‹ La théologie de Saint PaulChapitre 371 sur 630 · Rom. 1 18-28, — 2, Rom · texte numérisé non relu

Rom. 1 18-28, — 2, Rom

3. Sap. 131-117 et 1411-27, Voir ce parallèle dans Sanday, Romans, p. 51- 52, ou dans la dissertation de Grafe (cf. t. I, p. 25, note 1).

k. Eph. 23 : fuefa véxva qÜoer Gpyns ds mal oÙ houxot. — Haupt (Meyer's Kommentar) pense que le verbe %ueôa a pour sujet fmets mävres (V. 2) et embrasse tous les chrétiens; mais alors ot ouxot désigne les non-chrétiens et l'état de péché est affirmé en définitive de l’universalité des hommes, comme dans l’autre explication. — L’exégèse adoptée par &. Augustin en de nombreux passages (Retract. I, x, 3; XV, 6, etc.), a été suivie par plusieurs commentateurs anciens et modernes, 8. Thomas, Estius (ex ipsa nativitatis ori-

quelque manière qu’on les entende, les mots « nous étions par nature fils de colère tout comme les autres » embrassent nécessairement tous les hommes sans exception; en effet, si « nous » désigne les Juifs, selon l'explication commune, « les autres » sont les non-Juifs, c’est-à-dire tous les Gentils ; et si « nous » désigne les chrétiens, comme le veulent certains commentateurs, « Les autres » seront les non-chrétiens, c’està-dire tous les infidèles, qu'ils soient Juifs ou Gentils : dans les deux cas, l'affirmation est universelle. D'autre part, suivant l’analogie biblique, les « fils de colère » sont les hommes dignes de la colère divine et exposés aux coups de cette colère vengeresse. Il ne s’agit donc plus que de fixer le sens du mot «naturellement » ou « par nature » (g5ça). Comme on appelle dispositions naturelles celles que nous apportons en naissant, soit que nous les tenions de l’hérédité ou de toute autre cause,

gine, qua naturam a parentibus accipimus), Bisping (durch unsre natürliché Geburt), etc. Cependant la plupart des commentateurs, depuis S. Chrysostome (mévrec npdrrouev &éta 6pyñs), ont bien vu qu’il ne pouvait pas être quéstion, au moins directement, du péché originel; car : A) Eramus natura filii iræ est expliqué par ce qui précède immédiatement ef nos omnes aliquando conversati sumus in desideriis carnis nostræ, et rien n'indique qu'il y ait une antériorité de fueda par rapport à à&vectpäonuev, sans compter qu’on ne voit pas ce que la mention du péché originel viendrait faire ici. —B) L'Apôtre oppose le passé au présent, l’état malheureux des Juifs autrefois et l’état bienhcureux de ces mêmes Juifs maintenant; or, au point de vue du péché originel, la condition des Juifs convertis est la même des deux cô tés : autrefois ils naissaient avec le péché originel que-la circoncision (ou tout autre remedium naturæ) effaçait, maintenant ils naissent avec le même péché originel que le baptême efface. — C) Le but manifeste de Paul est de montrer que les Juifs étaient autrefois (4we0a) sur le même pied que les Gentils (ç wat of lormot) devant le péché et la colère divine et qu'ils sont maintenant ainsi que les Gentils dans une condition tout autre par un pur effet de la miséricorde de Dieu (2 : Deus autem, qui dives est in misericordia, propter nimiam charitatem suam, qua dilexit nos, etc.). L’antithèse latente de nature n'est donc pas, comme il arrive ailleurs, la Loi (cf. Rom. 214), ni l'adoption théocratique (Gal. 215; Rom. 1124), ni l'éducation (1 Cor. 1114), rien enfin de ce qui distinguait les Juifs des autres nations et les élevait au-dessus d'elles, mais seulement la miséricorde, la grâce de l'économie actuelle. Les Juifs, comme les Gentils, éfaient par nature (ooa), en vertu des inclinations mauvaises héritées du premier père, pécheurs et adonnés aux vices; maintenant comme les païens convertis, ils sont par grâce (1er 24; yépur, 95; cf. 98) vivifiés, ressuscités (25-6), créés dans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres (210), — L'existence du péché originel n’est donc pas directement affirmée ici, mais elle est supposée ; et le mot gôse ne s'explique pas sans celte supposition. En effet il ne peut pas signifier entièrement (omnino, mävruw) Comme l'ont pensé quelques commentateurs anciens, et tout le monde convient que l’exégèse de l'Ambrosiaster est inadmissible (Naturæ cum mala voluntas supponitur fit natura iræ).

