‹ La théologie de Saint PaulChapitre 392 sur 630 · Rom. 329-530, Cf · texte numérisé non relu

Rom. 329-530, Cf

ports entre la terre et le ciel et qui, en mourant pour tous, leur acquiert à tous un titre — et le même titre — à la miséricorde.

Il est incontestable que l’Apôtre se place dans l'hypothèse du péché originel; car il enjoint actuellement de prier pour tous les hommes, il affirme que Dieu présentement veut le salut de tous les hommes et que Jésus-Christ, une fois pour toutes, est mort pour tous les hommes. Impossible de restreindre sans violence une quelconque de ces trois propositions générales, comme le font ceux qui attribuent à Paul ce raisonnement boiteux : « Priez pour fous les hommes parce que Dieu veut le salut de quelques-uns, attendu que Jésus-Christ est mort pour éous. » Pour être conséquent, il faudrait restreindre à la fois ces trois propositions si étroitement enchainées et dire par exemple : « Priez pour les seuls élus, parce que Dieu veut le salut des seuls élus et que Jésus-Christ est mort pour les seuls élus. » Mais alors on ne resterait. dans la logique que pour verser dans l'arbitraire et dans l’hérésie.

Il ne nous appartient pas de développer les corollaires de cet enseignement. On voit du premier coup d'œil que la réprobation positive de Calvin lui est diamétralement opposée, la volonté antécédente de sauver tous les hommes excluant ipso facto la volonté antécédente d'en damner quelques-uns, même dans l'hypothèse du péché originel; car c'est, nous l'avons prouvé, l'hypothèse où se met l’Apôtre !. En second lieu, une volonté sérieuse et sincère, qui n’est pas une simple velléité, est une volonté désireuse d’obtenir son objet. Or,

1. Nous n'avons jamais pu comprendre comment les défenseurs de la réprobation négative arrivent à éluder notre texte. Cette réprobation est appelée négative soit parce qu'elle s'exprime par une négation (ne pas prédestiner) soit parce qu'elle est la négation d'un bienfait; mais elle consiste dans un acte positif de Dieu : les partisans du système le reconnaissent et, s'ils le niaient, il serait aisé de le prouver. Or la volonté antécédente de refuser le salut éternel à quelques hommes est absolument incompatible avec la volonté antécédente de les sauver tous, car la première volonté détruit la seconde dont elle est-la contradictoire. Et il ne servirait de rien, pour tâcher de mettre ces deux volontés sur un plan différent, de faire appel au péché originel; puisque, d'après saint Paul, la volonté salvifique reste universelle dans l'hypothèse même du péché d’origine. Aucune subtilité d’exégèse n’échappera jamais à cet argument de logique élémentaire et de sens commun.

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