‹ La théologie de Saint PaulChapitre 372 sur 630 · Eph. 22; 612, — 3, Voir la note D», p · texte numérisé non relu

Eph. 22; 612, — 3, Voir la note D», p

h. 2 Cor. 614-16 : M yiveofe étepotuyodvrec ämiotoic*

TÉ YAp WETOYÀ GtxatoGÜVn xal àvouiq,

À Tiç xotVEVÉE pari mpèc cxÉTO;

tés dE cuupovnots Xproroÿ mpoç Beliap,

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tie À ouyraraleot vaÿ Oeoÿ perà eiddwv;

L’interdiction est énoncée dans la première incise ; les motifs le sont dans les cinq suivantes. En quoi consiste la défense ? ‘Etepotuyetv signifie proprement « être accouplé sous le même joug avec un animal d'espèce différente » (par exemple un bœuf avec un âne; cf. Lev. 1119; Deut. 2210: étepétuyos). Les païens portent un joug que les chrétiens ne doivent point partager, auquel ils ne doivent pas s'associer. Paul parle du joug qui caractérise le Païen en tant que païen, du joug du vice dont le païen est esclave. La pro-

dam nié 2.

Tout royaume se déploie dans Le temps et l’espace, occupe un territoire et remplit une époque : le territoire où s’exerce l’empire de Satan c’est ce monde; l'époque qui lui est assignée c’est le siècle présent. Pour les Juifs contemporains des apôtres, le monde présent et le siècle présent étaient deux locutions synonymes qui faisaient pendant au monde à venir etau siècle à venir, c’est-à-dire au règne terrestre du Messie ou au règne céleste de Dieu dans ses saints. Elles tiraient de ce contraste un sens péjoratif plus ou moins marqué suivant les auteurs. Il n’est pas besoin d’être très familier avec la langue de saint Paul pour avoir observé que le monde y désigne rarement l’ensemble de la création matérielle. Le monde c’est souvent la demeure, le théâtre, la condition actuelle de l’homme; plus souvent encore l’humanité présente, faible, aveugle, livrée aux passions, éloignée de sa fin première!. Depuis le péché, le monde est ennemi de Dieu; la sagesse du monde s'oppose à la sagesse de Dieu, l'esprit du monde à l'esprit de Dieu, la tristesse du monde à la tristesse selon Dieu, les choses du monde aux choses de Dieu ?. Paul exprime avec une énergie singulière cette hostilité irréconciliable en disant qu’il est crucifié au monde et que le monde est crucifié pour lui. Le même sens péjoratif s'attache quelquefois au siècle présent en vertu d’une antithèse expresse ou tacite avec lesiècle à venir. Le siècle à venir est l’ère du bonheur sans mélange et sans fin; le siècle présent, en butte aux misères, à la mortetau péché, est pervers dans ses principes et ses tendancesi. Dans ce sens, le monde et le siècle arrivent à être à peu près syno-

hibition est donc générale et ne vise aucune relation spéciale entre chrétiens et païens. — L’Apôtre montre par cinq antithèses l’incompatibilité de la vie chrétienne avec les mœurs païennes: justice et injustice, lumière et ténèbres, le Christ et Bélial, le fidèle et l’infidèle, le temple de Dieu et les idoles. Dans ces contrastes, les deux membres — qui représentent respectivement le christianisme et le paganisme — sont opposés comme le jour et la nuit,

- comme le oui et le non. D’où l’on voit l’à-propos du terme ëtepotuyetv.

1. Au sens d’univers, xéouos ne se trouve guère que dans Rom. 1?0; Eph. 14 (cf, Act. 1724). Dans 1 Cor. 1410; Col. 15; 1 Tim. 67, c'est déjà le monde comme demeure de l'homme. Ailleurs c’est presque toujours l'humanité corrompue. Voir la note F2, p. 158-9.

2. Sagesse (1 Cor. 20:21:21), esprit (1 Cor. 2!?), tristesse (2 Cor. 710). Cf. 1 Cor. 1217-28; 7338-34 (rà rod x6omou... Tù ToÙ xupiou).

3. Gal. 614, — 4, Gal. 14 : ëx To aiwvoc Toù Éveot@tos moynpoÿ.

nymes: cependant la distinction étymologique subsiste et la synonymie n’est pas absolue !.

Le monde ainsi entendu c'est le royaume de Satan; le siècle c’est la durée assignée à son règne. L'Épitre aux Hébreux, saint Jean et saint Paul présentent cette domination sous une formule un peu différente : saint Jean parle de Satan comme du « prince de ce monde? »; l’Épitre aux Hébreux lui attribue « la puissance de la mort? »; saint Paul, renchérissant encore, le nomme le « dieu de ce siècle # ». Après le triomphe final, Dieu sera tout en tous ; mais durant la période de lutte qui s'étend jusqu’à la parousie, l'empire du monde est divisé et le démon revendique sa part de souveraineté. IL rassemble autour de lui les bannis, les révoltés, les transfuges ; il les aveugle par ses sophismes; il les soustrait aux influences de l'Évangile ; il règne entièrement sur eux: ilest leur dieu. Comme sa souveraineté ne peut s'établir et durer que par l'erreur et le mensonge, « le dieu de ce siècle » est un diet de ténèbres : « Revêtez l’armure de Dieu afin que vous puissiez résister aux machinations du diable ; car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les principautés, contre les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits de malice dans les régions célestes5, » Le pouvoir occulte qui nous fait la guerre est concentré d’abord dans la personne de son chef, puis partagé en une foule d'êtres hostiles, « puissances et principautés, princes de ce monde, esprits de malice ». Leur sphère d'action est le monde, les ténèbres, les régions célestes. Si

1. C’est pourquoi Paul peut dire sans tautologie (Eph. 22) : xarà rèv alüva ToÙ xÉGUOU Toto.

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