saint Augustin pensait que nous étions « fils de colère par nature » comme on est aveugle de naissance ou nègre de race, parce que le péché, sans appartenir à la constitution essentielle de notre être, est héréditaire en nous. Calvin, en se ralliant à cette exégèse, outre à son ordinaire la pensée d’Augustin ; il veut que nous naissions avec Le péché comme le serpent avec son venin. D’autres théologiens protestants vont jusqu’à prétendre que le péché originel est inhérent à notre nature. L'Apôtre ne dit pas cela. Il indique bien clairement ce qui nous rend « fils de colère » : c’est d’obéir « aux désirs et aux volontés de la chair »: c'est, en d’autres termes, de commettre le péché actuel. Quand il ajoute que nous le sommes « par nature », le sens de ce mot doit être fixé par l'opposition explicite ou latente qu'il implique. Or la seule opposition suggérée ici par le contexte est celle de grâce : par la grâce, nous sommes justes, saints, fils de Dieu; par nature, nous sommes pécheurs et fils de colère, c’est-à-dire évidemment par la nature laissée à elle-même et sans l’appoint de la grâce. S'il n’est donc pas directement question du péché originel, on y aboutit par une voie indirecte, comme à la source commune des inclinations mauvaises dont notre nature est maintenant infectée.

L'empire de Satan. — Nous arrivons ainsi à tracer la généalogie du mal. Le règne du péché s'explique par l'abus de la liberté humaine; le mauvais usage de la liberté tient à la corruption de la nature, à la puissance de la chair; la corruption naturelle dérive de la désobéissance d'Adam; mais il faut remonter plus haut encore. D’après saint Paul comme d’après saint Jean, s'inspirant l'un et l’autre du récit de la Genèse et du Livre de la Sagesse, le premier instigateur du péché fut le diable, le serpent infernal, qui séduisit Êve et par Ëve notre premier père, fut homicide dès l'origine et poursuit toujours sans relâche son œuvre de mort!. C’est lui qui suscite des obstacles aux prédicateurs de l'Évangile et des

1. Gen. 31-4 (6 6puc) ; Sap. 224 (pBévew dE SLaÉÉXOU Davaroc cton)0ev etc Tov u6GLOV) ; 2 Cor. 113 (6 dquc Éénmérnoev Eÿav ëv th mavoupyit aÿrod); 1 Tim. 214 (ñ Gè yuva étararnheïon Ev rapabdoer yéyovev); Joan. 84+ (ëxeïvos avhpwroutévos Av à” &pyñc) ; 1 Joan. 38; Apoc. 129, etc.

persécutions aux fidèles; c’est lui qui fomente l’idolâtrie, répand le doute danslesintelligences et souffle la révolte dans les cœurs. Son nom ordinaire est Satan; mais Paul l'appelle aussi Bélial et serpent dans les Épitres aux Corinthiens, diable dans l'Épitre aux Éphésiens, les Pastorales et les Actes!. Tantôt 1l le décrit comme un seul personnage ou comme un être collectif représentant le pouvoir du mal; tantôt il le dissémine en une multitude d’esprits mauvais, habitant les sphères supérieures, les régions aériennes, les ténèbres?. Il est difficile de décider dans quelle mesure l’Apôtre emploie sans l’apprécier le langage recu, car ses formules ne sont pas généralement l’objet d’une assertion expresse et on les retrouve presque toutes dans la théologie judaïque et rabbinique#. Ce qu'il y a de certain c’est que le grand ennemi s’est ainsi créé un royaume qui cherche à faire échec au royaume de Dieu :

Ne devenez pas compagnons de joug des infidèles ; car quel commerce entre la justice et l’iniquité; ou quelle société entre la lumière et les ténèbres, et quel accord entre le Christ et Bélial :

ou quel partage entre le fidèle et l’infidèle, et quel rapport entre le temple de Dieu et les idoles #?

1. Satan: Rom. 1620 (Dieu l'écrasera); 1 Cor. 55 et 1 Tim. 120 (livrer à Satan); 1 Cor. 75 (Satan tente); 2 Cor. 211 (cherche à faire tomber); 1114 (se transforme en ange de lumière); 127 (fait souffleter l'Apôtre) ; 1 Thess. 218 (l'entrave dans ses projets) ; 2 Thess. 29 (pave les voies de l'Antéchrist); 1 Tim. 515 (attire à lui les mauvais chrétiens); Act. 2618, — Le diable : Eph. 611 (machinations); 1 Tim. 36 Gugement); 1 Tim. 37 et 2 Tim. 2% (pièges); Act. 1310 (fil du diable); Eph. 427 (undè Gldore Témov tr Gta66)w). — Bélial : 2 Cor, 615, — Cf. Apoc. 122 : 6 Sp&xwv d méyas, 0 bpie 6 épyaioc, à xadoUwevoc At&60)oc xai 6 Euraväc, Ô nlavüv TAY OxOULÉVNV EAnv.

Page 1