‹ La théologie de Saint PaulChapitre 385 sur 630 · D 2 MER · texte numérisé non relu

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jalousie ; Is. 613 : esprit d’abattement; Os. 4"? : esprit de fornication), elle n’est pas rare dans S. Paul : esprit de stupeur (Rom. 11°, cit. d’Is. 2910), esprit du monde (1 Cor. 212), esprit de crainte (2 Tim. 17). Ce n'est pas le lieu d'examiner si la conception d’un être spirituel, bon ou mauvais, exerçant son influence en l’homme, ne serait pas à l’origine de cette expression. Dans certains cas, comme dans Eph. 2? (spiritus qui nunc operatur in filios diffidentiæ), on hésite entre les deux sens d'influence impersonnelle et d’être personnel. 4

2. L'activité de l’'Esprit-Saint en l’homme ou l’homme sous l'influence de l'Esprit-Saint. Quand S$. Paul dit aux Corinthiens : « Quoniam æmulatores estis spirituum » (1 Cor. 141? : net fnlwtai èote nveuudrwv) il veut évidemment parler des charismes qu’il appelle aussi « dons spirituels » (141 : {nlore tà nvevuatuxé). Ces esprits ou dons spirituels sont, ajoute-t-il, soumis aux prophètes (14%? : spiritus prophetarum prophetis subjecti sunt), parce que les détenteurs de charismes en ont le libre usage. C’est ainsi que s’explique le passage suivant 1 Cor. 141#-I6 : « Nam si orem lingua, spiritus (rveèua) meus orat, mens (vos) autem mea sine fructu est. Quid ergo est? Orabo spiritu, orabo et mente : psallam spiritu, psallam et mente. Ceterum si benedixeris spiritu, qui supplet locum idiotæ, quomodo dicet, Amen, super tuam benedictionem? quoniam quid dicas, nescit. » Il s’agit du charisme de la glossolalie, permettant au néophyte de prier en une langue incomprise de lui-même et de ses auditeurs. Son esprit (c’est-à-dire lui-même sous l'impulsion de l’Esprit-Saint) priait et bénissait Dieu ; mais son intellect était inactif et l’auditeur ordinaire (idiota — le simple chrétien, non doué du charisme d'interprétation) ne pouvait pas s'associer à sa prière et à ses actions de grâce, en répondant amen, selon la coutume. — En dehors des cas assez nombreux où l'esprit signifie la manifestation charismatique de l’Esprit-Saint (1 Thess. 5!° : spiritum nolite extinguere ; 2 Thess. 2? : ut non... terreamini, neque per spiritum [par une énonciation censée prophétique], neque per sermonem neque per epistolam tanquam per nos missam), l'esprit possède les mêmes acceptions qu’au paragraphe précédent avec l'élément surnaturel en plus. Ainsi dans la salutation finale des Épitres, l’Ap ôtre dit indifféremment : Que la grâce soit avec vous (Rom. 1621; 1 Cor. 16%; 2 Cor. 13; Eph. 61*; Col. 418, etc.) ou avec votre esprit (Gal. 6*#; Phil. 4#; 2 Tim. 4*; Philem. 25). La locution « esprit de force, de charité et de tempérance » est calquée sur « esprit de crainte » (2 Tim. 17); «l'esprit de filiation » sur « l’esprit de servitude » (Rom. 8°); de même « l'esprit de foi » (2 Cor. 45), « l'esprit de douceur » (Gal. 6!). La question est de savoir si, dans ces sortes d'expressions usuelles, la relation à l’'Esprit-Saint est toujours distinctement perçue.

3. La personne du Saint-Esprit. D'une façon générale on peut poser en principe que l'Esprit de Dieu, l'Esprit du Christ et l’Esprit-Saint, désignent la personne même du Saint-Esprit et non son action en nous. Cependant la règle paraît sujette à caution (Act. 65 : virum plenum fide et Spiritu sancto ; 1058 : unxit eum Deus Spiritu sancto et virtute; 112: plenus Spiritu sancto et fide ; 13%? : replebantur gaudio et Spiritu sancto), méme pour S. Paul (2 Cor. 6% : in suavitate, in Spiritu sancto, in charitate non ficta [longue énumération de travaux et de vertus, au mi-

lieu de laquelle apparait l’Esprit-Saint]). En tout cas, la règle la plus sûre est d'examiner si des fonctions personnelles sont attribuées à l'Esprit ou s’il est mis en opposition avec les deux autres personnes divines. Mais tous les exégètes proclament à l’envi combien cette distinction est délicate. Deux ou trois exemples nous le montreront.

