‹ La théologie de Saint PaulChapitre 391 sur 630 · DESSEINS DE MISÉRICORDE · texte numérisé non relu

DESSEINS DE MISÉRICORDE

pétéi. On objecte en vain que la volonté salvifique est nécessairement limitée par cette addition : « et que tous parviennent à la connaissance de la vérité » : cette seconde proposition ne pouvant pas être vraie d'une universalité absolue, la première, assure-t-on, peut ne pas l'être davantage. La réponse est aisée : tous les êtres humains n’ont pas l’usage de leur raison, mais tous, sans exception aucune, sont aptes au salut éternel; ainsi, tandis que l’incise relative à la connaissance de la vérité se restreint d'elle-même aux hommes capables de connaitre la vérité, l’autre incise n’est limitée par rien et doit garder, selon les règles d’une saine exégèse, toute son extension. — 3. Dieu veut le salut de tous parce qu’il est le Dieu de tous et que Jésus-Christ, le médiateur universel, s’est livré à la mort pour tous. Comme Dieu est unique, il est nécessairement le principe et la fin suprême de tous les hommes. N’est-il pas naturel qu'il désire les mener tous au terme de leurs destinées? C’est la considération que l’Apôtre a déjà fait valoir dans l’Épître aux Romains?. Qu'on n’objecte pas la déchéance originelle qui, rompant l’harmonie entre Dieu et l'homme, a rendu ce dernier indigne de la bienveillance divine. À côté du Dieu unique, il y a le médiateur universel dont la mission est précisément de rétablir les bons rap-

1. Les six autres explications imaginées par des théologiens prévenus, pour restreindre la volonté salvifique, se réfutent assez par leur simple exposé : A) Dieu veut que fous ceux qui seront réellement sauvés soient sauvés. Vérité de La Palice. — B) Dieu veut que quelques hommes de tout pays et de foute condition soient sauvés. En vertu de quelle exégèse fait-on de «tous » le Synonyme de « quelques-uns »? — C) Tous est hyperbolique et signifie beaucoup. Mais l'Apôtre, en répétant à satiété le mot « tous » s’est chargé de réfuter cette singulière hypothèse. — D) Dieu veut seulement le salut des élus, mais il veut que nous désirions le salut de tous les hommes. Il veut donc nous faire désirer l'impossible et nous faire vouloir ce qu’il ne veut pas lui-même! D'ailleurs, il s’agit dans le texte de ce que Dieu veut et non de ce qu’il veut que nous voulions. — E) Dieu veut le salut de tous en ce sens qu'il fait quelque chose pour fous, bien que ce quelque chose soit insuffisant à les sauver. Cela revient à dire qu'il veut et ne veut pas, en d’autres termes qu'il ne veut pas sérieusement, ou plus simplement qu'il ne veut d'aucune façon. — F) Jésus-Christ, en {ant qu'homme, veut le salut de tous, mais d’un vouloir inefficace, dont il sait l’objet irréalisable, Misérable subterfuge: il n’est pas question de la volonté de Jésus-Christ, mais du vouloir divin. D’ailleurs pourquoi Jésus-Christ, même comme homme, voudrait-il ce que son Père ne veut pas?

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