‹ La théologie de Saint PaulChapitre 394 sur 630 · DONS · texte numérisé non relu

DONS

n’obtient pas toujours son effet. Voilà dourquoi nous prions tous les jours que la volonté de Dieu s’accomplisse de plus en plus sur la terre comme au ciel. Rien n'arrive sans quelque intervention de sa volonté. Le mal lui-même ne se produirait pas sans une tolérance de sa part (&voyé)!. Les prophètes,

-en disant que Dieu crée le mal?, veulent parler du mal phy-

sique, châtiment du mal moral; mais saint Paul ne craint pas d'affirmer que Dieu livre les païens à leurs passions, à leurs convoitises, à leur sens réprouvé?. Quand Dieu dirige le mal au bien, en le réparant ou le punissant, on peut dire qu’il le veut d’une volonté virtuellement double, qui d'un côté permet le mal et de l’autre l’ordonne au bienf.

Grâce et libre arbitre. — Josèphe attribue quelque part aux pharisiens de son temps une doctrine analogue à la profession de foi stoïcienne attendant tout de Dieu, excepté la vertu. D’après lui, les esséniens rapportaient tout au destin; les sadducéens, rien; les pharisiens, partie au destin et partie au libre arbitre. Supposé que le destin — idée totalement étrangère à la théologie judaïque — représente ici la providence ou la prédestination, les pharisiens auraient été semi-pélagiens, les sadducéens pélagiens et les esséniens fatalistes. Josèphe, il est vrai, modifie ailleurs son exposé de la théorie pharisienne : « Quoique tout dépende du destin, l’homme n’en reste pas moins libre, Dieu ayant ménagé une sorte de tempérament entre le décret du destin et la liberté de l’'hommeÿ. » Néanmoins, les pharisiens devaient en pratique

1 Rom. 2%; 326. — 2. Is. 457. — 3, Rom. 12#-?8,

Page 1