‹ La théologie de Saint PaulChapitre 380 sur 630 · I. NOTION DU MOT « CORPS · texte numérisé non relu

I. NOTION DU MOT « CORPS

1. Emploi du mot. — Sur 90 cas, le mot < corps » est pris 66 fois au sens vulgaire de corps humain, vivant ou mort; 5 fois, il signifie par extension le corps des plantes et des astres, encore est-ce à l’occasion du corps humain ressuscité (1 Cor. 15°7-10); 15 fois, il désigne au figuré le corps mystique du Christ. Une fois (Col. 21), c’est le corps (la réalité) par opposition avec l'ombre. Trois cas (Rom. 66; Eph. 216; Col. 2 11) restent à discuter. — Chez Homère, oüuæ signifie toujours « Cadavre »; le corps vivant se dit déuas. Mais cet usage changea dans la suite et cûua désigna l'organisme, vivant ou mort, des hommes et des animaux. Pour saint Paul, les deux conditions essentielles sont la variété des organes et l’unité du principe vital.

2. Cas remarquables. — A) Rom. 6° : « Notre vieil homme fut cru- cifié avec lui afin que fût détruit le corps du péché. » Le corps du péché (ro spa ris auaprlac) ne peut guère être que le corps en tant que soumis à l'influence du péché. Le corps n’est pas détruit en lui-même par le baptême; mais il l’est sous cet aspect, comme appartenant au péché; il l'est de telle sorte « que nous ne soyons plus au service du péché ». Comparez les expressions « chair de péché » (Rom. 8), « le corps de la mort » (Rom. 72!), « le corps de la chair » (Col. 24). L'ancienne explication qui voit dans « le corps du péché » l’ensemble, la somme, la totalité du péché, paraît repoussée par le lexique et le contexte. — B) Col. 911: « Vous êtes circoncis d'une circoncision spirituelle [qui consiste] dans le dépouillement du corps de la chair. » Il faut entendre « le corps de la chair » comme le corps du péché; c’est le corps charnel, le corps livré aux instincts de la chair. On peut dépouiller ce corps en écartant la relation qui l’attache à la chair. La même expression, Col. 12? (où il s’agit du corps de Jésus) a un sens tout différent; elle signifie « le corps de chair » au sens propre. — C) Eph. 26 : Le Christ se propose de réconcilier Juifs et Gentils « en un seul corps ». L'expression êv évt owpatt équivaut pour l’idée à els Eva natvèv &vpwrov du verset précédent. Elle désigne donc le corps mystique du Christ et non pas son corps réel crucifié, comme l’ont pensé S. Chrysostome et son école, ainsi que plusieurs exégètes modernes, qui s'appuient sur le passage parallèle (Col. 122 : ëv r@ abpart th oupxde adroÿ).

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