Voir t. I, p
5. Antiq. Jud. XIII, v, 9 : Où pèv Papioaior Tivà «ai oÙ névra Ths Elapuévne civor Aéyouorv Épyov, tuvà © ép” Éavtoïs Dnépyeuv oupôaiverv te wat où yivecüou. Ici les choses qui dépendent de nous sont opposées à celles qui dépendent du destin. — Au contraire (Antig. Jud. XVIII, 1, 3) le destin s'étend à tout sans préjudice du libre arbitre : Ilpécocofai te elpapuévn ta Tmavra GÉLOUVTE, oùdÈ roû évépuwmelou rù Bourépevoy Th nr” aûroïç dpuñc éparpouvrat. Il se fait un mélange (xpäow) des deux. — Ailleurs (Bell. Jud. IT, vin, 14) le destin et le libre arbitre concourent et coopèrent : Eipaouévn te xal Oe@ mpoodntouot müvra, xal vo pèv medrrev và déxoua mad uh xarà To mheïcrov Ënmi Toic dvbpwmots xEïoor, Bonbetv d els Exaoroy xai Thv eimapuévnv. Mais ici le destin étant distinct de Dieu, qu'est-ce donc que le destin?
diminuer ou atténuer l'initiative divine; la justice n'étant pour eux que l'exécution d’un contrat signé avec Dieu, ils se croyaient quittes de toute gratitude quand ils l'avaient fidèlement observé et se regardaient mème alors comme les créanciers de Jéhovah.
Que Saul ait partagé cette erreur avant sa conversion, rien ne le fait supposer : tant est vif et profond en lui le double sentiment que l’homme ne peut jamais se glorifier en matière de salut et que tout, dans l’ordre surnaturel comme dans l’ordre naturel, dérive de Dieu‘. Mais, s’il ne sacrifie pas au libre arbitre de l’homme le souverain domaine de Dieu, il n’édifie pas non plus le souverain domaine de Dieu sur les ruines du libre arbitre. Les exhortations qui tiennent une si large place dans ses Épitres n'auraient pas de sens au cas où l’homme ne serait pas libre de faire le bien et d'éviter le mal. Rappelons seulement, pour ne pas revenir sur une question si claire, les trois assertions suivantes :, 1. L'homme est responsable de ses actions bonnes et mauvaises; il en doit compte au juge suprême?; il est inexcusable de faire le mal parce qu’il sait qu’en le faisant il est digne de mort? et parce que Dieu, non content de lui donner la notion du bien, fait de son côté tout ce qu’il faut pour l’y conduire. — 2. L’acceptation de la foi est un acte d’obéissance agréable à Dieu; l’incrédulité est un acte de révolte, de mépris, d'obstination etd’endurcissement volontaire qui attire la colère divineÿ : or qui dit obéissance ou désobéissance dit liberté. — 3. Mais ni l’infidèle n’est perdu sans retour ni le fidèle sauvé qu’en espérancef : l’un doit toujours craindre et l'autre peut toujours espérer. Le salut du croyant n’est assuré que du côté de Dieu, il est conditionnel du côté de l’homme, « s'il persévère dansla foi? »; pareillement la perte de l’incrédule n’est certaine que s’il s’obstine dans l’incrédulité ; qu'il revienne à résipiscence, ilsera sauvé à son tour$.
Chose remarquable, Paul réunit dans la même phrase les
1. Rom. 1156. — 9, Rom. 212-16; 1410; 2 Cor. 510, etc. — 3. Rom. 1°2.
4, Phil. 212-183, — 5, Rom. 9%, — 6. Rom. 8°#.
7, Rom. 112? (éàv émmévne t9 xpnotérnte) ; Col. 128 (et ye émipévere xÿ miorer)- 8. Rom. 112% (ëdv un énuuévooty th &nuoti à).
deux idées qui semblent contradictoires à tant de théologiens hétérodoxes, sans paraître en apercevoir l’antinomie : « Travaillez à votre salut avec craïnte et tremblement, car c’est Dieu qui opère en vous le vouloir et le faire, pour son bon plaisir!. » L’Apôtre exhorte les fidèles à procurer leur propre salut (rhv Eaurüv curnplav xarepydteofe), car c'est une œuvre personnelle qui dépend d’eux et ne se fera pas sans eux. Ils doivent travailler à cette œuvre avec crainte et tremblement, parce qu'il y va de leur bonheur ou de leur malheur éternel et que personne n'est garanti contre les défaillances de sa volonté. Non content d’enjoindre la crainte aux autres?, Paul l’éprouve lui-même; il sait que, pour n’avoir conscience de rien de mal, il n’est pas sûr d’être justifié’; il meurtrit son corps et le tient en esclavage de peur qu'après avoir prèché aux autres il ne soit lui-même réprouvéé. Cependant,
1. Phil. 212-135 : perà g66ou xai tpépou Tv ÉaUTOV GwTnpÉxv xatepydteohe Oedc-yép Éoriv 6 Évepyüv év dpiv xa To BÉkerv xai Td évepyetv Ünéo Th eudoxiac. — A) Les mots #660c et rpéuos sont souvent mis ensemble (Gen. 92; Ex. 1516; Is. 1916; 1 Cor. 23; 2 Cor. 715; Eph. 65) et leur union ne semble pas renforcer beaucoup l’idée. L'Apôtre paraît faire ici allusion à Ps. 211 : Aoudebcare 16 xupio év pé6w xal dyalliäofe aûrp Ëv Tpépp. — B) Le verbe composé xarepyétestar signifie : « accomplir, achever, conduire à bon terme » : usque ad metam (Bengel, Gnomon), car le salut des fidèles est déjà commencé. — C) Le lien entre le v. 12 et le v. 13 (yép) est assez difficile. Il y a sur ce point une monographie de Schäder (Der Gedankeninhalt von Phil. 2, 12-13, dans Greifswalder Studien, 1895). Le verset 13, dit le P. Lemonnyer (Épiîtres de saint Paul, Paris, 1905, t. II, p. 21-22), « se présente comme la justification du conseil formulé au v. 12. Le sens en demeure obscur. Les Philippiens doivent-ils craindre et trembler parce que Dieu veut leur salut, agit en eux à cette fin et que, s’ils.ne correspondent pas à l’action et au désir de Dieu, ils encourront sa colère? Ou bien doivent-ils craindre et trembler parce que, dans l'accomplissement de leur salut, ils dépendent de l’action de Dieu ?.. Il est impossible de répondre avec tant soit peu d'assurance ». Le sens serait en effet très obscur si l'emphase du discours tombait sur « avec crainte et tremblement » ; mais il l’est beaucoup moins si l’accent est sur xarepyéteoôe, comme l’admettent les meilleurs exégètes. Il faut travailler ardemment au salut, car Dieu y travaille de son côté. — D) Les derniers mots ünèo tñç ebdoxiaç ne doivent pas s'entendre comme s’il y avait xatà Tv ebdoxiav, « selon son bon plaisir ». Assurément eÿdoxia est le « bon plaisir » de Dieu et non pas la « bonne volonté » de l'homme; mais üméo signifie « pour, en vue de ». Le sens est : Dieu opère en vous le vouloir et le faire pour accomplir ses bienveillants desseins à votre égard (cf. Rom. 851). N'oublions pas qu'il s’agit de chrétiens déjà en possession de la grâce sanctifiante. 5