement que les autres dans le cadre rigide d’une thèse; néanmoins la disproportion de l’ensemble s’atténue sans disparaître, puisque le besoin de rédemption remplit le tiers de l’ouvrage. D'ailleurs les citations longues et fréquentes d’exégètes anciens et modernes laissent trop peu de place aux explications personnelles de l’auteur dont le livré se réduit

presque à des énoncés et à des recueils de textes rangés par ordre de matière. Ajoutons qu'il néglige entièrement la morale, la portion la plus vitale de l’enseignement de saint Paul, sans laquelle le reste est un cadavre et un squelette.

Les caractères communs aux théologies de saint Paul énumérées jusqu'ici sont les cinq suivants : 1. Épitre aux Romains mise à la base de l'exposé doctrinal. — 2. Antithèse entre l'humanité sans le Christ et l'humanité avec le Christ. — 3. Relégation à l’arrière-plan de la personne même du rédempteur. — 4. Système de Paul considéré comme une thèse

ou une série de thèses (Lehrbegriff). — 5. Omission totale de l’enseignement moral.

Travaux contemporains. — De nos jours, les études les

plus remarquables sur l’ensemble de la théologie paulinienne sont celles de Weiss, de Beyschlag, de Pfleiderer et de Feine en Allemagne, d'Auguste Sabatier en France, de Bovon en Suisse et de Stevens dans les pays de langue anglaise. Pfleiderer et Holtzmann relèvent de l’école de Tubingue, Weiss et Feine représentent le luthéranisme, Bovon le calvinisme, Beyschlag le protestantisme indépendant, Stevens l'anglicanisme libéral, tandis que Sabatier professe sans l'avouer le subjectivisme de Kant et de Schleiermacher!.

1. La première édition de Weiss, de Beyschlag et de Sabatier date bien d’une quarantaine d'années, mais ces auteurs ont retravaillé ét quelquefois refondu leur ouvrage dans les éditions suivantes.

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