À) Rom. 82-16 : « ? Lex enim (a) spiritus vitæ... liberavit me a lege peccati et mortis.. *ut justificatio legis impleretur in nobis, qui non secundum carnem ambulamus, sed secundum (6) spiritum. ÿ Qui enim secundum carnem sunt, quæ carnis sunt sapiunt; qui vero secundum (ce) spiritum, quæ sunt (d) spiritus sentiunt. 5 Nam prudentia carnis mors est; prudentia autem (e) spiritus, vita et pax... ° Vos autem in carne non estis, sed in (/f) spirilu; si tamen (g) spiritus Dei habitat in vobis. Si quis autem (k) Spiritum Christi non habet, hic non est ejus. 10 Si autem Christus in vobis est, corpus quidem mortuum est propter peccatum, (1) spiritus vero vivit propter justificationem. !! Quod si (7) Spiritus ejus qui suscitavit Jesum a mortuis habitat in vobis. [Deus] vivificabit et mortalia corpora vestra propter inhabitantem (4) Spiritum ejus in vobis... 13 Si enim secundum carnem vixeritis, moriemini; si autem (l) spiritu facta carnis mortificaveritis vivetis. !* Quicumque enim (m) spiritu Dei aguntur, ii sunt filii Dei. 5 Non enim accepistis (n) spiritum servitutis iterum in timore, sed accepistis (o) spiritum adoptionis filiorum in quo clamamus : Abba (Pater). $ Ipse enim (p) Spiritus testimonium reddit (g) spiritui nostro quod sumus filii Dei. » Sur dix-sept cas, la Vulgate actuelle ne donne une majuscule à Spiritus que quatre fois seulement À 7 4 p, c’est-à-dire lorsque l'Esprit est en opposition personnelle soit avec le Fils (2) soit avec le Père (7 Æ) ou forme antithèse avec notre esprit, notre entendement surnaturalisé (p). Elle écrit spiritus Dei (g et m), prenant sans ‘doute Dei au sens de « Dieu sans distinction de personnes » et corrigeant la Sixtine qui avait adopté la lecon Spiritus Dei. Cornely, lui, voit l’Esprit-Saint dans tous les cas, sauf fi ln o et q. L'examen détaillé de chaque cas serait fort instructif, mais ne peut trouver place ici.

B) Gal. 516-% : « 16 Dico autem : (u) Spiritu ambulate, et desideria carnis non perficietis. 17 Caro enim concupiscit adversus (b) spiritum : (c) spiritus autem adversus carnem... 18 Quod si (d) spiritu ducimini non estis sub lege. 1° Manifesta sunt autem opera carnis.. 2? Fructus autem (e) Spiritus est : charitas.… # Si (f) spiritu. vivimus, (g) spiritu et ambulemus. » D’après la Vulgate, l'Esprit n’est nom propre qu’une seule fois e; car, dans a, Spiritu doit sa majuscule à la ponctuation, comme le prouve g (spiritu et ambulemus). Cornely, peu conséquent

avec lui-même, met des minuscules partout. Il est vrai que le Com-

mentaire sur l'Épitre aux Romains, postérieur au Comment. sur l'Ép. aux Galates, peut corriger tacitement ce dernier. Par contre Lightfoot écrit (Galatians, 1892, p. 210) : « Throughout this passage the rvedua is evidently the Divine Spirit; for the human spirit in itself and unaided does not stand in direct antagonism to the flesh. » Sans doute; mais la question est de savoir s’il s’agit de la personne même du Saint. Esprit ou de son action en nous, de l'Esprit sanctificateur et vivificateur ou de l'âme sanctifiée et vivifiée.

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