Cor. 514, Voir la note Ze, p
2. Philon définit d'ordinaire l’homme « un composé, un mélange, un
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deux le moi unique de l’homme; s’il subordonne le corps à
l’âme, comme de juste, il ne le soustrait pas à la personnalité.
L'apparition du péché, décrite aussi conformément aux données bibliques, entraîne une perturbation morale qui détruit l'équilibre de nos facultés. L'homme qui était chair et parce qu'il est matière animée et parce qu’il n’est pas pur esprit, devient chair à un nouveau titre parce que le péché habite en lui. Dès lors, il y a lutte et discorde dans tout son être. Pour rétablir l'harmonie rompue, il faut l'intervention active du Saint-Esprit, dont la présence apporte des propriétés, des fonctions, des relations, en un mot une nature nouvelle qui prend elle-même le nom d’esprit. Avant de pénétrer sur ce terrain spécial, il nous faut étudier l’origine, l’invasion et la domination du péché.
Origine du péché. — La corruption du genre humain, lieu commun de la théologie judaïque, n’était pas sans avoir frappé les païens eux-mêmes !. On sait que les trois premiers chapitres de la lettre aux Romains développent cette thèse : « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu... Tous, Juifs et Grecs, sont sous le [joug du] péché?. » L’Apôtre expose le fait, sans le prouver autrement que par un appel à l’expérience confirmée, pour les Juifs spécialement, par le témoignage de l'Écriture. Le double but qu’il poursuit est de montrer qu'il n'y a point de salut hors de l'Évangileë et que
tissu d'âme et de corps » (De ebriel. 26, Mangey, t. I, p. 372 : ro Quyñc xai couaros Üpacuo à mhéyue à xpäua À 6 T notÈ Ypù takeïv Tout! rà ouvberov t&ov). Pourtant, en dehors des comparaisons signalées, il divise quelquefois l'âme en deux parties (Quis rerum divin. heres, 11, t. T, p. 480 [ày&<]; De migrat. Abrah. 1, t. I p. 436; De agric. 7, t. I, p. 304), en {rois parties, (Leg. alleg. 1, 22: 1, 38, t. I, p. 57 et 110; De confus. linguar. 7, t. T, p. 408: TeuEpñc), ou même en six parties (Quis rerum divin. heres, 45, t. I, p. 504). Ces variations, qui n'empêchent pas sa psychologie de reposer sur la Bible, nous
‘ montrent avec quelle indifférence un Juif pouvait s’accommoder à la termi-
nologie des diverses écoles philosophiques.
1. Pour les Juifs, voir Weber, Jüdische Theol.?, p. 233-239; pour les païens, comparer non pas les satiriques, suspects d’exagération, mais les moralistes et les philosophes, tels que Sénèque, Epist. xcv (tableau général des mœurs paiennes); De beneficiis, 1, 10; De ira, 11, 7 et 8, etc.